Bertrand Delanoë, le 1er septembre 2007, à l'université d'été du PS à La Rochelle © TF1-LCIBertrand Delanoë sentirait-il le vent tourner? Dans un entretien donné au Journal du Dimanche le 10 février, le maire du Vélib, des couloirs de bus et de Paris Plage estime que "la surenchère et l'outrance " de ces partenaires Verts "ne fait pas avancer Paris ". Deux jours plus tard lors d'une réunion publique, il revient sur certains amendements que les Verts ont votés avec la droite, et regrette qu'ils partent en solo le 9 mars. "Je m'allie avec eux au deuxième tour. Je préfèrerais avoir au premier tour suffisamment de force pour qu'ils n'aient pas trop la tentation, après, de voter avec la droite". Il a par ailleurs laissé clairement entendre qu'il ne laisserait pas la mairie du IIè à Jacques Boutault, seul maire Verts parisien. Des déclarations "pétries d'ingratitude" selon le député Verts Noël Mamère.
Parallèlement, l'élu socialiste fait les yeux doux à la candidate du MoDem, Marielle de Sarnez. Commentant la " grande évolution " du parti centriste, il s'est dit "prêt à s'allier sur des bases saines" ajoutant : "je prends le MoDem au sérieux, il y a des idées que je trouve intéressantes". Des rumeurs font même état de discussions sur les conditions d'un accord, démenties par la candidate qui n'exclut pas pour autant la possibilité d'alliance au second tour. Estimant que Bertand Delanoë fait "preuve d'ouverture", elle plaide pour des "majorités d'idées" fondées sur un projet et dénonce "l'archaïsme" de l'UMP parisienne.
Une stratégie à évaluer " à l'aune de la conquête de Solférino "
Denis Baupin, candidat des Verts à la mairie de Paris, contre-attaque. Pour lui, ces manœuvres sont claires :"au vu de ses dernières déclarations, Bertrand Delanoë semble en train de préparer les esprits à un renversement d'alliance, où il remplacerait les Verts par le MoDem au sein de la majorité municipale" expliquait-il mardi à Libération. Du coup, il invite les électeurs de gauche "à ne pas donner un chèque en blanc au 1er tour" au maire sortant et "à voter Verts pour que la droite ne revienne pas à Paris dans les bagages de Delanoë".
Ce changement de stratégie ne serait pas étranger à l'ambition du maire de Paris au sein du PS, selon Denis Baupin. "Tout ça est évalué est à l'aune de la conquête de Solférino (siège du PS)", assure-t-il. "L'intérêt de Delanoë était de se différencier de Ségolène Royal et donc ne pas faire alliance avec le MoDem". Aujourd'hui, "veut-il montrer qu'il est capable de faire alliance avec le MoDem quand Ségolène Royal n'était pas capable de la faire?".
Une analyse que ne partage pas certains responsables socialistes, pour qui Delanoë veut "réduire" les Verts car ils ont été des alliés turbulents, forts de leur 12,3% au premier tour des municipales en 2001. Mardi, un sondage TNS Sofres-Logica publié par Le Figaro créditait Marielle de Sarnez de 8% des intentions de vote contre 6% pour Denis Baupin. Le maire socialiste est toujours favori avec 45% des intentions de vote au premier tour.
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