David Martinon annonçant son retrait de la campagne des municipales à Neuilly (11 février 2008) © TF1/LCI| > Les explications de David Martinon |
> L'analyse de Pierre-Luc Séguillon
> Les réactions d'Yves Jégo (UMP) et de François Hollande (PS)
David Martinon abandonne la course électorale à Neuilly après le lâchage de ses colistiers. Il a également présenté sa démission du poste de porte-parole de l'Elysée à Nicolas Sarkozy qui l'a refusé. Il s'exprimait depuis Neuilly ce matin. "Les conditions ne sont plus réunies pour que je mène la campagne des municipales, j'en tire toutes les conséquences et je me retire. Merci à tous ceux, et ils sont nombreux, qui m'ont accompagné, qui m'ont aidé et qui se sont investis comme moi sans compter. Je ne vous oublierai jamais " a-t-il déclaré souriant mais tendu. Son retrait a été salué par Yves Jégo, porte-parole de l'UMP : " c'est un geste très digne, à la hauteur de ce qu'il est, de l'intelligence qui est la sienne. L'avenir lui en sera reconnaissant".
Jean Sarkozy a quitté la permanence de l'UMP de Neuilly avant la déclaration de David Martinon, en compagnie d'Arnaud Teullé et Marie-Cécile Ménard, anciens colistiers du porte-parole de l'Elysée. " Nous prenons nos responsabilités ", s'est-il contenté de dire. De son côté, en visite en Guyane, Nicolas Sarkozy a dit qu'il n'avait "pas de commentaire pour l'instant" à faire sur cette affaire. Jean Sarkozy, Arnaud Teullé et Marie-Cécile Ménard avaient annoncé dimanche la création de leur propre liste après la révélation samedi d'un sondage confidentiel créditant David Martinon de seulement 40% des voix au 1er tour face à son adversaire de droite Christophe Fromentin (45%). Ce dernier ne compte pas négocier avec l'UMP.
Un avenir incertain pour l'UMP à Neuilly
Que va devenir la candidature UMP à Neuilly, à un mois des municipales? Son sort sera débattu ce soir lors d'une réunion de conciliation annoncée par le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian. Selon RTL, l'hypothèse d'une tête de liste Sarkozy (Jean) n'est pas exclue. Mais l'affaire ne semble pas tranchée. Elle irrite surtout profondément au sein de l'UMP, où l'on se serait bien passé d'un tel psychodrame à l'approche d'un rendez-vous électoral qui ne se présente pas sous les meilleurs auspices pour la majorité. "A partir du moment où vous avez quelqu'un qui est candidat, il faut que l'alchimie se produise", commentait dimanche soir d'un ton sec Michèle Alliot-Marie. Dans l'opposition, l'affaire suscite la délectation de François Bayrou, qui a beau jeu de dénoncer les "grâces et disgrâces" de la "monarchie " Sarkozy. Au PS, Bertrand Delanoë s'offusque sur LCI de " manières politiques qui me heurtent ".
Dimanche soir, sitôt après la diffusion de son allocution sur le traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy s'était envolé pour la Guyane sans son porte-parole. La crise couvait depuis longtemps. Martinon, protégé de l'ex-Première dame, Cécilia Sarkozy, n'avait jamais réussi à convaincre dans la commune la plus riche de France. Nicolas Sarkozy s'était pourtant personnellement investi dans l'affaire en l'intronisant lui-même candidat à Neuilly. L'échec électoral qui semblait se profiler aurait donc d'autant plus rejailli sur le chef de l'Etat, qui ne pouvait accepter une telle défaite dans son propre fief. Traité de "parachuté", brocardé par des habitants qui moquaient ce candidat se repérant au GPS, au volant de son grand 4x4, dans la municipalité qu'il tentait de conquérir, Martinon avait même eu droit à l'automne à une manifestation à l'UMP aux cris de "Martinon non non". Devant cette crise montante, Jean Sarkozy avait été envoyé à la rescousse de sa campagne faiblissante, il y a quelques semaines. Avant de le lâcher ce week-end.
D'après agence
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