A Perpignan, "la révolte des chaussettes" prend fin

Par A.C. (avec agence), le 23 mars 2008 à 14h19 , mis à jour le 23 mars 2008 à 14h24

L'opposition, qui accuse la majorité d'avoir multiplié les irrégularités, attend désormais le verdict du recours en invalidation du scrutin.

Des manifestants à Perpignan, le 21 mars 2008, suite aux révélations de fraude à la chaussette aux municipales. Des manifestants à Perpignan, le 21 mars 2008, suite aux révélations de fraude à la chaussette aux municipales.

Leur slogan aurait pu être "aux chaussettes citoyens"... Il va falloir maintenant les ranger au placard. Après une semaine de manifestations, la gauche perpignanaise met fin à "la révolte des chaussettes", qui cherchait à dénoncer la fraude ayant selon elle entaché le second tour des élections municipales du 16 mars. Au cours du dépouillement, le président d'un bureau de vote de la ville avait été surpris en flagrant délit, alors qu'il rajoutait sur la table de décompte des bulletins en faveur du maire sortant, jusque-là dissimulés dans sa chaussette gauche.

Plus d'infos

 
"Après notre dernière action de samedi soir, nous avons décidé d'arrêter nos manifestations. Le temps de la justice est maintenant venu, avec le recours en invalidation de ce scrutin que nous avons déposé", a déclaré Jacqueline Amiel-Donat, tête de liste socialiste opposée au maire sortant UMP, Jean-Paul Alduy. Ce dernier l'a emporté dimanche avec 574 voix d'avance, mais le PS, associé au MoDem lors du scrutin, accuse la majorité municipale d'avoir multiplié les irrégularités. "Dans notre recours en invalidation, nous avons recensé une quinzaine d'autres motifs d'annulation liés à d'autres fraudes que nous avons découvertes malgré la loi du silence que Jean-Paul Alduy a tenté d'imposer sur sa ville", avance la candidate socialiste.
 
"Filouteries électorales", "système mafieux"
 
Le tribunal administratif de Montpellier dispose désormais d'un délai maximum de trois mois pour se prononcer. "Il existe certes un délai maximum de trois mois mais il est rarement respecté par le tribunal administratif qui est surchargé de travail", souligne Jacqueline Amiel-Donat. "Il ne faut pas espérer une première audience avant l'automne, c'est normal. Et si la justice nous donne raison, alors il y aura forcément appel devant le Conseil d'Etat, soit encore un an d'attente", estime-t-elle.
 
Le président du bureau de vote suspecté de fraude avait été placé en garde à vue dans la soirée de dimanche puis relâché mardi soir, après avoir été placé sous contrôle judiciaire strict et mis en examen pour fraude électorale. Depuis, plusieurs centaines de manifestants se réunissaient chaque soir devant la mairie de Perpignan en brandissant des chaussettes afin de dénoncer les "filouteries électorales", selon eux, de Jean-Paul Alduy. De son côté, le maire sortant a porté plainte pour diffamation contre son adversaire, après que cette dernière ait publiquement évoqué à plusieurs reprises un "système mafieux". C'est dans un climat houleux que Jean-Paul Alduy a été réélu maire de Perpignan vendredi par le nouveau Conseil municipal, lors d'une réunion boycottée par plusieurs membres de l'opposition.

Par A.C. (avec agence) le 23 mars 2008 à 14:19
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1 Commentaires

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  • Alain, le 23/03/2008 à 18h03

    Laissons la justice faire son travail et ensuite citoyens nous pourrons exprimer notre opinion.

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