François Bayrou © AbacapressLa partie va être très difficile pour François Bayrou dimanche prochain à Pau. Le patron du MoDem pourrait en effet affronter une triangulaire puisque le maire sortant Yves Urieta, ex-PS soutenu par l'UMP, a pris la décision "définitive" de maintenir sa candidature au deuxième tour des municipales, face à la candidate du PS et à François Bayrou. Yves Urieta est arrivé en troisième position au premier tour de scrutin, avec 27,80% des suffrages, derrière la liste PS de Martine Lignières-Cassou en tête avec 33,87% et celle du président du MoDem qui a recueilli 32,61%.
"J'ai déposé ma liste ce matin à la préfecture, il s'agit d'une décision définitive, prise à l'unanimité des membres de ma liste", a affirmé Yves Urieta. "Si vous regardez les résultats, cela se joue à trois points, tandis que 17.000 électeurs ne sont pas venus voter hier, tout est possible", a indiqué le maire sortant. Interrogé sur les offres faites par des responsables de l'UMP à François Bayrou en vue d'un soutien éventuel au deuxième tour, Yves Urieta a affirmé ne "pas en avoir été informé, pas même par téléphone". "De toutes façons cela ne m'aurait pas fait changer d'avis, nous ne sommes pas une liste UMP mais une liste de rassemblement", a-t-il ajouté.
Bayrou seul contre tous
Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin s'étaient dit prêts lundi matin à engager "une négociation globale" avec cet "allié naturel" du parti présidentiel en mettant dans la balance un soutien à François Bayrou à Pau. Yves Urieta a donc refusé d'obéir à toute consigne de la part de l'UMP, rejetée de toutes façons par le patron du MoDem. Petit réconfort pour François Bayrou, il a reçu le soutien d'Alain Juppé.
François Bayrou s'est lancé à la conquête de Pau, un pari qu'il savait risqué, à la tête d'une liste baptisée "PauConfiance" dans laquelle figure notamment en deuxième position la conseillère municipale ex-PS sortante, Josy Poueyto. Le chef de file du Mouvement démocrate a déclaré qu'il allait aborder le second tour "dans la clarté", en appelant les électeurs à faire le choix du "pluralisme" et de la "diversité".
Il a assumé un certain risque vis-à-vis de l'électorat socialiste, dans cette ville où Ségolène Royal a obtenu près de 55% des voix au second tour de la présidentielle, en agitant le spectre d'une mairie de Pau "verrouillée par les deux appareils du Parti socialiste et du Parti communiste". Au-delà de la prise de contrôle de la deuxième ville d'Aquitaine, la bataille de Pau s'inscrit dans un conflit entre Nicolas Sarkozy et le député béarnais, troisième homme de la présidentielle de 2007, fort des 18,5% de suffrages obtenus au premier tour, et qui ne fait pas mystère d'une nouvelle ambition présidentielle en 2012.
(D'après agence)
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