Xavier Bertrand © LCIL'annonce surprend dans le milieu politique. Xavier Bertrand, le ministre du Travail, des Relations sociales et de la solidarité, révèle dans un entretien accordé à L'Express qu'il est "franc-maçon" depuis treize ans. Il a adhéré à une loge de l'obédience maçonnique du Grand Orient de France, dont il s'est toutefois "mis en retrait" depuis son entrée au gouvernement en 2004.
"J'ai effectivement adhéré, en 1995" (à une loge du Grand Orient de France), "attiré par le travail sur soi et sur les idées des autres que permet la franc-maçonnerie", explique le ministre en réponse à une question. "De moi-même, je n'aurais pas pris l'initiative de parler, mais certains l'ont fait pour moi", ajoute-t-il. Depuis 2004, il dit n'avoir plus participé à aucune réunion dans sa loge mais est "intervenu deux fois comme conférencier cette année-là". Le ministre, ancien porte-parole du candidat UMP pendant la campagne présidentielle, n'a pas averti le chef de l'Etat de son engagement.
Les francs-maçons défenseurs de la laïcité
Interrogé sur son choix de l'obédience du Grand Orient de France, généralement classée à gauche, Xavier Bertrand précise que ce choix n'est pas dû "au hasard : je viens de la droite et ma logique d'ouverture aux autres et à leurs idées m'a porté vers le Grand Orient de France". "J'étais alors au RPR, on ne pourra pas dire que j'ai fait ce choix pour faciliter mon ascension politique", souligne-t-il. La franc-maçonnerie lui a apporté, dit-il, "un espace de grande liberté de parole, de plus grand respect où l'on donne davantage de sens aux choses". En outre, "cette tolérance" lui a "permis de concilier mon appartenance avec (ses) convictions religieuses."
L'Express publie cet entretien au moment où le chef de l'Etat rouvre le débat sur la laïcité en France. Deux discours, le premier à Rome, au palais de Latran, le 20 décembre 2007, et le second à Riyad, le 14 janvier 2008, ont notamment redéfini la place du christianisme au sein de l'Etat. Ces propos ont fait bondir le grand maître du Grand Orient, Jean-Michel Quillardet. " Il nous a brossé dans le sens du poil", a-t-il affirmé après sa rencontre avec Nicolas Sarkozy le 8 janvier. Xavier Bertrand a refusé de commenter : "Je ne souhaite pas vous dire plus que les raisons de mon engagement franc-maçon. " "Un ministre ne doit pas mentir. Sinon, son action publique perd toute crédibilité", conclut Xavier Bertrand.
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