"La gauche confirme", titre L'Humanité, lundi, en commentaire du second tour des municipales © TF1 - LCI"La gauche transforme l'essai du premier tour", constate Le Figaro, qui note que "la compétition pour le contrôle du PS a commencé dès hier soir avec les déclarations rapides de François Hollande et Ségolène Royal". "Et bling!", ironise Libération. "En dépit de Marseille qui reste à droite, le scrutin sanctionne le président et sa politique", écrit le journal. Aujourd'hui en France/Le Parisien évoque pour sa part "la déferlante du PS" qui "rafle la mise même si l'UMP conserve Marseille".
"La gauche confirme", se réjouit L'Humanité. Même titre pour La Tribune, qui y voit "un avertissement pour Nicolas Sarkozy" et souligne que "l'abstention a atteint un niveau record proche de 35% au second tour des municipales, soit le taux le plus élevé depuis 1959". "Municipales: net succès de la gauche, la majorité garde le cap", affiche en Une Les Echos. "Sarkozy n'entend faire que des ajustements dans la composition du gouvernement", note le journal économique. "Sarkozy acte II", anticipe France Soir.
Un rejeton "disputé"
La "vague rose" aux municipales et aux cantonales est interprétée comme un "vote-sanction" contre le gouvernement, lundi, par la presse française, qui s'inquiète aussi de l'"abstentionnisme record" qui a marqué ces élections. Les éditorialistes sont unanimes à constater la défaite sans appel de la droite, qualifiée de "vote sanction" (Jean-Christophe Giesbert dans La Dépêche du Midi, Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées et Patrice Carmouze dans L'Eclair des Pyrénées), ou de "déroute" (Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace).
Après ce "médiocre résultat", Etienne Mougeotte estime dans Le Figaro qu'"il faut incontestablement accélérer le rythme du changement". Dans Libération, Laurent Joffrin parle d'un "désaveu cinglant". Avant de tempérer: "La gauche pavoise (...) Mais cette victoire est aussi lourde de menaces (...) Déjà, les nombreux pères et mères de la victoire se disputent le rejeton". Même son de cloche à L'Humanité, sous la plume de Pierre Laurent: "La sanction est claire et nette". "Ce n'est pas seulement le style présidentiel qui vient d'être renvoyé dans les cordes mais bel et bien le cap de la politique gouvernementale", estime l'éditorialiste.
Ni programme, ni équipe
Erik Izraelewicz, pour La Tribune, s'inquiète de "l'abstention record d'hier (qui) montre que le fossé entre les deux grands partis de gouvernement et l'opinion reste profond". "Ce vote est aussi un appel à clarification, en matière de politique économique et sociale notamment", estime-t-il. Dans Ouest-France, Michel Urvoy fait le même constat : "Un Français sur trois ne s'est pas déplacé. Les municipales (...) n'ont pas réenchanté les foules ni déjoué le piège de l'abstention choisie". "La sanction est suffisamment claire pour qu'elle ait des conséquences immédiates", conclut-il.
"Que va faire notre Président ?", s'interroge Francis Brochet dans Le Progrès. "Il avait dit qu'il tiendrait compte des résultats : le voilà au pied du mur", juge Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi, et ce d'autant plus que "la sanction concerne moins la politique du gouvernement que le style du président" (Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain). Mais "pour le Parti socialiste, la difficulté reste entière de transformer un jour en succès national la répétition de ses bonnes fortunes régionale, départementale et municipale", avertit Marc Chevanche dans Nice-Matin.
"Les socialistes ne semblent toujours pas pressés de s'accorder sur un programme commun, ni de se présenter en équipe cohérente", déplore Jules Clauwaert dans Nord-Eclair. Le Midi libre, sous la plume de Roger Antech, résume le sentiment général: "Le PS a retrouvé cette belle santé électorale qui chancelle pourtant à chaque présidentielle et qui s'abîme si souvent dans les querelles internes".
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