Le dérapage verbal de Sarkozy délie les langues

Par D.H. (avec agence), le 24 février 2008 à 15h25 , mis à jour le 25 février 2008 à 09h23

Pour François Hollande, les propos du président au Salon de l'Agriculture sont "insupportable". Pour Jean-Pierre Raffarin, c'était "un dialogue privé".

Sarkozy salon AgricultureNicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture, le 23 février 2008 © TF1-LCI

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> Le dérapage verbal de Nicolas Sarkozy
 

> Les réactions de Hollande, Raffarin et Le Pen

La vidéo cartonne sur internet et a rapidement suscité les commentaires les plus diverses de la part des politiques. Si le maire de Paris a refusé dimanche matin de commenter l'échange d'invectives samedi entre un visiteur du Salon de l'Agriculture et Nicolas Sarkozy, lors duquel le président a traité le passant de "pauvre con" (lire notre article), François Hollande, interrogé sur le sujet sur Canal+, a longuement condamné le comportement "insupportable" du chef de l'Etat (voir la vidéo).

Le chef de l'Etat "n'est pas un citoyen comme les autres (...) On ne tombe pas dans le pugilat (...) on n'interpelle pas un marin ou un ouvrier pour qu'il vienne ici rendre compte de ce qu'il a dit. On ne rentre pas dans un conflit avec quelqu'un qui ne vous serre pas la main (...) Ce qui est aujourd'hui insupportable, c'est que le président ne soit pas exemplaire", a jugé le Premier secrétaire du PS.

Raffarin : "pas un fait politique"

"C'est quand même un comble que ce soit l'opposition qui rappelle le président à ses devoirs", a jugé le n°1 du Parti socialiste pour qui c'est d'ailleurs "à force de manquer à tous ses devoirs que Nicolas Sarkozy connaît finalement la désaffection populaire". "Il y a un problème dans notre pays" car le président "fait des manquements à ce qui devrait être sa charge, c'est à dire le respect de la loi, l'état de droit, la laïcité, les principes républicains", a-t-il poursuivi.

Jean-Pierre Raffarin, invité dimanche soir du Grand Rendez-vous d'Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien , a pour sa part estimé que cette vidéo n'était pas "un fait politique". "La vidéo ne m'a pas parue particulièrement nerveuse. C'est un dialogue privé, d'homme à homme, assez direct, assez viril, un dialogue volé. Je ne commente que les dialogues politiques". Mais "dans la vie privée", "de temps en temps, on peut avoir envie de dire un certain nombre de choses", a dit l'ex-Premier ministre. Commentant la perte de popularité du président dans les sondages, il a estimé que l'UMP et le gouvernement se devaient de "protéger" Nicolas Sarkozy.

Brice Hortefeux a quant à lui défendu sur BFM le langage de Sarkozy. Selon le ministre de l'Immigration, "les hommes politiques ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s'essuyer les pieds". "Nicolas Sarkozy s'est exprimé de manière à ce que son interlocuteur le comprenne, eh bien moi je trouve ça très bien que le président de la République s'exprime comme chaque Français", a-t-il justifié.

Badinter : "il doit prévoir son attitude"

Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis estime pour sa part sur son blog que Nicolas Sarkozy ne se "maîtrise pas" et ne "maîtrise pas la situation", et prédit que "cela va mal se terminer". "La France regarde le président de la République avec de tout autres lunettes. L'énergie qui était hier le sésame de la confiance s'est mutée en l'expression de tous les excès", écrit-il.
 
Pour l'ancien Garde des sceaux socialiste Robert Badinter : "les provocateurs dans la vie politique sont légion (...) Celui qui, président de la République, va ainsi vers une foule anonyme, s'exposera inévitablement à ces provocations, il le sait et il doit prévoir ce que sera son attitude". "Vous n'empêcherez jamais ces provocations et ces insultes, vous devez vous préparer à avoir la réponse convenable tout de suite", a conseillé le sénateur sur France-Inter. "Je doute que le président Mitterrand se soit laissé aller à cet excès de langage, cela aurait été une réflexion sarcastique, mais certainement pas répondre au même niveau", a poursuivi Robert Badinter, pour qui "il y a un style présidentiel et on ne doit jamais s'en départir".

Quand à Jean-Marie Le Pen, invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, il a jugé que cela faisait "plus Tintin que De Gaulle". Nicolas Sarkozy "ne peut pas être en permanence en campagne et en même temps le chef de l'Etat."

