La droite va-t-elle limiter la casse ?

Par R.P, le 16 mars 2008 à 00h18 , mis à jour le 16 mars 2008 à 01h16

Ce 2nd tour des municipales présente un grand suspense lié à la mobilisation ou non des électeurs de l'UMP et à l'attitude des partisans du MoDem. Marseille va être le test national de ce scrutin.

Jean-Caude Gaudin - Jean-Noël GueriniJean-Caude Gaudin - Jean-Noël Guerini © LCI.fr

Comme l'affirmait vendredi soir un haut responsable de l'UMP proche de Nicolas Sarkozy, "le chef de l'Etat est déjà dans l'après-municipales et prépare la nouvelle étape de son quinquennat.". Le président de la République affirme à ses amis avoir compris le message de mécontentement des Français et notamment de son électorat lors du premier tour des municipales. Il va donc adopter un style plus "présidentiel" donc moins "extraverti" tout en renouant avec la proximité populaire et le terrain. Mais si la majorité est quelque peu rassurée par l'arrivée annoncée d'un "Sarkozy 2", elle s'inquiète de savoir comment les Français vont se comporter lors de ce second tour ?  Sanction nationale ou vote plutôt local comme dimanche dernier ? La direction de l'UMP confiait samedi vouloir croire à un rééquilibrage et espèrait ne perdre que 20 à 30 villes de plus de 30.000 habitants et en prendre une petite dizaine à la gauche.
 
Mais en réalité le suspense est très grand puisque le verdict dimanche soir va dépendre principalement de deux facteurs : la capacité de la droite à remobiliser ses électeurs déçus et le choix des électeurs du MoDem en fonction des alliances qui ont été nouées ici ou là. Les centristes, qui ont réussi à être au centre des débats de l'entre-deux tours en posant au coup par coup la question des accords, risquent de se retrouver sans élus à Paris, tandis que leur chef de file François Bayrou joue une partie très délicate à Pau où il était donné perdant dans les derniers sondages.

Marseille et Toulouse encore à droite dimanche soir ?
 
A droite comme à gauche, tous les regards vont être tournés ce soir vers Marseille, test national de ce second tour. Assuré de conserver Paris et Lyon, le parti de François Hollande pourrait, s'il l'emportait là-bas , s'enorgueillir de diriger alors les trois premières villes de France. La défaite de Jean-Claude Gaudin serait "un séisme pour l'UMP" confiait en fin de semaine un élu de droite qui ne voulait pas y croire, compte tenu des derniers sondages. La bataille pourrait se jouer toutefois à quelques centaines de voix, notamment dans le 3e secteur qui voient s'affronter Renaud Muselier et le socialiste Jean-Noël Guérini.  Une victoire de la gauche à Toulouse noircirait le tableau pour la majorité. Avec la prise possible de Strasbourg par la gauche, la droite ne détiendrait alors avec Bordeaux et Nice que deux des 10 villes de plus de 200.000 habitants. En revanche, si l'UMP parvenait à conserver Marseille et Toulouse, la gauche ne pourrait plus parler de vote sanction lors de ces municipales.
 
Côté cantonales, des élections plus politisées mais oubliées et où elle a nettement distancé la droite au premier tour (47,7% contre 40,8%), la gauche espère tirer encore mieux son épingle du jeu et conquérir jusqu'à 10 départements. Elle en détient pour l'heure 51 contre 50 à droite.
 
Nicolas Sarkozy, en forte baisse dans les sondages ces derniers mois et pour qui ces scrutins constituaient le premier test d'envergure nationale, a voulu voir dans les succès ministériels du 1er tour (Wauquiez, Chatel, Kosciusko-Morizet)  un "encouragement" pour son équipe et ses réformes. Il a d'ailleurs assuré avoir l'intention de ne rien changer à sa politique, quel que soit le résultat, tout en affirmant qu'il "tiendrait naturellement compte" du scrutin, en pensant sans doute à son style de gouvernance. Selon un sondage BVA-L'Express-Orange paru vendredi, plus de six Français sur dix (62%) veulent que le gouvernement change sa politique au lendemain des municipales même si une majorité de sympathisants UMP veulent que Nicolas Sarkozy et François Fillon ne changent rien à leurs projets. "Une grave défaite nous pousserait à poursuivre voire accélérer le rythme du changement", prévenait samedi un des leaders de la majorité.

Par R.P le 16 mars 2008 à 00:18
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