Mise à l'eau du terrible devant Sarkozy

le 21 mars 2008 à 07h19 , mis à jour le 21 mars 2008 à 16h05

Le chef de l'Etat assiste ce matin à l'inauguration du dernier né des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins français, qui sera opérationnel en 2010.

Le TerribleLe Terrible

Le dernier fleuron de la marine militaire française est mis à l'eau ce matin à Cherbourg, en présence de Nicolas Sarkozy. Le Terrible, sous-marin nucléaire lanceur d'engins, devrait être opérationnel en 2010. A l'occasion de cette inauguration, dix mois après son élection, le président de la République devrait rappeler l'attachement de la France à la dissuasion nucléaire et réaffirmer le maintien de ses deux composantes, navale et aérienne, coupant court aux débats sur la pertinence de la seconde. Pour autant, le président Sarkozy devrait annoncer une réduction en nombre d'appareils de cette composante aérienne "en application du principe de stricte  suffisance", indique-t-on à l'Elysée. On parle d'un tiers d'appareils en moins  environ. Les 60 Mirage 2000-N actuels doivent commencer à être équipés de missiles de  nouvelle génération et céder progressivement la place à des Rafale plus  performants dès 2009, fait-on observer.
 
Sur le désarmement et la lutte contre la prolifération nucléaire, la France devrait invoquer le principe de réciprocité, faisant valoir qu'elle est  "exemplaire" pour avoir été la première à signer et ratifier le Traité d'interdiction complète des essais nucléaire et avoir démantelé son site  d'essais de Mururoa, dans le Pacifique. Se plaçant à l'horizon 2010, date de la révision du Traité de  non-prolifération nucléaire (TNP), Nicolas Sarkozy doit appeler les pays qui ont  signé le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, mais ne l'ont pas  encore ratifié, à le faire. Parmi eux figurent deux membres permanents du Conseil de sécurité, les  Etats-Unis et la Chine, mais aussi d'autres pays, comme l'Iran.
 
Politique de dissuasion crédible
 
Le président devrait également appeler à un démantèlement des sites d'essais nucléaires, inciter à l'ouverture de discussions pour parvenir à davantage de  transparence sur les arsenaux et promouvoir un nouveau traité. Celui-ci  porterait sur l'interdiction des missiles sol-sol dits à courte portée ou portée intermédiaire, susceptibles d'emporter des charges nucléaires. Deux ans plus tôt, le 19 janvier 2006, Jacques Chirac avait imprimé plusieurs inflexions à la doctrine nucléaire française, envisageant des ripostes  aux Etats recourant au terrorisme, pour protéger les alliés de la France ou les  approvisionnements stratégiques.
 
Sur cette question de doctrine, son successeur Nicolas Sarkozy devrait en  revanche préférer laisser planer le doute sur la nature des intérêts vitaux  susceptibles d'entraîner une riposte nucléaire de la France, doute  consubstantiel au principe même la dissuasion. Restituant ce débat sur la dissuasion dans le contexte plus général de la  politique de défense de la France, Nicolas Sarkozy doit également garantir à Cherbourg que le budget de la défense, qui avoisine aujourd'hui les 2% de la  richesse nationale, ne baissera pas en euros constants. Il devrait ainsi délivrer un message à double détente : la France est résolue, elle ne baisse pas la garde, elle entend conserver une politique de dissuasion crédible, mais sans renoncer pour autant aux voies de la paix.

D'après agence

le 21 mars 2008 à 07:19
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