© AFP- Eric FeferbergDimanche à 18 heures, François Fillon s'est rendu à l'Elysée pour analyser avec Nicolas Sarkozy les premières remontées du terrain. Les deux hommes ont pris connaissance de la réalité : le pouvoir en place n'a pas réussi à remobiliser son électorat dans l'entre-deux-tours et subit dimanche soir une lourde défaite. Les appels à la mobilisation et les nombreux déplacements de François Fillon la semaine dernière n'auront pas suffi à éviter ce dimanche "un vote sanction", comme l'a qualifié ce soir sur TF1 Ségolène Royal. Prenant le contre-pied de cette analyse, François Fillon a affirmé qu'il était "malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales", estimant que le vote des Français ne devait pas être "instrumentalisé". Au nom du MoDem, François Bayrou a exprimé un "regret" après sa défaite à Pau, évoquant une "instabilité politique" qui nécessitait de "construire un centre fort".
Selon les résultats définitifs, la gauche parvient à faire basculer dans son camp 42 villes de plus 30.000 habitants, chefs lieux de départements ou arrondissements de Paris, ce qui fait dire à François Hollande qu'elle devient un "contre-pouvoir" local. L'ampleur de la défaite de la droite est encore plus visible sur les villes de plus de 100 000 habitants : parmi les 37 villes, la droite en détenait 21 (dont Marseille, Toulouse, Nice, Bordeaux et Strasbourg) avant les municipales, la gauche 16 (dont Paris, Lyon, Nantes, Lille, Montpellier et Rennes). La droite a conservé dès le premier tour Bordeaux et Toulon, la gauche Lyon, Nantes, Dijon, Le Mans, Limoges, Besançon et a conquis Rouen. A l'issue de ces deux tours, la gauche domine désormais très largement dans les villes de plus de 100.000 puisqu'elle en détient 25 contre 12 à la droite. Selon François Hollande, le parti a dépassé "l'objectif" que lui-même avait fixé de conquérir "30 villes de plus de 20.000 habitants ". La victoire de la gauche est encore plus nette dans les élections cantonales avec 51% des voix contre 44% pour l'UMP et le Nouveau Centre.
![]() |
| Agrandir la carte des villes qui basculent |
Selon les résultats définitifs, l'UMP subit dimanche soir de lourdes pertes :
- A Amiens, Gilles de Robien perd son fief, face au socialiste Gilles Demailly (56,21% contre 3,794). Maire depuis 1989, l'ancien ministre de l'Education de Dominique de Villepin s'était déjà fait devancé au premier tour. Avec 55% de participation seulement, Amiens avait été, au premier tour, la ville de France de plus de 100 000 habitants où l'abstention avait été la plus forte.
- A Toulouse, la liste UMP-MoDem de Jean-Luc Moudenc est battue par le socialiste Pierre Cohen (49,58% contre 50,42% pour la gauche). Dans la ville, l'ambiance était à la liesse à la permanence du candidat PS et dans les rues menant vers la place du Capitole, siège de l'hôtel de ville.
- A Strasbourg, Roland Ries, allié aux Verts, a largement remporté le second tour avec 58,3% face au maire sortant UMP Fabienne Keller (41,7%). La droite, qui après douze ans de règne de la gauche avait repris cette ville à Catherine Trautmann en 2001 avec 50,8% des voix, n'aura pu être reconduite
- A Reims, la campagne avait été serrée mais la défaite est sans appel pour Catherine Vautrin qui portait les couleurs de l'UMP: elle est écrasée par la socialiste Adeline Hazan (56% contre 44%). La droite paie cher ses divisions dans la capitale du champagne.
- A Caen, la gauche avait raison d'y croire. La liste d'union de la gauche menée par le socialiste Philippe Duron à Caen a remporté l'élection municipale au second tour avec 56,26% des suffrages, selon des résultats définitifs communiqués par la mairie. Cette ville n'a jamais été gérée par la gauche. Elle était jusqu'à présent gérée par Brigitte Le Brethon (UMP).
- A Angers, le maire sortant PS Jean-Claude Antonini aura sans doute bénéficié de bons reports de voix d'extrême-gauche puisque il réussirait à conserver sa ville, face à Christophe Béchu, un UMP qui avait fait alliance avec le MoDem.
- A Pau, François Bayrou est battu d'extrême justesse par la candidate de gauche, avec 38,81% des suffrages contre 39,76% pour Martine Lignières-Cassou. Le maire sortant Yves Urieta recueille 21,42% des voix. Le patron du MoDem a expliqué sa défaite par des "manoeuvres", visant sans le nommer Nicolas Sarkozy.
- A Périgueux, le second tour s'annonçait périlleux pour Xavier Darcos, il tient toutes ses promesses. Le maire UMP sortant est battu par le socialiste Michel Moyrant avec 49,5, contre 50,5.
- A Paris, Jean Tiberi reste invincible dans le 5e; la candidate PS Lyne Cohen-Solal arrive 2ème, le candidat du MoDem Philippe Meyer est dernier. Dans le 17e, Françoise de Panafieu gagne avec 52,7% des voix tandis que dans le 1er, Jean-François Legaret conserve son fauteuil. C'est une victoire sans paillettes pour Bertrand Delanoë, ternie pas la défaite d'Anne Hidalgo dans le 15e.
- A Metz, le candidat de droite Jean-Marie Rausch est battu par la gauche. Metz aura son premier maire de gauche depuis 1848, en raison surtout des divisions à droite. "Nous payons le prix des divisions" dans plusieurs villes, a d'ailleurs réagi le ministre du Travail Xavier Bertrand dimanche soir.
- A Blois, la ville a été reprise par la gauche, la liste emmenée par Marc Gricourt (PS) ayant battu haut la main, avec plus de 60% des voix, celle du maire sortant Nicolas Perruchot (NC), "tombeur" de Jack Lang en 2001.
- Au Havre, le maire UMP Antoine Rufenacht conserve sa ville avec 54,7% des voix contre 45,3% à à celle de gauche conduite par le député PCF Daniel Paul qui n'a pas fait le plein des voix dans son camp.
La carte des résultatsScores dans les villes de plus de 30.000 habitants en cliquant ici | Les résultats dansvotre commune grâce à un moteur de recherche sur les 36.000 communes, cliquez-ici. |
![]() |
| La droite a de l'humour... sur LCI.fr |
Retour MYTF1




Chargement en cours...




