Ségolène Royal et Bertrand Delanoë lors d'un meeting à Roubaix (janvier 2007) © www.abacapress.com"Enormément demandée" selon ses propres termes, Ségolène Royal est déjà allée manifester son soutien à pas moins de 80 candidats aux élections de mars prochain. Elle entame cette semaine une nouvelle tournée qui la conduira de Poitiers à Nice avec un déplacement par jour jusqu'à samedi. « Je suis venue dans ces quartiers populaires où j'étais déjà venue lors de la campagne présidentielle pour dire aux habitants: je suis avec vous, je ne vous abandonne pas", a-t-elle déclaré jeudi, en déplacement à Villeurbanne dans la banlieue lyonnaise. "Je suis toujours là et nous allons agir ensemble. C'est à partir de ces quartiers qu'il faut exprimer un vote d'espérance face à l'inertie du gouvernement actuel". Proximité et démocratie participative, sur le terrain, elle renoue avec ses thèmes de campagne présidentielle. Deux jours plus tard, sur les terres de Patrick Balkany à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), elle s'est faite l'avocate de la "morale républicaine".
"De grands rendez-vous pour l'avenir"
De son côté, Bertrand Delanoë, lui-même en pleine campagne municipale et bien parti pour renouveler son mandat, s'est rendu vendredi dans le Nord et le Pas-de-Calais pour apporter son soutien aux candidats socialistes. Il y a été accueilli à bras ouverts par les proches de Lionel Jospin. "Je pense qu'il est bon pour Lille, pour sa métropole, pour la France que les candidats socialistes l'emportent sous l'impulsion de mon amie Martine", a-t-il déclaré, élogieux à l'égard de Martine Aubry, qui brigue un nouveau mandat. Un soutien qui n'est pas anodin quand on sait que la maire de Lille ne porte pas Ségolène Royal dans son cœur.
A Lens, venu appuyer le maire sortant Guy Delcourt, Bertrand Delanoë a expliqué être là pour vivre un "moment de chaleur et de partage avec des amis politiques", insistant sur "les valeurs communes" qu'il partage avec les socialistes du Pas-de-Calais, l'une des plus grosses fédérations du PS au plan national. S'il n'a pas abordé bien sûr le sujet de sa candidature à la tête du PS, le maire de Lens a lui multiplié les allusions. "Nous avons de grands rendez-vous pour l'avenir mais nous, nous respectons le calendrier et Bertrand reviendra bientôt je le souhaite". Sans les nommer, il vise ceux qui comme Ségolène Royal, Pierre Moscovici ou Julien Dray ont déjà fait connaître leurs ambitions.
Déjà trois candidats déclarés
Le nouveau premier secrétaire du PS doit être désigné lors d'un prochain congrès vraisemblablement à l'automne prochain. Le député de l'Essonne Julien Dray s'est dit "prêt" dimanche à briguer ce poste de premier secrétaire , rejoignant ainsi le député du Doubs Pierre Moscovici. Ségolène Royal a déjà aussi laissé entendre qu'elle pourrait briguer ce poste avec des formules plus ou moins claires. Le maire de Paris a déclaré vouloir se concentrer avant tout sur sa campagne municipale et ne pas penser à ce poste, mais les jeux d'influence au sein du parti commencent déjà à se dessiner. Dans une tribune au Monde, Lionel Jospin a manifesté à demi-mot son soutien à Bertrand Delanoë alors que dans le Journal du Dimanche, le député européen Vincent Peillon a affirmé que les socialistes doivent "construire une large majorité pour préparer la victoire de 2012" et qu'il faut le faire "autour de Ségolène Royal". Sans même attendre le résultat des municipales, l'après-Hollande est dans toutes les têtes chez les socialistes.
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