David Martinon, dimanche matin à Neuilly-sur-Seine (10 février 2008) © TF1/LCI |
| > Les explications de Jean Sarkozy et d'Arnaud Teullé |
> L'analyse de Pierre-Luc Séguillon
Les rumeurs avaient été lancées samedi par la publication d'un entrefilet du Figaro. Le quotidien évoquait "un sondage confidentiel" réalisé dans la semaine et prévoyant "la défaite" de David Martinon, alors candidat UMP à Neuilly-sur-Seine, crédité de "40% des voix" face à son adversaire de droite, Jean-Christophe Fromentin (45%). Un sondage dont on ne sait qui l'a commandé, mais qui a été depuis amplement commenté. Il est vrai, les chiffres évoqués étaient bien loin des 20 points d'avance que comptait David Martinon, accusé par beaucoup à Neuilly d'être un "parachuté", sur Jean-Christophe Fromentin au début de la campagne. Martinon allait-il se maintenir ? Céder la place ? Dimanche matin, il arpentait encore les rues de Neuilly. Aux questions des journalistes, son directeur de campagne, Olivier Babeau, assurait : "Bien sûr que David Martinon se maintient comme tête de liste à Neuilly ! Le programme de la campagne ne change pas. Elle suit normalement son cours".
Et pourtant, une heure plus tard, les dirigeants de l'UMP à Neuilly-sur-Seine, Marie-Cécile Ménard et Arnaud Teullé, ainsi que le fils cadet du président de la République, Jean Sarkozy, lançaient leur propre "liste de rassemblement" pour les municipales. Raison invoquée : des "désaccords majeurs" avec le candidat David Martinon... "De très nombreux Neuilléens nous demandent de réagir et de travailler ensemble pour notre ville. Dans ce nouveau contexte politique, nous appelons au plus large rassemblement", affirmaient alors les trois dirigeants locaux de l'UMP dans un texte commun. La veille pourtant, Marie-Cécile Ménard, alors numéro 2 de la liste UMP à Neuilly-sur-Seine, avait affirmé qu'elle restait "loyale" à David Martinon, "candidat régulièrement investi".
Le lointain souvenir des 20 points d'avance
Selon leur entourage, les anciens colistiers du porte-parole de l'Elysée, qui appellent "au plus large rassemblement", réfléchiraient à un "rapprochement" avec le principal challenger de Martinon, le divers droite Jean-Christophe Fromantin, pour maintenir dans le giron de l'UMP cette ville dont Nicolas Sarkozy a été le maire de 1983 à 2002, toujours élu haut la main. Les intéressés n'ont pas précisé qui, d'eux trois, mènerait la liste. Alors que, selon une source parlementaire, de nombreux députés UMP sont "très énervés" par l'affaire neuilléenne, le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, prenant acte de la "confusion" locale, a tenté de calmer le jeu en annonçant "une réunion décisive" lundi soir à Neuilly avec "les principaux intéressés" pour trancher. Porte-parole de l'Elysée, David Martinon ne sera en tout cas pas avec Nicolas Sarkozy en Guyane lundi et mardi, contrairement à ce qui était initialement prévu.
Malgré une ascension fulgurante, le protégé de l'ex-Première dame, Cécilia Sarkozy, n'a jamais réussi à trouver ses marques dans la commune la plus riche de France. A l'automne, il avait eu droit à un véritable bizutage, des "Martinon non non" l'ayant accueilli dans les rangs mêmes de l'UMP, où l'on n'avait guère apprécié que Nicolas Sarkozy le préfère au candidat du cru, Arnaud Teullé. Face à ces turbulences, Jean Sarkozy avait été dépêché il y a quelques semaines pour le seconder activement dans la campagne. Le chef de l'Etat, déjà en proie à de grandes difficultés au niveau national avec une cote de popularité en chute libre, ne peut pas se permettre un échec sur ses anciennes terres, qui serait interprété comme une défaite personnelle.
D'après agence
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