Michel Moyrand, candidat PS à Périgueux © Michel MoyrandPérigueux: 38.000 habitants
Chef-lieu de la Dordogne (majoritairement socialiste)
Lci.fr: Vous n'êtes pas connu au plan national, comment vous définiriez-vous ?
Michel Moyrand: Je suis avant tout un militant, engagé depuis 1977. Ce sont les mandats locaux qui m'intéressent : j'ai été adjoint au maire dans une petite commune et je suis vice-président du Conseil régional d'Aquitaine. Ma contribution nationale est discrète car je me sens plus utile sur le terrain et au niveau de la région. Je n'ai jamais cherché à avoir de responsabilités nationales.
Lci.fr: Quelles sont vos priorités pour la ville de Périgueux ?
M.M.: Mon programme comprend 25 grands points que je présenterai vendredi. Je veux notamment dynamiser la ville qui se trouve dans une situation de déprime, relancer les services de proximité et faciliter l'accès au logement en ville.
Lci.fr: Que reprochez-vous aux mandats de Xavier Darcos ?
M.M.: Xavier Darcos a remplacé Yves Guéna en 1997, ce qui lui a permis de préparer son programme pour 2001. Il a préparé son plan Périgueux 2010 sur le dos des contribuables. Il a privilégié le cœur de la ville et délaissé les quartiers, les liens humains se sont distendus. Pour certains, il n'y a plus de sentiment d'appartenance à la ville. Quand il a exercé des fonctions gouvernementales pour la première fois (ministre délégué à l'Enseignement scolaire puis ministre délégué aux Affaires étrangères ndlr), c'était un maire entre parenthèses. Aujourd'hui, c'est un maire en pointillés, présent 2 à 3 jours par semaine. Or les gens réclament de la proximité et il ne répond pas aux attentes des citoyens.
"Un maire en pointillés"
Lci.fr: En 2001, Xavier Darcos vous avait pourtant battu dès le premier tour, qu'est-ce qui a changé depuis ?
M.M.: D'une part, ce désir de proximité des citoyens. D'autre part, depuis 1965, le PS n'a jamais présenté deux fois le même candidat aux municipales. En 2000, alors que j'étais adjoint au maire d'une petite commune, François Hollande m'a demandé de me présenter à Périgueux. C'était un challenge car je n'étais pas connu, il y avait tout à construire pour le PS. 2001, c'était une candidature d'avenir pour préparer 2007. J'ai fait du travail de terrain, rencontré des gens, rendu service à la population et aujourd'hui, la situation du PS est différente.
Lci.fr: Est-ce que vous avez prévu des alliances entre les deux tours ?
M.M.: J'attends de voir ce que vont proposer les autres candidats. Je pense qu'il y a des points de convergence avec la liste de Jean-Louis Démaret (candidat dissident MoDem). J'analyserai les résultats après le premier tour, la porte de ma permanence reste ouverte et je n'exclus rien.
Lci.fr: Si vous êtes élu, que deviendra le plan Périgueux 2010, lancé par Xavier Darcos ?
M.M.: Je ne rayerai pas les dossiers de rénovation urbaine mais ils sont aujourd'hui trop chers. Je les reverrai pour qu'ils soient moins ambitieux. Le dossier de rénovation de la gare est prioritaire pour moi. Je veux tout mettre en œuvre pour électrifier la ligne Périgueux-Limoges en prévision de l'arrivée du TGV, ce qui ramènerait Périgueux à 2h45 de Paris. Il y a une étude à faire, mais c'est un dossier soutenu par la Région, le Département et l'Etat.
"Darcos appelle à l'aide"
Lci.fr: Quel est votre avis sur le projet de liaison aérienne Paris-Périgueux soutenu par le maire actuel ?
M.M.: Je pense que la ville n'a pas les moyens de la payer et de plus, la situation géographique de l'aéroport ne permet pas aux gros porteurs, comme les low costs d'atterrir. C'est un luxe que nous ne pouvons pas nous offrir. Ma priorité, c'est le train qui est moins polluant et plus accessible.
Lci.fr: Pour vous, les élections municipales, c'est un enjeu local ou national ?
M.M.: C'est une élection à deux tiroirs : le tiroir local est bien rempli, je pense qu'avec mon projet tout le monde trouve son compte, car il couvre tous les aspects de la vie, de la naissance à la mort. Pour le tiroir national, on assiste à un défilé de ministres ces derniers temps : Luc Châtel, Fadela Amara, Bernard Laporte et Dominique Bussereau. On annonce la venue de Nicolas Sarkozy vendredi... Quatre ministres et un président, j'ai le sentiment que Xavier Darcos appelle à l'aide. Par ailleurs, c'est une très mauvaise période pour l'UMP, le président n'a pas tenu ses engagements de campagne et les gens sont déçus. L'effet national va sûrement jouer et il sera à mon avantage.
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