Claude Bartolone le 28 sept 2006 © LCIAprès les municipales, bonne moisson pour la gauche jeudi dans les conseils généraux. La convoitée Seine-Saint-Denis revient à Claude Bartolone. Le député socialiste succède au communiste Hervé Bramy après des élections cantonales qui ont modifié l'équilibre des forces à gauche en faveur du PS. Le conseil général des Deux-Sèvres, où Ségolène Royal est présidente de région, a élu jeudi le socialiste Eric Gautier. Le premier secrétaire du PS François Hollande a fait la plein des voix de gauche face à Jean-Pierre Dupont, candidat de la droite qui gérait la Corrèze depuis 22 ans. Le maire de Tulle, vainqueur aux municipales, a renoncé à son mandat pour briguer la présidence de ce département. "Je mesure le caractère symbolique de l'événement d'aujourd'hui. La Corrèze n'est pas et ne sera pas un département comme les autres. (...) C'est une terre de résistance et de progrès, et c'est un département qui a pris une part éminente dans la vie de la République", a déclaré François Hollande devant les conseillers, dont Bernadette Chirac assise au premier rang.
L'assemblée de l'Allier a élu jeudi le communiste Jean-Paul Dufregne contre le président sortant DVD Gérard Dériot. L'élection s'est jouée à une voix d'écart. Le Val d'Oise a basculé à gauche pour la première fois depuis quarante ans avec l'élection de Didier Arnal. Conseiller général PS de Sarcelles-ouest depuis 1998, Didier Arnal a été élu d'un cheveu face au président UMP sortant François Scellier. Autres bascules à gauche : le conseil général de l'Ain avec l'élection au premier tour de Rachel Mazuir (PS), la Somme avec le socialiste Christian Manable et le département d'Indre-et-Loire. La socialiste Claude Roiron accède à la présidence. Le Lot-et-Garonne passe à gauche avec l'élection du socialiste Pierre Camani.
Balkany et Devedjian réconciliés
La droite n'est pas en reste. Le secrétaire général de l'UMP a été réélu jeudi à la tête des Hauts-de-Seine. Patrick Devedjian a été réélu avec les voix de tous les conseillers généraux de la majorité de droite. Isabelle Balkany, très critique vis-à-vis du président réélu, a quitté jeudi le groupe UMP, puis s'est visiblement réconcilié avec Patrick Devedjian. "Nous nous sommes mis d'accord", ont déclaré tour à tour devant des journalistes les deux responsables. Lors de la pause déjeuner du conseil général, ils sont apparus tout sourire et côte à côte à la même table. Un revirement rapide après de dures attaques lancées dans la matinée.
"J'ai été punie pour ma liberté de propos", a-t-elle indiqué. "Il m'a fait savoir qu'il me confierait à nouveau une vice-présidence à deux conditions: que je fasse une sorte d'autocritique publique et que je ne sois plus forcément en charge des collèges [...] Je lui ai rappelé que Mao Tsé Toung était mort, que nous n'étions pas au comité central du parti communiste, donc que je ne ferai pas d'autocritique", a-t-elle ajouté. Les deux responsables ont démenti l'hypothèse d'une intervention de Nicolas Sarkozy pour les pousser à la réconciliation. "Nous sommes assez grands pour régler nos problèmes tous seuls", a déclaré Patrick Devedjian."C'est une liaison qui devrait durer", a ajouté Isabelle Balkany, "parce qu'il est beaucoup plus bel homme que Mao".
Le déroulement du scrutin a été plus apaisé dans d'autres départements. L'ancien ministre de l'Economie UMP, Hervé Gaymard a été élu président du conseil général de Savoie. L'assemblée départementale des Hautes-Alpes a basculé à droite en élisant au premier tour l'UMP Jean-Yves Dusserre. Guy-Dominique Kennel a lui ravi la présidence dans le Bas-Rhin. Jean Raquin a été élu président du conseil général du Jura, le candidat divers droite ayant remporté la majorité des suffrages au bénéfice de l'âge à 72 ans. Sans surprise, le secrétaire d'Etat chargé des Transports Dominique Bussereau prend la tête de la Charente-Maritime. La droite conserve la présidence dans la Vienne, dans la Loire, en Côte d'Or et dans les Pyrénées-Atlantiques. L'UMP prend la présidence du conseil général de Mayotte.
101 conseils généraux votent jeudi pour désigner leurs présidents et consacrer la victoire du PS aux élections cantonales. La gauche a réuni 51% des suffrages au second tour de cette consultation, contre 44% à droite. Avant le renouvellement cantonal des 9 et 16 mars, la gauche présidait 51 départements et la droite 50.
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