Carla Bruni en couverture de L'Express daté du 13 février 2008 © DR |
| L'analyse de Pierre-Luc Séguillon |
Quelle Première dame sera Carla Bruni ? La question est sur toutes les lèvres. Dix jours après son mariage avec Nicolas Sarkozy, la nouvelle Première dame de France s'exprime publiquement pour la première fois. Sur sa fonction, sur son rôle, mais aussi sur Nicolas Sarkozy lui-même. Dans une interview accordée à L'Express, Carla Bruni revient ainsi sur leur rencontre. "J'ai tout de suite eu envie de l'épouser. Il me semble qu'avec lui, rien de grave ne peut arriver", explique-t-elle. La jeune femme assure qu'"on me dit que tout cela est trop rapide. C'est faux : entre Nicolas et moi, ce ne fut pas rapide, ce fut immédiat. Donc, pour nous, ce fut en somme assez lent".
Elle revient également sur l'importance qu'a le mariage pour elle. "Je ne me suis jamais mariée avant. Je suis de culture italienne et je n'aimerais pas divorcer... Je suis donc la première dame jusqu'à la fin du mandat de mon mari, et son épouse jusqu'à la mort. Je sais bien que la vie peut réserver des surprises, mais c'est là mon souhait."
Sérieusement
Dans cette interview, Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express, lui demande également comment elle envisage d'occuper la fonction de Première dame. "Je n'ai rien prévu", répond-elle, ajoutant que face à d'anciennes Premières dames telles Danielle Mitterrand et Bernadette Chirac, elle souhaite, "tout en respectant la dignité de la fonction, garder ma personnalité". "C'est une grande aventure que d'accompagner un homme qui dirige la France. Ce serait dommage de ne pas la partager avec lui", explique-t-elle. "Je ne sais pas encore ce que je peux faire en tant que première dame, mais je sais comment je veux le faire : sérieusement."
Carla Bruni a aussi été interrogée sur ses prises de positions sur les tests ADN pour les immigrés. Des propos qui l'ont "classée à gauche", selon le journaliste. "Je n'ai pas changé d'avis sur les tests ADN, mais on peut parler avec Nicolas, qui aime la discussion et la contradiction. C'est le contraire d'un homme figé", a-t-elle affirmé.
Voyage à Pétra
Carla Bruni est aussi interrogée sur l'image qui a soulevé la polémique, celle de son fils Aurélien (qu'elle a eue avec le philosophe Raphaël Enthoven) se cachant le visage, sur les épaules du président, à Pétra (Jordanie) début janvier. Elle reconnaît avoir commis "une erreur". "A Pétra, après quarante-cinq minutes de marche, j'étais épuisée à force de porter mon fils. Nicolas l'a pris sur ses épaules, et j'ai apprécié ce geste sans réfléchir. Quand j'ai vu les photographes qui étaient là, j'ai dit à mon fils de se cacher le visage, parce que je pensais qu'il valait mieux qu'il ne soit pas reconnaissable sur les clichés", explique-t-elle.
"Mon erreur a été de ne pas prendre la mesure de ce qui allait arriver, de ne pas réagir assez vite lorsque j'ai vu les 600 photographes réunis soudainement. Quelques secondes ont suffi. Mon erreur la plus grande, bien sûr, a été d'emmener mon fils dans cette visite à Pétra. Cela a donné une image choquante, violente, obscène, qui m'a procuré de la honte en tant que mère. Ce n'est pas l'erreur de Nicolas, c'est la mienne", ajoute-t-elle.
La Première dame revient également sur le disque qu'elle s'apprête à enregistrer. Du fait de sa nouvelle fonction, "il n'y a pas de tournée vraiment prévue, comme pour mes deux disques précédents", explique-t-elle. Carla Bruni précise également que "jusqu'à la fin du mandat de [son] mari, [elle] enregistrera sans doute pas d'autre disque".
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