Image d'archives © RFO| Flosse : "Nous n'avons pas renié nos convictions" |
Gaston Flosse derrière les barreaux
Le sénateur de Polynésie a été placé en détention provisoire, alors que la justice lui reproche une affaire de détournements de fonds et de corruption.
Publié le 10/11/2009
Sa précédente défaite était cuisante, son retour est spectaculaire. L'insubmersible leader autonomiste Gaston Flosse a été élu au premier tour samedi président de la Polynésie française à peine quinze jours après avoir subi une déroute électorale.
Cette victoire inattendue a été rendue possible par une alliance, à la dernière heure, avec le Président sortant, l'indépendantiste Oscar Temaru qu'il a pourtant combattu pendant plus de trente ans. Ce rapprochement surprise entre les deux partis minoritaires à l'Assemblée (Oscar Temaru contrôle 20 sièges et Gaston Flosse 10) a écarté du pouvoir Gaston Tong Sang, qui était donné favori samedi matin.
"L'intérêt de la Polynésie française"
Fort de 27 élus, Gaston Tong Sang avait largement remporté les élections du 10 février, sans toutefois obtenir la majorité absolue. Une alliance entre To Tatou Ai'a de Gaston Tong Sang, et le Tahoeraa de Gaston Flosse semblait acquise depuis jeudi : les deux groupes autonomistes, sans toutefois signer d'accord, avaient élu ensemble Edouard Fritch, gendre de Gaston Flosse et candidat du Tahoeraa, à la présidence de l'Assemblée. Plusieurs cadres du Tahoeraa s'étaient alors engagés à voter pour Gaston Tong Sang, candidat à la présidence du Pays.
Mais vendredi soir, peu avant minuit, Gaston Flosse a également déposé sa candidature. Samedi matin, il était en réunion avec Oscar Temaru, l'ouverture du début de la séance à l'Assemblée étant retardée de près de deux heures faute de quorum. A l'ouverture de la séance, Oscar Temaru retirait sa candidature.
Les deux adversaires autonomistes disposaient ensuite d'une heure pour convaincre l'Assemblée. Gaston Flosse axait son discours sur ce qui l'avait conduit à cette alliance : "Les Polynésiens veulent que tous les élus travaillent ensemble (...) l'intérêt de la Polynésie française, c'est de former un gouvernement d'union entre les trois forces représentées à l'Assemblée". Gaston Tong Sang préférait mettre l'accent sur son programme, mais appelait aussi à l'union : "il sera de notre responsabilité d'assurer la réconciliation des autonomistes, mais aussi de tous les Polynésiens". A l'issue du dépouillement, Gaston Flosse l'emportait au premier tour, par 29 voix, contre 27 à Gaston Tong Sang et un bulletin blanc. L'annonce du résultat a déclenché la colère de certains représentants proches de Gaston Tong Sang, comme Hiro Tefaarere, ancien président de l'Assemblée.
"Troisième tour"
Plusieurs centaines de militants, regroupés autour de l'Assemblée, ont également exprimé bruyamment leur désaccord ou leur satisfaction. Sortis ensemble de l'hémicycle, Gaston Flosse et Oscar Temaru provoquaient même un mouvement de foule, et un début d'échauffourée entre les gardes du corps et les journalistes.
Les deux grands perdants de l'élection du 10 février dernier sont donc prêts à gouverner ensemble mais la courte majorité de Gaston Flosse le met à la merci du changement de camp d'un élu, ce qui est fréquent en Polynésie française. La population pourrait également mal accepter ce "troisième tour" à l'assemblée, contraire au choix populaire du 10 février. Le nouveau Président a cinq jours pour constituer son gouvernement, qui laissera certainement une large place aux indépendantistes. Il lui faudra ensuite élaborer rapidement le budget 2008 de la Polynésie française, qui avait été rejeté par l'Assemblée précédente.
L'UMP rompt "tout lien" avec le parti de Flosse |
L'UMP a annoncé dimanche qu'elle rompait tout lien avec le parti de Gaston Flosse. Dans un communiqué, Patrick Devedjian, secrétaire général du parti présidentiel, affirme que l'UMP "dénonce l'alliance contre-nature entre les indépendantistes d'Oscar Temaru et les autonomistes du Tahoeraa Huiraatira qui a permis à Gaston Flosse d'être élu à la présidence de la Polynésie française". L'UMP "considère que cette élection obtenue avec le soutien de l'UPLD trahit le choix des électeurs et les engagements pris par Gaston Flosse lui-même, qui déclarait le 30 janvier: 'à l'issue du second tour, le 10 février, j'en prends l'engagement devant vous, le Tahoeraa Huiraatira ne conclura aucune alliance avec les indépendantistes, j'en fais le serment'", relève M. Devedjian. |
(D'après agence)
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