Jean Sarkozy, le 25 octobre 2007, à Paris © Abacapress.comSon père s'était présenté à sa première élection à 26 ans, il se présente à 21 ans. Après avoir renoncé à sa candidature aux élections municipales de Neuilly, Jean Sarkozy a annoncé mercredi après-midi qu'il serait "le candidat de la majorité présidentielle" à l'élection cantonale de Neuilly-sud. L'information avait été dévoilée par Le Figaro mardi puis répétée par RTL mercredi matin. Jean Sarkozy devait déposer sa candidature mercredi avant 16 heures pour qu'elle soit valide. "Le moment est venu de m'engager au service d'une ville que je connais par coeur et que j'aime. J'ai envie d'être utile à cette ville pour laquelle j'ai un attachement profond, sincère. J'avais envie de me battre et notamment pour les autres. J'ai des choses à prouver", a-t-il déclaré dans un entretien à paraître dans Le Figaro jeudi.
Afin de briguer un siège au Conseil général des Hauts-de-Seine que son père avait présidé de 2004 à 2007, le fils cadet du chef de l'Etat aurait rencontré Jean-Christophe Fromantin, le nouveau candidat de l'UMP à Neuilly, pour lui proposer un marché sur la liste qu'il présente aux cantonales: " Vous me laissez me présenter au Conseil général, et vous ne prenez pas Marie-Cécile Ménard sur votre liste ", toujours selon Le Figaro.
Marie-Cécile Ménard, conseillère générale UMP, Jean Sarkozy et Arnaud Teullé avaient décidé d'abandonner la liste de David Martinon, le candidat initial de l'UMP à la mairie de Neuilly, après la publication d'un sondage le donnant perdant face à Jean-Christophe Fromantin. Commence alors un feuilleton qui verra Arnaud Teullé faire cavalier seul pour briguer la mairie de Neuilly. Dernier épisode : Jean Sarkozy est le candidat UMP au canton de Neuilly-sud. Il explique qu'"Arnaud Teullé souhaite se consacrer exclusivement à la campagne des élections municipales". Ce dernier a donc accepté de retirer sa candidature dans ce canton. Mercredi soir, il tenait d'ailleurs une réunion publique à Neuilly, à laquelle la mère de Nicolas Sarkozy a assisté.
"On vous aime beaucoup, mais laissez nous choisir "
Le psychodrame de Neuilly aura permis à Sarkozy fils de faire une entrée fracassante en politique. "Je n'ai jamais trahi personne", se défend le fils du président dans l'entretien au Figaro. "Je regrette sincèrement l'incompréhension qui s'est installée (...) J'ai averti très régulièrement le candidat [David Martinon] des problèmes que nous rencontrions. Je l'ai fait de la façon la plus franche qui soit", ajoute-t-il. VSD revient également sur la polémique cette semaine, révélant que le jeune homme de 21 ans aurait dit au chef de l'Etat que le "cas Martinon " était une "erreur de casting " dès la fin du mois de décembre.
Sur Internet, une vidéo postée sur le site de Rue89 filmée le 9 février, montre Jean Sarkozy préparer les militants UMP de Neuilly au lâchage de David Martinon et critiquer la décision de son père de soutenir ce candidat parachuté. "Quand, tous les jours, on vient me voir pour me dire «ça ne va pas, la campagne prend pas, ce n'est pas du lynchage, c'est une éthique de responsabilité", explique-t-il. D'une voix qui ressemble à s'y méprendre à celle de son père, il poursuit "Neuilly est une ville capable d'élire à 80% Nicolas Sarkozy et de lui dire quelques mois après monsieur le maire qui est aussi notre président, ‘on vous aime beaucoup, mais laissez-nous choisir' ".
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