© AFP- Eric FeferbergLe 1er tour des élections municipales de dimanche est un premier test d'ampleur nationale dix mois après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Certes, les électeurs font traditionnellement et majoritairement leur choix en fonction de considérations locales pour élire leur maire. Mais alors que la cote de popularité du chef de l'Etat n'en finit pas de plonger depuis janvier, l'opposition, Parti socialiste en tête, appelle l'électorat à lancer un "avertissement" au pouvoir dans l'espoir d'un vote sanction. Un vote sanction et donc une victoire qui lui permettrait de se relancer, alors même que la gauche n'a réglé aucune de ses querelles internes. La droite, au contraire, accuse l'opposition de rêver à tort d'un "troisième tour" de la présidentielle perdue et met en avant le caractère local du scrutin.
Nicolas Sarkozy, très en retrait pendant la campagne, et son Premier ministre François Fillon ont d'ailleurs prévenu : quel que soit le résultat, ils ne changeront pas de politique, douchant au passage les spéculations sur un important remaniement dans la foulée des municipales. Chaque camp à fixé ses objectifs : pour le patron du PS François Hollande, reconquérir 30 des 40 villes perdues en 2001 afin d'avoir "un peu plus de villes" de plus de 20.000 habitants dirigées par la gauche que par la droite (223 à droite contre 178 à gauche aujourd'hui).
Marseille, symbole du scrutin
Le patron de l'UMP Patrick Devedjian espère "gagner une quinzaine de grandes villes de plus de 30.000 habitants" aux municipales et conserver Marseille et peut-être Toulouse. La droite dirige actuellement un peu plus de la moitié des quelque 350 villes de plus de 30.000 habitants et chefs-lieux de départements. Selon les derniers sondages, la gauche devrait conserver sans trop de difficultés Paris, Lyon, Lille, Nantes ou Montpellier et pourrait conquérir des villes emblématiques comme Strasbourg ou Toulouse et remporter Caen, Rouen, Tarbes, Blois, voire Périgueux, ou Xavier Darcos, un des 22 membres du gouvernement candidats aux municipales, pourrait se trouver en difficulté.
Dans les plus grandes villes, la lutte sera extrêmement serrée, comme à Marseille où Jean-Claude Gaudin est talonné par le socialiste Jean-Noël Guérini. La perte de la deuxième ville de France serait vécue comme un "séisme" politique par l'UMP. Alain Juppé lui devrait conserver facilement Bordeaux.
Inquiet d'un possible effet démobilisateur, alors même que l'écart se resserrait dans les derniers sondages, les responsables de l'opposition ont appelé à la mobilisation, François Hollande lançant une mise en garde contre "le piège" des sondages. Et alors que le PS n'a toujours pas entamé réellement sa rénovation, le numéro 1 socialiste a promis que le parti ne prendrait pas "la grosse tête" en cas de succès. Le MoDem jouera de son côté une partie difficile, notamment François Bayrou à Pau. Le résultat des centristes sera aussi scruté à Paris, notamment dans la perspectives de futures alliances avec Bertrand Delanoë. Le Front national ne devrait quant à lui pas reprendre de couleurs après son effondrement à la présidentielle. Largement occultées par les municipales, les cantonales verront 8.520 candidats en lice au premier tour dimanche. Là encore, le PS, qui dirige déjà une majorité de départements depuis 2004, espère accroître son avantage à l'issue de ce scrutin.
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