François Hollande, sur le plateau de TF1, écoute le discours de Ségolène Royal, dimanche 6 mai 2007, peu après 20 heures. © TF1-LCIEn position d'arbitre pour le second tour des municipales, le MoDem sème la division à la tête du Parti socialiste. A quelques heures d'un bureau national important, son Premier secrétaire cherche à dissiper la dissonance avec son ex-compagne. Mardi sur Canal +, François Hollande a rectifié la stratégie d'alliance prônée par Ségolène Royal. "Elle fait la même expérience à chaque fois, elle tente à chaque fois de convaincre François Bayrou, elle fait en sorte que M. Bayrou soit devant sa responsabilité", a-t-il déclaré sur Canal +, évoquant la vaine tentative d'alliance avec le leader centriste entre les deux tours de l'élection présidentielle.
En décidant finalement de ne s'adresser qu'aux électeurs du MoDem lundi, "elle a elle-même corrigé" cette erreur, a-t-il ajouté, en soulignant que "le MoDem ne veut pas d'une stratégie d'alliance nationale" avec le PS, a répété le maire de Tulle. "François Bayrou ne fera aucune alliance tant qu'il n'aura pas réussi ou échoué à l'élection présidentielle. Comme je pense qu'il échouera, et bien mieux vaut construire un grand Parti socialiste avec une forte dynamique autour de lui et des alliances larges pour permettre une victoire en 2012", a jugé François Hollande.
Alliances ou non avec le MoDem: le PS tranche au cas par cas
La présidente du Poitou-Charentes est revenue à une position plus orthodoxe avec la ligne de son parti lundi, lançant "un appel aux électeurs du MoDem" à voter à gauche au second tour là où leur candidat ne sera plus en lice. Elle a critiqué le "grand écart" pratiqué par François Bayrou, signataire avec elle de l'appel de Marianne à "la vigilance républicaine" mais favorable à des alliances "au cas par cas" avec l'UMP ou le PS aux municipales. "On ne peut pas construire une alliance avec quelqu'un qui, d'abord, n'en veut pas et qui a comme seul objectif de victoire la ville de Pau qui est dirigée par la gauche depuis 1971," a lancé François Hollande à propos du leader du MoDem.
Ni alliance généralisée avec le MoDem, ni sectarisme: François Hollande a réaffirmé la position de la direction du PS. La ligne des socialistes, a-t-il souligné, obéit à "trois règles simples: accepter notre projet, nos alliances (avec les partenaires de gauche, ndlr), et avoir une position claire contre la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement". Des choix hétérodoxes n'en sont pas moins faits ici ou là au nom de considérations locales.
A Asnières dans les Hauts-de-Seine, les listes PS, MoDem et d'une candidate divers droite ont annoncé leur fusion pour faire chuter le maire sortant UMP Manuel Aeschlimann, l'attelage étant tiré par un jeune socialiste. "A force de faire dans le baroque, plus personne n'y retrouvera ses socialistes", avertit Benoît Hamon. L'attitude des électeurs du parti de François Bayrou sera déterminante dimanche prochain dans de nombreuses villes que la gauche espère gagner, comme à Marseille. Le MoDem peut aussi se maintenir dans 37 villes de plus de 30.000 habitants, et trois arrondissements parisiens, ce qui ferait le jeu du PS et de ses alliés.
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