Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy peu avant le second tour de la présidentielle (6 mai 2007) © TF1/LCIElle dresse la liste des sujets qui fâchent, pour souligner "l'inquiétude" latente des Français : "stagnation des salaires, croissance faible, hausse des prix, déficits publics"... Dans une tribune au Monde (daté de vendredi), Ségolène Royal fait le bilan des huit mois de Sarkozy président. Un bilan qui mènera, dit-elle, à la "récession", si le président ne change pas de "cap". "Je dis à Nicolas Sarkozy : il est encore temps".
Mais, ce temps presse : l'ex-candidate socialiste à la présidentielle estime que "tout était possible, hier", "malgré les promesses inconsidérées". "Mais trop de temps et de fonds publics ont été gaspillés. L'urgence du pouvoir d'achat n'a pas été traitée, l'avenir n'a pas été préparé, la désinvolture publique a tenu lieu de morale politique". Bref, "le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte", affirme la présidente du Poitou-Charentes, qui qualifie les réformes engagées ("universités, retraites, marché du travail") de "toujours partielles, souvent injustes et à l'effet aléatoire".
Les trois urgences selon Royal
"Nous savions bien que tous les problèmes ne seraient pas résolus en un an. Mais nous étions en droit d'attendre que la situation ne s'aggrave pas", écrit-elle. Selon elle, "pour remplir les caisses qu'il a contribué à vider, Nicolas Sarkozy est devenu 'Monsieur taxes'", dans "un système où l'argent fou fait la loi". "Le gouvernement demande aux revenus moyens et modestes de rembourser un bouclier fiscal qui a notamment rapporté 350 millions d'euros à 16.000 contribuables privilégiés", accuse-t-elle.
La socialiste définit ses "trois urgences" à traiter : "réformer l'Etat", "faire de la sécurité professionnelle et de la hausse du pouvoir d'achat deux réalités indissociables", "l'université et la recherche".
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