Laetitia et Pascal Jarty, candidats à Bordeaux © LCI"Les chiens ne font pas des chats." Après une conversation téléphonique, le mimétisme de langage entre Pascal Jarty, 51 ans et Laetitia, 22 ans, est flagrant. Leur candidature simultanée n'est pas le fruit du hasard. Cette étudiante en droit a décidé de se présenter aux municipales, comme son père Pascal. Pour elle, c'est une évidence. "Depuis toute petite, j'ai été influencée par la politique. Mon père m'emmenait à la mairie lorsque j'avais trois ans. Je regardais les discours de Jacques Chabans-Delmas. J'ai toujours adoré ça", dit-elle. Cette militante associative a de qui tenir. Son père, Pascal, 51 ans, était conseiller municipal pendant douze ans sous le mandat du prédécesseur d'Alain Juppé. Pourtant, ce directeur associatif n'a pas choisi la facilité. Il est sur la liste d'Alain Rousset, le socialiste qui brigue la mairie.
"Sa décision m'a surprise. Je ne la comprends toujours pas mais je pars du principe que c'est son choix", explique Laetitia Jarty. Son père récuse tout changement de bord politique. "Je suis en continuité totale avec mes idées. Je suis un gaulliste de progrès. Rappelez-vous de la Nouvelle Société ! Jacques Chaban-Delmas a gouverné avec des socialistes, avec François Mitterrand, sous la 4e République", rappelle-t-il. Etiquettes différentes mais volonté identique, le père et la fille témoignent d'un attachement similaire pour Bordeaux. "Je suis engagée depuis quatre ans. Je veux servir l'autre et me rendre utile", affirme la déléguée des jeunes de la circonscription bordelaise. "Je suis à l'écoute du citoyen et attentif à l'évolution du social", déclare celui qui garde autant d'amis à gauche qu'à droite.
"Alain Juppé a interdit aux colistiers de dire du mal de mon père"
Mais pourquoi avoir choisi Alain Rousset ? "J'ai constaté une carence culturelle à Bordeaux. J'ai fait en octobre une proposition à Alain Juppé qui n'a pas donné suite. Alain Rousset m'a tendu la main. Je suis un candidat d'ouverture", confie-t-il. "Certes Juppé sait gérer mais Rousset sait écouter", ajoute le père de neuf enfants. Laetitia Jarty nuance ces propos: "Si vous l'aviez interrogé il y a un mois, mon père disait que Juppé allait gagner." Pour sa fille aînée, le choix était limpide. Titulaire de la carte UMP depuis ses 18 ans, elle a été poussée par le patron de la droite. "Alain Juppé m'a proposé d'être sur sa liste et j'ai accepté. Il a interdit aux colistiers de dire du mal de mon père, par respect, ça m'a touchée", assure-telle.
En position éligible sur la liste de droite, Laetitia Jarty souhaite développer les infrastructures pour la jeunesse, dont le Zénith et une maison de l'étudiant, "un espace d'information sur les bourses ou le logement". Un désaveu de l'action menée par son père, directeur d'une "structure d'aide aux jeunes"? "Non, pas de concurrence, son association pourra parfaitement compléter notre projet. Chacun peut apporter sa pierre", dit-elle.
S'ils se voient de moins en moins, campagne oblige, ils gardent des rapports affectueux, de père et fille. "On s'est croisé sur un marché la semaine dernière. Je prends de ses nouvelles via le blog d'Alain Rousset", avoue-t-elle. "On s'amuse de cette situation, c'est du ponctuel. Laetitia est sincère dans son engagement. Si on doit travailler ensemble au futur conseil municipal, l'intérêt public va prédominer", garantit-il. Toujours protecteur, il ajoute: "elle doit se méfier des faux amis." Ils iront voter le 9 mars, dans le même bureau. "Elle pourrait même voter pour moi qui sait", plaisante le père de Laetitia.
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