Le rédacteur en chef du Nouvel Observateur Airy Routier © AbacapressLe rédacteur en chef du Nouvel Observateur Airy Routier a déclaré samedi qu'il "prenait acte" de la "vérité officielle", au lendemain de l'audition de Cécilia Ciganer-Albeniz qui a démenti avoir reçu un SMS de son ex-époux Nicolas Sarkozy indiquant "si tu reviens, j'annule tout". "Je note que cette précision est un peu tardive, ça fait juste un mois", a déclaré sur RTL Airy Routier, auteur de l'article incriminé. "J'en prends acte, on a maintenant une vérité officielle... Moi j'ai la mienne, chacun tranchera".
Le chef de l'Etat a déposé une plainte pour "faux, usage de faux et recel" contre le site internet nouvelobs.com, après que le site eut affirmé que le président aurait envoyé à son ex-épouse, huit jours avant son mariage avec Carla Bruni le 2 février, un SMS indiquant : "si tu reviens, j'annule tout". Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire dès le lendemain.
"J'ai confiance en mes sources"
Interrogé sur d'éventuelles conséquences pour l'hebdomadaire, Airy Routier a estimé qu'il n'y en aurait "aucune". "Je ne vois pas ce que cela pourrait avoir comme conséquence, c'était quand même une affaire extrêmement mineure à laquelle on a donné une importance considérable et qui ne valait pas tout cela", a-t-il ajouté. "J'ai confiance en mes sources, à mon avis, ce n'est pas parce que c'est une vérité officielle que c'est la vraie vérité mais je me garderais bien maintenant d'aller à l'encontre d'une telle vérité officielle", a commenté le journaliste. Interrogé sur la possibilité de formuler des excuses, il s'est exclamé: "Vous voulez rire et pourquoi je ferai des excuses !"
L'ancienne première dame de France, qui n'avait auparavant pas démenti les affirmations du site internet du Nouvel Observateur, a été entendue comme témoin vendredi après-midi par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) et a affirmé ne pas avoir reçu un tel SMS, selon une source judiciaire. Interrogé le 21 février comme témoin, Airy Routier avait déclaré aux policiers avoir écrit son article sur la foi d'informations "verbales fiables", reconnaissant ainsi qu'il n'avait pas eu entre les mains le SMS controversé.
| Quelles suites judiciaires possibles désormais ? |
Le parquet a maintenant le choix entre une demande de supplément d'enquête, un classement sans suite car il n'y a pas assez d'éléments probants ou au contraire le renvoi en correctionnelle d'Airy Routier. En cas de demande de supplément d'information, les enquêteurs disposent de moyens techniques limités pour prouver que le SMS est un faux. Selon des spécialistes en téléphonie interrogés par l'AFP, la traçabilité des messages SMS est limitée au moment supposé de son envoi mais pas à son contenu, sauf si les communicants sont à ce moment-là placés sur écoute. Toutefois, selon un opérateur en téléphonie qui a requis l'anonymat, la récupération de données est possible, mais dans un temps limité et il est trop tard. Reste l'expertise du téléphone portable du président, mais elle est peu envisageable, le président étant protégé par son mandat de tout acte de procédure judiciaire. Ou de celui de son ex-épouse. |
(D'après agence)
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