François Fillon, soutien de luxe pour les candidats UMP

Par Kelly Pujar, le 26 février 2008 à 18h35 , mis à jour le 27 février 2008 à 09h43

Le Premier ministre se rend mercredi à Caen pour une visite sur le thème de l'artisanat au cours de laquelle il s'affichera aux côtés de la maire sortante UMP. A quinze jours du premier tour des municipales, le Premier Ministre, en hausse dans les sondages, multiplie les visites de soutien aux candidats.

françois fillonFrançois Fillon en Guadeloupe le 4 janvier 2008 © TF1/LCI

Argenteuil, Evreux, Laval, Strasbourg, Paris et maintenant... Caen. François Fillon, qui distance Nicolas Sarkozy de vingt points dans les sondages, est de plus en plus plébiscité par les candidats UMP à l'élection municipale. Le Premier Ministre visitera mercredi deux centres de formation caennais en compagnie d'Hervé Novelli, son secrétaire d'Etat chargé des entreprises. Une visite officielle qui sent bon le déplacement de campagne même si rien n'est dit officiellement. Le chef du gouvernement se promènera au centre-ville de Caen pour y rencontrer des commerçants-artisans en compagnie de Brigitte le Brethon, la maire sortante UMP, donnée perdante par un récent sondage.
 
Faire rimer déplacement officiel et soutien, le tout dans la discrétion. François Fillon affectionne cette recette...municipale. Des candidats UMP en difficulté sont friands de ses venues. "On reçoit beaucoup de demandes pour des visites de soutien", reconnaissait-on dans l'entourage du Premier Ministre la semaine dernière. En déplacement au vieux château de Laval en appui à François d'Aubert, le maire sortant, François Fillon en a profité pour venir à la rescousse de Nicolas Sarkozy, dont la chute dans les sondages va crescendo. "Oui au débat d'idées, mais non à cette chasse au président de la République", a-t-il lancé lors d'un discours improvisé devant quelque 500 personnes.
 
Nationaliser ou pas l'élection municipale?
 
"Ce n'est pas parce que les enjeux ne sont pas nationaux  qu'il ne faut pas mouiller la chemise", souligne-t-on dans son entourage, alors que la confusion a prévalu sur les choix tactiques de l'exécutif face à une élection à haut risque pour la majorité présidentielle. Mais cette nationalisation de l'enjeu des élections municipales fait figure d'épine dans le pied pour certains UMP. Claude Goasguen, tête de liste dans le 14e arrondissement de Paris, l'a fait savoir à François Fillon jeudi. Il déplore ainsi les "polémiques" nationales incontestablement gênantes" sur le terrain. La dernière en date est venue des déclarations de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy sur les sectes. "Si on nous laisse 15 jours de tranquillité, on pourra faire une campagne locale", a réclamé l'ancien ministre.
 
Le chef du gouvernement n'oublie pas alors les questions locales. Pour lui, malgré des sondages très favorables au maire sortant Bertrand Delanoë (PS), "les jeux ne sont pas faits" a-t-il estimé devant Françoise de Panafieu, chef de file UMP dans la capitale. Que ce soit sur la vie quotidienne, "la vitalité" de la capitale par rapport à Londres ou Berlin ou les résultats économiques du maire sortant, il y a un "espace" pour la droite, a-t-il affirmé dénonçant, avant même qu'elles ne soient nouées, des "alliances florentines" entre les socialistes et le Modem.
 
Défendre son bilan et son avenir ?
 
A Strasbourg, le Premier ministre a profité d'une visite au Parlement européen pour s'afficher auprès de la maire UMP de Strasbourg Fabienne Keller, avant d'aller soutenir à Schiltigheim, dans l'agglomération, un candidat Gauche moderne, la formation de Jean-Marie Bockel. L'occasion de défendre l'"ouverture" voulue par Nicolas Sarkozy, mais aussi de défendre les "premiers résultats" de son action. "Depuis neuf mois, nous avons fait plus de réformes que n'importe quel autre gouvernement de la Ve République dans le même temps", a-t-il lancé. "Il faut plus de neuf mois pour avoir des résultats, même s'il est faux de dire que nous n'en avons pas".
 
Le scrutin des 9 et 16 mars sera le premier test politique du quinquennat pour la majorité, qui redoute le vote sanction d'un électorat déçu par la "rupture" de Nicolas Sarkozy. Les 22 ministres et secrétaires d'Etat candidats pourraient en subir les conséquences. Si l'issue du scrutin ne devrait pas avoir d'incidence sur leur destinée gouvernementale, un ministre battu s'en trouvera fragilisé. Serait-ce le cas de François Fillon, dont la position favorable dans les sondages commence à agacer à l'Elysée? Il est candidat à Solesmes, petit village de la Sarthe de 1 300 habitants, dont il est conseiller municipal depuis 2001. "Il n'y a aucune garantie dans ce domaine, et certainement pas la popularité", a-t-il conclu jeudi au journal de 20 heures de France 2.

Par Kelly Pujar le 26 février 2008 à 18:35
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2 Commentaires

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  • Susin, le 27/02/2008 à 09h47

    Il est certain que l'UMP va prendre une claque au prochaine élection,vu la route suivi par Nicolas Sarkosy,il va directement dans le mur.A moins que les administrés de François Fillon tiennent compte de ses déplacements pour sauver quelques communes.Quand a SARKO dans cette voie il aura du mal a finir son quinquénat.Que de regret

  • Michel, le 27/02/2008 à 08h41

    Je ne vois pas pourquoi il ne le ferait pas, puisque Royale est partout et nulle part.

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