Pour Baroin, l'UMP n'a pas "trouvé ses marques"

le 23 mars 2008 à 16h42 , mis à jour le 23 mars 2008 à 18h17

François Baroin, député-maire de Troyes et conseiller politique de l'UMP, appelle la majorité à tirer les conséquences d'une "défaite sévère" aux municipales.

François Baroin sur Canal + (23 mars 2008)François Baroin sur Canal + (23 mars 2008) © DR

"Nous venons de vivre une défaite. Le nier serait ridicule". Dès vendredi, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, avait appelé la majorité à la "lucidité". Et à la poursuite des réformes : "Les Français attendent de nous du courage dans la démarche, de la clarté dans nos réformes et de la concertation, pour que personne ne se sente exclu du débat. Nous entrons dans l'acte II de la présidence de Nicolas Sarkozy. Nous avons deux ans sans élection locale. Ces deux années doivent être mises à profit pour lancer, accélérer et réussir les réformes que nous devons engager".

Ce dimanche, c'est le conseiller politique de l'UMP, un fidèle de Jacques Chirac, qui poursuit l'autocritique et l'analyse du choc des municipales : pour François Baroin, la majorité doit véritablement en tirer les leçons. "Il s'agit d'une défaite sévère, je crois qu'il faut le dire, il faut le souligner, en tirer les conséquences", a souligné le député-maire de Troyes sur Canal +. Il a également estimé que l'UMP n'avait pas encore "trouvé ses marques" et l'a appelée à faire "entendre une voix qui soit sur ses valeurs gaullistes, sociales, républicaines", pas une voix qui se "résume aux problèmes des Hauts-de-Seine".

"L'impatience" des Français qui manquent de "réponses"

S'attachant aux raisons de la défaite aux municipales, François Baroin a dressé un constat sévère : "Ce n'est pas un simple rééquilibrage par rapport à 2001", a-t-il estimé, en évoquant "dans les sites urbains, dans les zones urbaines les questions sur le pouvoir d'achat, les interrogations concernant les retraites". Selon lui, "une série de causes" ont joué : "une ambiance nationale incertaine, peut-être également des choix incertains sur des candidats qui ont provoqué beaucoup de dissidence". François Baroin a cité le cas de Reims où la guerre d'investiture entre les anciens ministres UMP Renaud Dutreil et Catherine Vautrin a fait basculer la ville à gauche.

"Les réponses par rapport à l'impatience suscitée au lendemain de l'élection présidentielle n'ont pas été apportées", a aussi jugé le maire de Troyes en évoquant le pouvoir d'achat. "C'est normal, parce que l'action du président de la République c'est sur cinq ans et pas sur huit mois", qu'elle se juge, a-t-il toutefois ajouté.

D'après agences

le 23 mars 2008 à 16:42
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