Hollande au siège du PS lundi matin"Sanction", "avertissement", "gifle": la presse française est quasi-unanime, lundi, pour voir dans le résultat du premier tour des élections municipales une mise en garde à Nicolas Sarkozy. Toutefois, les éditorialistes relèvent qu'il n'y pas eu de "raz-de-marée" à gauche. Le second tour donnera la portée réelle de ces élections. C'est pourquoi, à peine les résultats connus, réunions, négociations et grandes manœuvres ont commencé.
En théorie, près de 110 villes ou arrondissements de plus de 3500 habitants connaissent une situation de ballottage : plusieurs listes y ont obtenu plus de 10% dimanche soir, ce qui ouvre l'éventualité d'une triangulaire au second tour. A moins d'accords entre listes pour des fusions. Il faudra négocier tambour battant car les nouvelles listes doivent être déposées mardi, avant minuit (voir la liste complète des triangulaires possibles).
Hollande et Royal divergent sur l'alliance avec Bayrou
François Bayrou, le président du MoDem, a indiqué dès dimanche qu'il ne donnerait pas de "consignes générales" pour le second tour. Le leader centriste est lui-même en ballottage à Pau, derrière son opposante socialiste et devant le maire sortant, ex-PS soutenu par... l'UMP qui pourrait soutenir... François Bayrou au second tour ! Jean-Pierre Raffarin et Patrick Devedjian se sont en effet dit prêts lundi à engager "une négociation globale" avec le MoDem et notamment à Pau. Ce qui a fait dire à François Hollande que l'UMP lançait un "appel au secours" au MoDem car elle craint une "amplification de sa défaite".
Dimanche, Ségolène Royal avait fait les yeux doux au centriste, lui proposant des accords partout où cela est possible. Mais son ex-compagnon, François Hollande avait remis les pendules à l'heure lundi matin : le Parti socialiste n'est "pas dans une stratégie d'alliance" avec le MoDem. Ségolène Royal "a raison de dire qu'il faut travailler au rassemblement" mais "ça ne peut se faire que ville par ville" avec des candidats qui "aujourd'hui sont tentés de rejoindre la gauche".
Outre la capitale du Béarn, le statut de troisième force politique du pays pour le MoDem se joue aussi et surtout à Paris, où Marielle de Sarnez n'a pas réalisé le score attendu (lire notre article "Nuit blanche mais pas d'accord PS-Verts").
Fillon sur le terrain
A l'Elysée, où devait se tenir une réunion dans la matinée, comme à Matignon, l'heure est plutôt au soulagement. Les bons résultats des ténors du gouvernement (lire notre article sur les ministres au feu), la position favorable de Jean-Claude Gaudin à Marseille (lire notre article sur Lyon) et les résultats gauche-droite à l'échelle nationale (lire notre analyse des résultats) permettent dans les couloirs de la présidence d'écarter l'analyse du "vote-sanction". "Le second tour est plus que jamais entre les mains des électeurs", a dit François Fillon, qui a accusé l'opposition de "mélanger les enjeux" et d'"exacerber les clivages politiques".
Le président de la République et le Premier ministre devraient se répartir les rôles dans l'entre-deux tours. Nicolas Sarkozy sera mardi à Toulon, où le maire UMP sortant Hubert Falco a été réélu au premier tour : il y répétera ce qu'il avait annoncé dans le Figaro avant le scrutin : il maintient le cap, il ne remanie pas profondément son gouvernement, il ne lance pas de plan de rigueur. Comme avant le premier tour, François Fillon, fort de sa popularité dans les sondages, devrait aller au front pour rameuter les électeurs de droite dans les villes encore gagnables par sa formation.
Pas de triomphalisme au PS
Neuf mois après sa double défaite aux élections présidentielle et législatives, le Parti socialiste se refuse à tout triomphalisme. "Tout reste ouvert, rien n'est gagné ou joué", a dit le Premier secrétaire du PS, François Hollande. Contrairement à ce qu'avait dit son ex-compagne Ségolène Royal dimanche soir, l'élu de Tulles a précisé lundi sur France Info que A droite,
Les socialistes ont d'autant plus de raisons d'être prudents que le second tour des législatives de juin 2007 avait écrêté la vague bleue annoncée par le premier. Les élections régionales de 2004 leur rappellent aussi qu'un vote lors d'élections intermédiaires n'augure pas nécessairement de victoires aux échéances décisives.
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