Nicolas Sarkozy/image d'archives © TF1/LCINicolas Sarkozy a estimé mardi que l'urgence était "partout" et assuré qu'il voulait, avec le gouvernement, "répondre à cette urgence" mais "dans la longue durée" et dans le cadre d'un "projet de civilisation", reprenant dans une déclaration liminaire ce thème qu'il avait évoqué lors de ses voeux du 31 décembre, ce qui lui avait attiré des réactions perplexes. Affirmant qu'il ne s'agissait pas "d'une formule de circonstance, mais d'une conviction profonde, d'un engagement fort", il a fait de ce thème, ("la politique de civilisation est la politique qui est nécessaire quand il faut reconstruire des repères") l'axe de toute son intervention et de toutes ses annonces.
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
- Constitution et évolution sociale
"Je souhaite que le préambule de notre Constitution soit complété pour garantir l'égalité de l'homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens, pour rendre possible de véritables politiques d'intégration, pour répondre au défi de la bioéthique".
- Immigration, quotas et droit des étrangers
"J'ai demandé (au ministre de l'Immigration) Brice Hortefeux (...) d'aller jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas. Cela fait trop longtemps qu'on en parle. Tout le monde sait que c'est la seule solution. Eh bien il faut franchir le pas, et arrêter de vouloir protéger les uns, ne pas choquer les autres. Avec cela, on n'a que des problèmes". Le président a dit souhaiter "une juridiction qui s'occupe du droit des étrangers", alors qu'à l'heure actuelle le droit dans ce domaine relève de tribunaux ordinaires, non spécialisés, administratifs ou judiciaires, contrairement à d'autres domaines, comme le droit du travail, qui est appliqué par des juridictions spécialisées.
ÉCONOMIE
- 35 heures
A une journaliste qui lui demandait s'il souhaitait que 2008 marque la fin des 35 heures, Nicolas Sarkozy a très laconiquement répondu : "Pour dire les choses comme je les pense, oui".
- Pouvoir d'achat
"S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides? Qu'il faut que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordres ? Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde, d'autant plus absurde que j'étais le seul à en parler".
- "La France n'est pas en état de faillite"
"François avait eu l'occasion de revenir sur ce terme en disant que ce n'était pas son idée de départ. D'ailleurs un pays qui a 15% d'épargne par rapport à son PIB n'est pas en état de faillite", a souligné le chef de l'Etat, interrogé sur une expression employée par son Premier ministre François Fillon en septembre dernier. "Mais ce qui est vrai et il a eu raison, c'est qu'un pays qui présente depuis 26 ans des budgets en faillite ça pose problème".
- Indicateurs économiques
Nicolas Sarkozy a dit vouloir modifier les instruments de mesure de la croissance française, pour "prendre en compte la qualité et pas seulement la quantité". Selon lui, "nous ne pouvons pas espérer changer nos comportements et nos façons de pensée si nos critères de la richesse restent les mêmes". Une tâche de redéfinition des critères qui sera confiée à deux Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz et Matias Sen.
- Vie de l'entreprise
Nicolas Sarkozy a souhaité que la participation et l'intéressement puissent s'étendre à toutes les entreprises, y compris celles qui comptent moins de 50 salariés. "Il n'est pas acceptable qu'une entreprise qui fait beaucoup de bénéfices ne récompense pas ses salariés. On en a parlé en 2007, nous le ferons en 2008 (....), je ne suis prisonnier d'aucun lobby", a-t-il dit. "Un doublement ou un triplement de la réserve de participation ne me choquerait pas".
- Entreprises et fonds spéculatifs
"Face à la montée en puissance des fonds spéculatifs extrêmement agressifs et des fonds souverains qui n'obéissent à aucune logique économique", la France assume "le choix politique, stratégique de protéger ses entreprises, de leur donner les moyens de se défendre et de se développer", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Et bien, la Caisse des dépôts, nous allons en faire un instrument de cette politique de défense et de promotion des intérêts économiques primordiaux de la Nation".
- Médias
"Je souhaite que le cahier des charges de la télévision publique soit revu profondément et que l'on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, qui prourait être financée par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et une taxe infinitésimale sur les chiffres d'affaires des nouveaux moyens de communication comme l'accès à internet ou la téléphonie mobile". Nicolas Sarkozy a par ailleurs estimé que "le premier problème" de la presse française était celui de la distribution de la presse écrite et assuré que "le gouvernement est prêt à engager une concertation" avec la presse "pour se donner les moyens d'avoir une presse distribuée".
- FMI et Banque mondiale
Nicolas Sarkozy a demandé que soient repensées les missions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. "On ne peut pas considérer qu'on va régler les grandes questions de la planète sans demander leur avis à un seul pays africain (...), à un seul pays sud-américain. La France sera l'avocate de ces pays pour demander une organisation qui corresponde au monde d'aujourd'hui et pas au monde d'hier".