Interrogé samedi soir sur l'incident, l'Elysée s'est refusé à tout commentaire.

La vidéo de l'incident ci-dessous :

Lire les réactions des internautes de LCI en bas à droite de cet article.

Par D.H. (avec agence) le 24 février 2008 à 15:25
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101 Commentaires

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  • Lkars, le 24/02/2008 à 23h04

    C'est ça ! Continuer de jeter l'opprobre sur notre président, sur le président que vous avez élu !!! Peuple français, vous nous faites vomir de bêtise...... Et que voulez-vous qu'il fasse Sarko ??? qu'il se laisse insulter par ce crétin sans répondre ??? Et là.... tout le monde aurait trouvé ça bien, n'est-ce pas ??? Au moins, il n'est pas hypocrite comme vous tous !

  • Ben, le 24/02/2008 à 23h00

    En fait Mr Sarkozy est un bon président finalement... pour les pauvres cons...

  • Lucas, le 24/02/2008 à 23h00

    Pauvre hollande, il ose encore ouvrir sa bouche... dans ce cas précis c'est vraiment le Roquefort qui dit au camenbert "tu pus"....

  • Dan, le 24/02/2008 à 22h59

    Ce Mr veut que,dans les écoles,les ENFANTS apprène bel EXEMPLE que ce Mr envers ses CON-CITOYENS!! honteux.

  • Natacha, le 24/02/2008 à 22h55

    Que les gens qui recherchent une personne irreprochable pour les gouverner me citent UNE (juste une....) personne irreprochable sur Terre (a part Mitterand bien sur :-)))). A mon humble avis les Francais sont a la recherche de Dieu. Lui seul peut en effet les sortir de la m**de dans laquelle ils se sont foutu eux-memes en votant n'importe quoi depuis 30 ans. Si demission il devait y avoir, pourquoi ne pas commencer du cote des electeurs?

  • Fab, le 24/02/2008 à 22h50

    Quand on voit la réaction de Raffarin, Hortefeux, et ceux de droite, on se dit vraiment que l'amour rend aveugle. Faut en vouloir pour arriver à lui trouver des excuses là, ou rejeter la faute sur le passant ou critiquer la réaction d'Hollande. Faut qu'ils arrêtent de se défendre en attaquant les autres, la campagne est finie depuis longtemps, maintenant il a des comptes à rendre en tant que Président et doit avoir un comportement des plus respectable. Vivement 2012 , que tout ce cinéma cesse.(en plus,il aura fini son tour du monde d'ici là)

  • Jean, le 24/02/2008 à 22h42

    Traiter de "con" quelqu'un qui ne souhaite pas vous serrer la main est une HONTE. Monsieur le Président, dans une démocratie qui se respecte, chacun est libre de penser et de ne pas saluer quelqu'un qui l'a trompé lors de sa campagne pour l'élection Présidentielle. Personnellement je suis un déçu de la politique menée, tout pour les riches, et la majorité des autres, vous avez le droit de payer, Forfait médicament, Forfait analyses médicales, Forfait Médecin, infirmière, non maîtrise des dépenses des produits de première nécessité, baisse du pouvoir d'achat pour les retraités et bon nombre d'actifs.

  • Jacquemain, le 24/02/2008 à 22h39

    Je trouve que nicolas sarkozy a eu raison, si cette personne ne voulait pas qu'il le touche, il n'avait pas à se trouver sur le chemin du président. c'est lui qui a été insultant, donc il fallait que le président le remette à sa place et il a très bien fait

  • Yo, le 24/02/2008 à 22h39

    " qui ne vous serre pas la main", Hollande a surtout évité de commenter les paroles de cette personne qui s'est approché du président pour le piéger. Cette personne a, pour commencer, insulté la majorité des français qui ont voté pour Sarkozy. On doit le respect au Président de la République, quel qu'il soit. La gauche ne comprend pas qu'à chaque fois qu'elle réagit aux propos de Sarkozy, elle perd des voix. Elle tombe dans le paneau à tous les coups. Déjà, avec sa colère feinte lors du débat, Ségolène Royal a fait perdre la gauche.

  • Malgreou, le 24/02/2008 à 22h37

    Quelle perspicacité en traitant don interlocuteur de pauvre c.. il etait certain de ne pas se tromper car en france il y a plus pauvres que de riche...

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