Le PS veut mettre le paquet

le 09 janvier 2008 à 19h42 , mis à jour le 09 janvier 2008 à 19h51

Les socialistes attaquent en règle le chet de l'Etat sur un créneau jugé porteur.

françois hollande PSFrançois Hollande, le 6 novembre 2007 © TF1/LCI

 Le Parti socialiste croit avoir enfin trouvé un thème porteur et n'a pas tardé à rappeler au chef de l'Etat ses promesses sur le pouvoir d'achat à deux mois des municipales. "Où est passée la question du pouvoir d'achat ?", a demandé mercredi François Hollande. Le premier secrétaire n'a pas craint d'être prosaïque: la "politique de civilisation" (éducation, environnement, droits de l'Homme...) évoquée par Nicolas Sarkozy depuis ses voeux du 31 décembre, "ça rapporte combien en euros dès le 1er janvier ?"  Alors que le pouvoir d'achat "se profile très, très mal pour 2008", le président "cherche une sorte d'échappatoire, dans ce fil rouge un peu fumeux qu'est la politique de civilisation", a renchéri Michel Sapin, secrétaire national PS à l'économie. 
 
Le député Arnaud Montebourg a tenté un parallèle entre l'actuel locataire de l'Elysée et son prédécesseur. Comme "la fracture sociale" pour Jacques Chirac, "le pouvoir d'achat sera le talon d'Achille de Nicolas Sarkozy", a-t-il prédit. Au centre, le président du Mouvement démocrate François Bayrou a pourfendu une "fuite en avant éperdue". "Entre +tout est possible+ du printemps, ce qui était évidemment un leurre, et +les caisses sont vides+ d'hier, ce qui est la vengeance de la réalité (...), il ne s'est pas écoulé huit mois", a-t-il tranché.

Sarkozy "n'a pas tourné la page du pouvoir d'achat"

Du côté de la majorité et de l'exécutif, la réplique ne s'est pas fait attendre.  Si dans les rangs UMP certains, comme le libéral Hervé Mariton, appellent la droite à "ne pas se laisser enfermer" dans le débat sur le pouvoir d'achat, le message, résumé par le porte-parole de l'Elysée David Martinon, est clair: sur ce thème, Nicolas Sarkozy "n'a pas tourné la page du tout".  "L'ensemble de sa politique de civilisation porte sur des éléments qui jouent sur le pouvoir d'achat", a-t-il insisté. Le gouvernement et l'UMP ont défendu les mesures déjà prises pour les revenus des salariés.

Le dispositif sur les "heures sup" défiscalisées et sans charges sociales "fonctionne très bien", a ainsi avancé la ministre de l'Economie Christine Lagarde. De son côté, Frédéric Lefebvre, secrétaire national UMP à l'Economie, a rappelé le projet de loi sur le pouvoir d'achat, qui prévoit notamment le rachat des RTT. Examiné en urgence par les députés juste avant la trêve de Noël, il doit passer au Sénat le 23 janvier. Le président Sarkozy s'est lancé dans des "réformes structurelles", a expliqué M. Lefebvre à l'AFP, évoquant le projet "énorme" de développement de la participation et de l'intéressement pour les salariés. Bref, a-t-il juré, pas question de "fuir le sujet" du pouvoir d'achat.

le 09 janvier 2008 à 19:42
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