Le Premier ministre François Fillon, le 29 novembre 2007 © www.abacapress.comLe croisement des courbes Elysée-Matignon était dans tous les esprits cette semaine dans les couloirs des ministères. C'est chose faite : pour la première fois, la popularité de François Fillon dépasse celle de Nicolas Sarkozy. Selon le baromètre mensuel Ifop pour le Journal du Dimanche, la cote de popularité du chef de l'Etat chute de cinq points en janvier à 47%, tandis que celle du Premier ministre passe de 49% à 50%.
Pour la première fois, Nicolas Sarkozy passe dans le rouge, 52% des personnes interrogées se déclarant mécontentes. Depuis son élection le 6 mai 2007, le chef de l'Etat a perdu 18 points, passant de 65% à 47% de satisfaits et de 31% à 52% de mécontents. La chute est plus marquée chez les électeurs âgés, Nicolas Sarkozy passant par exemple de 51% à 43% de satisfaits entre décembre et janvier chez les 50-64 ans.
Ce sondage fait le même constat que plusieurs autres publiés ces dernières semaines. La période où ont été réalisées ces enquêtes a été marquée par une polémique sur la publicité donnée à la liaison entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, après celle sur les vacances du couple en Egypte à Noël, partiellement financées par le milliardaire Vincent Bolloré. Le débat a également été vif sur le pouvoir d'achat, sujet sur lequel l'opposition accuse le chef de l'Etat de ne pas tenir ses promesses de campagne. Lors des cérémonies de vœux, Nicolas Sarkozy a en effet déclaré qu'il n'y avait pas de hausse de pouvoir d'achat possible sans travail supplémentaire.
Réactions |
Au gouvernement, à l'Elysée et dans la majorité, on s'efforce de minimiser ce que François Hollande a qualifié dimanche de "trou d'air" (lire notre article), tandis que Ségolène Royal évoquait au Grand Jury RTL-LCI-LeE Figaro "une impression d'une fin de règne" (voir la vidéo), tous deux y voyant le résultat des "promesses non tenues". "L'état de grâce est normalement court. Celui de Nicolas Sarkozy a été anormalement long", a assuré dimanche Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration et très proche du président. "Les sondages ne doivent pas constituer l'alpha et l'oméga de la vie politique", ajoutait-il, tout en assurant que Jacques Chirac en son temps, les leaders allemand Angela Merkel ou britannique Gordon Brown aujourd'hui avaient connu des chutes plus brutales. "Il y a une certaine impatience dans l'opinion, mais il a été élu pour cinq ans, et c'est à ce moment qu'il faudra porter le jugement sur son action", relativisait déjà pendant la semaine un proche du chef de l'Etat. Le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian avait pour sa part attribué samedi la baisse de popularité de Nicolas Sarkozy à un "effet pervers" de la "transparence" revendiquée par le président, tout en affirmant préférer "un président bling-bling" à un "candidat plan-plan". "Les gens ne retiennent que les images du luxe. C'est plus facile et amusant de regarder les photographies d'un couple heureux que l'argumentaire juridique et austère de la réforme du contrat de travail", a estimé Patrick Devedjian dans une interview au Journal du dimanche. "Cette petite révolution marque pour l'instant moins les esprits que les images sur papier glacé. La transparence a vraiment des effets pervers", ajoute-t-il. Mais "après une phase people, on va en revenir aux fondamentaux, c'est-à-dire à l'action politique", dit-il. |
(D'après agence)
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