ÉDUCATION, SANTÉ
- Hôpitaux
"Malgré le dévouement et la compétence des médecins et des équipes para-médicales, l'hôpital est en déshérence et les 35 heures lui ont porté le coup de grâce", a estimé le chef de l'Etat. "On va en 2008, a-t-il affirmé, changer la gouvernance de l'hôpital de fond en comble parce que l'hôpital n'est plus gouverné, parce que dans l'hôpital aujourd'hui chacun a suffisamment de pouvoirs pour dire non et personne n'a du pouvoir pour dire oui".
- Universités
Nicolas Sarkozy a annoncé mardi le lancement en 2008 de dix "projets de rénovation universitaire" pour lutter contre le "délabrement" des universités françaises. Il a en outre appelé de ses voeux une "politique de civilisation 2008" qui s'exprimerait "dans une politique de la jeunesse", car selon lui, "notre société ne fait pas à sa jeunesse la place qui doit lui revenir, ne lui donne pas les moyens de son autonomie, de son intégration".
- Ecole primaire
"Nous donnerons la priorité à l'école primaire que l'on a trop longtemps délaissée sans voir que son affaiblissement était la cause principale des difficultés croissantes du collège", a expliqué le chef de l'Etat. "Cette politique prendra du temps, du temps pour être mise ne oeuvre, du temps pour produire ses effets mais le rapport de nos enfants à la culture, au savoir, à la pensée est ce qu'il y a de plus essentiel pour l'avenir".
ENVIRONNEMENT
- OGM
"Si la haute autorité sur les OGM, qui se prononce demain, soulève des doutes sérieux sur les OGM actuellement cultivés en France, je suis disposé à recourir à la clause de sauvegarde, jusqu'à ce que la Commission européenne tranche le problème".
- Politique de l'environnement
Nicolas Sarkozy a assuré que le Grenelle de l'environnement serait "respecté scrupuleusement".
- Chantier du "Grand Paris"
A deux mois des élections municipales, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il entendait s'impliquer personnellement dans le chantier du "Grand Paris". Selon lui, "la situation de l'agglomération parisienne est devenue inacceptable (...) Paris doit retrouver sa vitalité, son rayonnement". Il a estimé que la réflexion sur le Grand Paris, c'est-à-dire la capitale et sa proche banlieue qui constituent l'agglomération parsisienne, devait être engagée non sous l'angle des institutions et de la gouvernance mais de l'urbanisme, de l'architecture, "de la sociabilité, de la convivialité, de la qualité de vie, de la place de l'homme dans la ville".
POLITIQUE INTERNATIONALE
- Nations unies
La France "se fera l'avocate" de l'Allemagne, du Japon, du Brésil, de l'Inde et d'un pays africain pour qu'ils deviennent membres permanents du Conseil de sécurité dans le cadre de la réforme de l'ONU, a réaffirmé mardi Nicolas Sarkozy.
- Elections en Russie
Nicolas Sarkozy s'est de nouveau justifié d'avoir félicité son homologue Vladimir Poutine après les élections législatives en Russie. "Quelle étrange conception de la politique internationale que celle qui consiste à reprocher à quelqu'un son élection, et le lendemain à demander à cette même personne (...) de vous aider à régler la crise de l'Iran, de vous aider à régler la crise du Darfour, de vous aider à apaiser les tensions dans le monde", s'est exclamé le chef de l'Etat.
- Nucléaire civil
Nicolas Sarkozy a de nouveau défendu mardi l'accès des pays arabes au nucléaire civil. "Il faut aider ces pays sur la voie du développement et leur ouvrir l'accès au nucléaire civil. J'ajoute que s'ils ont la sagesse de faire le choix de la technologie française, c'est encore mieux. Il vaut mieux que ce soit la technologie française qu'une autre technologie".
VIE PERSONNELLE ET POLITIQUE
- Relation avec Carla Bruni
Nicolas Sarkozy a indiqué qu'avec Carla Bruni "c'est du sérieux", lançant aux journalistes, à propos d'un mariage éventuel, qu'il "y a de fortes chances pour que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait".
- Prêt de l'avion de Vincent Bolloré
Le chef de l'Etat a justifié son utilisation controversée d'un jet appartenant à l'homme d'affaires Vincent Bolloré lors d'un séjour privé en Egypte fin décembre, affirmant que cela n'avait "pas coûté un centime au contribuable français".
- Avenir politique
Nicolas Sarkozy a assuré "s'interdire d'imaginer même la perspective d'un second quinquennat", affirmant qu'il ambitionnait avant tout "d'agir" et de "changer le pays", voulant déployer son énergie, non pour "durer", mais pour réformer.
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