Michel-François Delannoy © DRLCI.fr : La droite compte sur une victoire à Tourcoing après les 19 ans de règne de Jean-Pierre Balduyck. Vous menez une liste d'union de la gauche. C'est une prouesse, non ?
Michel-François Delannoy, candidat socialiste et premier adjoint du maire sortant : Pas du tout. Ce rassemblement s'est fait autour du projet très en amont. Nous avons une liste à vocation majoritaire qui rassemble toute la gauche, des écologistes, des personnes du centre et des personnalités locales. Nous avons même une championne de France de lutte. Elle a seulement 21 ans. Nous sommes rassemblés autour de valeurs, la laïcité, la réduction des inégalités.
LCI.fr : Etes-vous confiant à dix jours du premier tour ?
M-F.D. : Je suis serein parce que nous menons une campagne positive. Nous avons de nombreuses propositions, une grande ambition culturelle pour la ville. Nous voulons créer 5000 emplois en six ans, 3000 logements et faire plus de place aux aînés, à l'éducation pour la jeunesse.
LCI.fr : Vous qualifiez votre campagne de "positive". Cela veut-il dire que Christian Vanneste, votre concurrent, mène une campagne négative ?
M-F.D. : M. Vanneste mène une campagne de dénigrement. Il rabaisse la ville, la traite de "grand corps malade". Il a été élu par une petite majorité grâce à une vague nationale sur des valeurs de droite. Seuls 44% des Tourquennois ont voté. L'abstention était forte. Nous avons peur d'un repli un peu résigné. Notre principal ennemi pour l'élection municipale reste donc l'abstention.
LCI.fr : Les déçus de Nicolas Sarkozy peuvent-ils se reporter sur le vote Front National ?
M-F.D. : Je pense que ça peut arriver. Le FN était proche des 12% en 1995 à Tourcoing. Je ne pense pas qu'on reviendra au score d'avant. Mais on ne se refait pas. Il n'est pas impossible que l'électorat de l'extrême-droite retourne à la maison.
LCI.fr : Vous militez pour le non cumul des mandats de maire et de député. Pourtant vous êtes vice-président du Conseil général du Nord. Serez-vous un maire à plein temps ?
M-F.D. : Mon mandat de conseiller général est directement utile pour Tourcoing. Nous avons voté la réfection des collèges du département par exemple. En revanche, la fonction de député-maire est devenue archaïque. Le temps des notables, c'est fini. Ce n'est pas à l'Assemblée Nationale qu'on décide de développer une route ou de construire des logements. La décentralisation est passée par là. Le maire doit être proche du centre de décision, et aujourd'hui, le centre, c'est d'abord la communauté urbaine.
LCI.fr : Tourcoing détient la clé de la succession de Pierre Mauroy à la communauté urbaine Lille-Métropole (LMCU). Avez-vous la pression de la direction du Parti Socialiste pour la victoire ?
M-F.D. : Aucune. A chaque scrutin, on nous dit que nous détenons la clé de la présidence de la communauté urbaine. Cela me fait sourire. Certes, cette année, la question est sensible. Ça se jouera en partie chez nous. Des responsables politiques, Martine Aubry ou Bertrand Delanoë, sont venus apporter leur contribution.
LCI.fr : La perte de la LMCU serait-elle un séisme politique ?
M-F.D. : Oui c'est un énorme risque surtout pour Tourcoing puisque Marc-Philippe Daubresse [candidat de l'UMP] a explicitement dit que sa priorité serait le sud de la communauté, autour de l'aéroport, d'une troisième gare TGV, une zone moins urbanisée où c'est plus facile. Or on a besoin de la solidarité communautaire.
LCI.fr : Dans le Parisien de vendredi, il est dit qu' " en cas de victoire, l'actuel président Pierre Mauroy soutiendra Aubry à la seule condition, croit savoir un dirigeant national du PS, que sa victoire annoncée ne lui donne pas le tournis et qu'elle "reste à Lille pendant au moins trois ans". Qu'en pensez-vous ?
M-F.D. : Je suis un fidèle de Martine Aubry. Elle a un rayonnement. Sa contribution sera très utile à la communauté urbaine. Martine Aubry, comme Bertrand Delanoë, est une pragmatique. Elle ne lâche rien sur les valeurs. Cependant je ne souhaite pas commenter. C'est la politique comme je ne l'aime pas.
LCI.fr : Quelles sont, pour vous, les priorités de la communauté urbaine pour Tourcoing ?
M-F.D. : La question des transports est centrale. Nous accusons un retard vis-à-vis d'autres agglomérations. Mais Tourcoing va aussi apporter des choses. Notre ville a une frontière avec la Belgique, nous misons sur le domaine culturel, sur le pôle de l'image, sur les équipements de la maison, sur le un bassin olympique. Avec Martine Aubry, nous avons créé un quartier du design.
LCI.fr : Vous réclamez-vous de l'héritage de Pierre Mauroy ?
M-F.D. : Oui, bien sûr. Pierre Mauroy est quelqu'un qui a une vision. Il a œuvré à l'union de la Métropole. II l'a pacifiée. Cette page-là se tourne
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