Le Premier ministre François Fillon, le 29 novembre 2007 © www.abacapress.com
Situation économique, réformes, popularité du président, élections municipales...François Fillon décrypte l'actualité dans un entretien à paraître samedi dans Le Figaro Magazine. Sur les réformes économiques, le Premier ministre affiche sa fermeté. "Plus la crise internationale est sérieuse, plus la France doit se dépêcher d'accomplir les réformes qui vont lui permettre de profiter du moindre vent porteur", affirme le Premier ministre au Figaro-Magazine. Interrogé sur ses prévisions de croissance pour 2008, François Fillon "ne croit pas que nous serons très en dessous" de la fourchette de 2 à 2,25% annoncée en janvier par le gouvernement, tout en admettant que "personne n'est aujourd'hui en mesure de prévoir le ralentissement de l'économie américaine".
Selon lui, les allègements fiscaux adoptés dès l'été 2007 "correspondent exactement à ce dont avait besoin une économie soumise à un risque dû à une crise internationale". Ils vont "booster dans un contexte difficile la croissance française", dit-il. "C'est la raison pour laquelle je pense que la croissance de 2008 sera proche de 2%". L'objectif de l'exécutif est d'atteindre une croissance annuelle de 3% au moins.
"Il faut réformer"
A trois semaines du premier tour des municipales, François Fillon rappelle aussi que les municipales "auront des conséquences politiques...locales". "Il n'est pas question pour nous de mélanger les élections locales et les échéances nationales", assure-t-il dans cet entretien, tout en faisant valoir qu'il "est plus facile d'expliquer les réformes (...) avec l'appui des élus de la majorité présidentielle".
La majorité, dit-il, "a besoin d'un cap. Je maintiendrai ce cap. Je suis élu depuis 1981, j'ai siégé dans plusieurs gouvernements, j'ai appris à relativiser et les hausses et les baisses des sondages". "La vraie popularité, elle se gagnera par les résultats. Et, pour obtenir des résultats, il faut réformer", plaide-t-il. "Au moment de la pesée des âmes, c'est-à-dire à la fin du quinquennat, ce qui comptera, ce sont les réformes qui auront été faites".
"Attaques personnelles et scandaleuses"
François Fillon affirme qu'avec le chef de l'Etat, il "forme une équipe, complètement solidaire, qui respecte les logiques de la Ve" République. "Ma loyauté au Président est totale. Je n'ai qu'un objectif : le servir", insiste-t-il. "Le moment venu, les Français lui sauront gré du redressement engagé". Le Premier ministre refuse de se prononcer sur la possibilité d'un remaniement après les municipales. "C'est de la responsabilité du président de la République. Ça n'a pas d'incidence sur la continuité des réformes", affirme-t-il se disant simplement "très attaché au maintien de la règle des 15 ministres".
Il défend l'ouverture à gauche du gouvernement face à une majorité qui l'accepte difficilement, expliquant que si celle-ci "veut vraiment mettre en oeuvre le programme du président, il faut continuer à chercher des ouvertures nouvelles".
Affaire du SMS
S'agissant de la vie privée du chef de l'Etat, il critique des "attaques personnelles et scandaleuses qui ont dépassé toutes les limites". "Le président a droit au respect de sa personne et de sa fonction. Et j'appelle chacun à s'en souvenir avant d'écrire n'importe quoi, y compris sur internet", ajoute-t-il dans une allusion à un SMS attribué à Nicolas Sarkozy et publié par Le Nouvel observateur.
| Fillon juge que Jacques Attali a été "maladroit" |
Jacques Attali a été "maladroit" après la présentation de son rapport sur la croissance, juge le Premier ministre François Fillon dans un entretien au Figaro-Magazine qui sera publié samedi. "C'était maladroit. C'est le moins qu'on puisse dire", répond-il à une question sur l'appellation de "République des imbéciles" utilisée contre des députés UMP par l'ancien conseiller du président François Mitterrand. Concernant la proposition de mettre sous conditions de ressources des allocations, "c'est exactement la même chose", poursuit-il. "Nous nous sommes engagés, dans la campagne, à ne pas le faire", explique le chef du gouvernement: "On ne va pas se déjuger et trahir la confiance des Français sous prétexte qu'un rapport nous le propose". |
(D'après agence)
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