Image d'archives © LCI Face aux critiques des défenseurs des droits de l'Homme qui leur reprochent leur manque de pugnacité vis-à-vis de Pékin, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner expliquent leur stratégie dans le débat sur un éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin. Mardi, le chef de l'Etat avait haussé le ton contre la Chine, en affirmant que "toutes les options étaient ouvertes".
Mercredi, c'est au tour du ministre des Affaires étranges de s'expliquer dans les colonnes du Parisien. Il répète que "boycotter les jeux n'aurait aucune efficacité". "Pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, nous verrons en fonction de l'évolution de la situation. Nous allons en parler à 27, vendredi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne", poursuit-il. "Ce serait formidable si nous pouvions dégager une position commune", espère-t-il. Bernard Kouchner estime qu'il ne faut pas "offenser les Chinois", mais "avoir de la patience, de la patience, de la patience". "Je dis que pour faire accepter certaines avancées aux Chinois, mieux vaut ne pas les braquer. On doit tenir compte de la réalité", explique-t-il. "Le dalaï lama ne réclame pas le boycott. Ne soyons pas plus tibétains que les Tibétains", conclue-t-il. Interrogé sur d'éventuels "états d'âme" dus à sa présence au gouvernement, Bernard Kouchner affirme : "Bien sûr mais, pour le moment, la barque de l'amour ne s'est pas heurtée à la vie quotidienne".
Un député UMP et "l'esprit collabo" de Kouchner
De son côté, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade s'était exprimée mardi à l'issue de son audition mardi à l'Assemblée nationale par des députés du groupe d'études sur le Tibet. "Il n'est pas d'usage qu'un membre du gouvernement vienne devant le groupe d'études, mais je suis venue parce que je trouve que le sujet du Tibet est suffisamment important pour écouter les parlementaires", avait-elle dit. Les députés du groupe "ont déjà rencontré le Dalaï lama à Darhamsala" et "ils ont une sensibilité particulière que j'ai trouvé utile d'entendre", a-t-elle poursuivi. Durant cette réunion de près de deux heures, "je leur ai expliqué la position française: quelles contraintes il faut prendre en considération, comment au niveau européen on peut agir et voir par rapport à la question du boycott ce qui est faisable et ce qui ne l'est pas". "Ces Jeux olympiques sont un événement sportif qui prend une connotation politique forte aujourd'hui", avait souligné Rama Yade.
"Nous avons en Rama Yade une personne très attentive, beaucoup plus réceptive que son ministre de tutelle Bernard Kouchner", s'était félicité Lionnel Luca (UMP), président du groupe Tibet, qui compte aujourd'hui 65 députés. Il est vrai que ce député n'a pas hésité mardi à utiliser le mot de "collabo" à propos de la ligne fixée par le ministre des Affaires étrangères.
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