Tiberi et Cohen-Solal font leur ultime marché

Par , le 14 mars 2008 à 15h27 , mis à jour le 14 mars 2008 à 17h35

Reportage - A quelques heures de la fin de la campagne, le maire sortant UMP et sa rivale ont battu le pavé de la rue Moufetard.

Jean Tiberi sur le marché Monge, dans le Ve arrondissement de Paris, le 14 mars 2008Jean Tiberi sur le marché Monge, dans le Ve arrondissement de Paris, le 14 mars 2008 © LCI / Axel Constantinoff

"Le maire d'arrondissement, c'est une élection de fantoche, on sait très bien que c'est Delanoë qui décide de tout. Ici, on ne votera pas pour un vrai maire". Très remonté, René, ce retraité qui réside dans le quartier depuis 45 ans n'a cure des tracts que l'armée de militants UMP, PS, MoDem et Verts lui tendent à chaque entrée du coquet marché Monge. Pourtant, ce scrutin est symbolique dans la bataille de Paris, puisque c'est un bastion détenu depuis 25 ans par la droite qui pourrait tomber dimanche. Lors du premier tour, la liste de l'ancien maire de Paris Jean Tiberi est arrivée en tête, mais le second tour s'annonce serré. Du coup, les deux listes lancent leurs dernières forces dans la bataille.
 
Pour Jeanne, retraitée à la soixantaine pétillante, cette campagne a été plus engagée qu'en 2001. "C'est toujours courtois, mais on a réellement senti ce coup-ci qu'il y avait un enjeu majeur dans notre arrondissement". "C'est vrai", renchérit Fabienne, mère au foyer, "la tension était palpable entre Tiberi et Cohen-Solal, même s'ils sont restés mesurés dans leurs attaques personnelles". Pour le maraîcher, dont la file d'attente s'allonge à vue d'œil, cette campagne a aussi eu un parfum particulier. "On a senti les clients plus impliqués, ça parle, ça débat énormément plus qu'auparavant". 

"Ça parle, ça débat énormément plus qu'auparavant"

"J'aurais souhaité une alliance avec le MoDem"
Jean Tiberi (UMP) 

Signe de l'importance de l'enjeu, on croise presque plus de militants que d'habitants. En tout, une trentaine de militants, dont certains sont venus d'autres arrondissements, arpente le marché, qui ne compte guère plus d'une cinquantaine d'étals. C'est le cas de Gérard, 50 ans, un militant PS du 11e arrondissement. "On espère que les électeurs vont voter utile", dit-il, en tentant de convaincre les gens de ne pas voter pour la liste MoDem, qui s'est maintenue au second tour, faute d'accord avec le PS ou l'UMP. 
 
Juste en face de lui, Frédéric, jeune militant MoDem de 28 ans qui milite habituellement dans le 18e. "De notre côté, on ne va pas se focaliser sur un score. Car au-delà du score, nous avons souhaité nous maintenir pour apporter une véritable alternative aux électeurs". "Ce que nous voulons, c'est mettre un terme à cette guerre des chefs qui a lieu dans le Ve arrondissement depuis des années", conclut-il. A quelques pas de là, Flavie Martin, militante des Verts présente sur la liste d'union PS/Verts, est elle globalement satisfaite. "Peu à peu, nos idées passent. Ce n'était pas le cas auparavant". En revanche, silence radio côté militants UMP. Ils ont manifestement reçu des consignes...
 
Des candidats inquiets
 
Après avoir préparé le terrain, les militants s'effacent pour laisser la place aux têtes de listes. La tactique de chacun est différente, mais à 48 heures du scrutin, on a soigneusement tout fait pour éviter de se croiser. Philippe Meyer et Lyne Cohen-Solal se sont partagés la matinée, arpentant les allées à la rencontre des électeurs. A la mi-journée, Jean Tiberi attend lui patiemment l'électeur au centre du marché, près de la fontaine, sa femme Xavière à ses côtés. "Je suis satisfait du premier tour, même si le second tour risque d'être plus que serré", dit-il. "J'aurais souhaité une alliance avec le MoDem, mais je pense malgré tout que nous avons toutes nos chances", avance prudemment le maire sortant.

Lynne Cohen-Solal sur le terrain, le 14 mars 2008
              Lyne Cohen-Solal (PS)

Tout comme Jean Tiberi, le discours de Lyne Cohen-Solal est bien rodé. La candidate PS s'est exilée Place de la Contrescarpe, à deux rues du stratégique marché Monge, pour parler à la presse. Comme dans beaucoup de communes, les électeurs du MoDem joueront un rôle déterminant dans le Ve arrondissement. La candidate PS le sait, et reprend l'argumentaire entendu chez les militants. "Il faut que les gens le sachent. Voter pour la liste MoDem ne servira à rien, puisque Philippe Meyer ne sera ni maire du Ve, ni conseiller municipal. Nous appelons au vote utile". Convaincue qu'elle peut l'emporter mais visiblement inquiète, Lyne Cohen-Solal tente de se rassurer : "Nous n'avons rien à perdre, tout à gagner". Aucun triomphalisme donc, car d'un côté comme de l'autre, on est conscient que la victoire ne sera que très courte...

Delanoë : remporter le Ve serait "historique"

Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a affirmé  jeudi soir que l'élection de la candidate socialiste Lyne Cohen-Solal à la place  du maire sortant UMP Jean Tiberi dans le Ve arrondissement aurait un "petit côté historique". "Il faut changer l'équipe qui dirige depuis trop de décennies le Ve arrondissement. Mais seul le bulletin de vote pour Mme Cohen-Solal pourra donner au Vème le  changement qu'il mérite" a prévenu Bertrand Delanoë, souhaitant que la candidate  socialiste "incarne la nouvelle donne démocratique".

Par Axel Constantinoff le 14 mars 2008 à 15:27
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1 Commentaires

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  • Jean Bonnot, le 14/03/2008 à 19h11

    Faire le marché sans panier ou caddy est très suspect !

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