© AFPAlors que le site de l'hebdomadaire fait l'objet d'une plainte de la part du président, le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, estime que l'hebdomadaire a "eu tort" de faire état sur son site internet du SMS que le chef de l'Etat aurait adressé à son ex-épouse. Dans son éditorial intitulé "Une erreur ? Oui" à paraître dans l'édition de jeudi, Jean Daniel souligne tout de même que le président de la République a "jeté lui-même sa vie privée en pâture". Mais « c'est là, disons-le, que nous avons eu tort", écrit-il. "Car c'est précisément parce qu'il faisait tout pour nous entraîner dans son univers qu'il ne fallait pas s'y laisser conduire".
"La porte qu'il a ouverte en étalant sa vie privée, nous n'avions pas à la franchir", reconnaît-il, ajoutant: "si j'avais eu l'information dont Airy Routier (le journaliste à l'origine de l'article, ndlr) a disposé, je me serais empressé de m'en détourner". Nicolas Sarkozy a déposé jeudi une plainte pour "faux, usage de faux et recel" à l'encontre du nouvelobs.com, après que le site eut affirmé que le chef de l'Etat aurait envoyé à son ex-épouse, huit jours avant son mariage samedi dernier avec Carla Bruni, un SMS d'ordre sentimental.Concernant la plainte au pénal déposée par le président, le journaliste juge que le chef de l'Etat a "décidé de s'engager dans une stratégie de sanction qui risque (...) d'apparaître comme un véritable combat contre la presse".
"Ni inventé, ni trafiqué, ni manipulé "
Dans un autre article, les directeurs de la rédaction du Nouvel Observateur, Guillaume Malaurie et Michel Labro, rejoignent la position de Jean Daniel. Les deux directeurs renouvellent toutefois leur confiance à Airy Routier, affirmant qu'il n'a "ni inventé, ni trafiqué, ni manipulé quoi que ce soit".
Dans l'interview qu'elle accorde mercredi à L'Express, Carla Bruni commentant l'affaire du SMS, s'est élevée contre "les nouveaux moyens de désinformation". "Si ce genre de sites avaient existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs", s'interroge-t-elle. Elle revient sur ses propos dans un court texte publié sur le site internet du magazine et s'en explique. "Dans l'édition d'aujourd'hui, 13 février 2008, L'Express me consacre une longue interview, au cours de laquelle j'ai comparé, à tort, les méthodes employées dans les sites Internet avec celles employées par la presse collaborationiste. Si j'ai pu blesser quelqu'un, j'en suis extrêmement désolée. J'ai juste voulu dire tout le mal que je pense de ces attaques ad hominem, qui dégradent l'information. Et le danger potentiel qu'elles représentent."
D'après agence.
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