La "vague rose" ternie par un "abstentionnisme record"

Par L.I. (d'après agence), le 17 mars 2008 à 07h00 , mis à jour le 17 mars 2008 à 09h08

La victoire de la gauche au second tour des élections municipales, hier, est à la Une de la presse nationale, lundi.

Revue de presse"La gauche confirme", titre L'Humanité, lundi, en commentaire du second tour des municipales © TF1 - LCI

"La gauche transforme l'essai du premier tour", constate Le Figaro, qui note que "la compétition pour le contrôle du PS a commencé dès hier soir avec les déclarations rapides de François Hollande et Ségolène Royal". "Et bling!", ironise Libération. "En dépit de Marseille qui reste à droite, le scrutin sanctionne le président et sa politique", écrit le journal. Aujourd'hui en France/Le Parisien évoque pour sa part "la déferlante du PS" qui "rafle la mise même si l'UMP conserve Marseille".

"La gauche confirme", se réjouit L'Humanité. Même titre pour La Tribune, qui y voit "un avertissement pour Nicolas Sarkozy" et souligne que "l'abstention a atteint un niveau record proche de 35% au second tour des municipales, soit le taux le plus élevé depuis 1959". "Municipales: net succès de la gauche, la majorité garde le cap", affiche en Une Les Echos. "Sarkozy n'entend faire que des ajustements dans la composition  du gouvernement", note le journal économique. "Sarkozy acte II", anticipe France Soir.

Un rejeton "disputé"

La "vague rose" aux municipales et aux cantonales est interprétée comme un "vote-sanction" contre le gouvernement, lundi, par la presse française, qui s'inquiète aussi de l'"abstentionnisme record" qui  a marqué ces élections. Les éditorialistes sont unanimes à constater la défaite sans appel de la  droite, qualifiée de "vote  sanction" (Jean-Christophe Giesbert dans La Dépêche du Midi, Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées et Patrice Carmouze dans L'Eclair des Pyrénées),  ou de "déroute"  (Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace).
 
Après ce "médiocre résultat", Etienne Mougeotte estime dans Le Figaro qu'"il  faut incontestablement accélérer le rythme du changement". Dans Libération, Laurent Joffrin parle d'un "désaveu cinglant". Avant de tempérer: "La gauche pavoise (...) Mais cette victoire est aussi lourde de  menaces (...) Déjà, les nombreux pères et mères de la victoire se disputent le rejeton". Même son de cloche à L'Humanité, sous la plume de Pierre Laurent: "La  sanction est claire et nette". "Ce n'est pas seulement le style présidentiel qui vient d'être renvoyé dans les cordes mais bel et bien le cap de la politique gouvernementale", estime l'éditorialiste.
 
Ni programme, ni équipe
 
Erik Izraelewicz, pour La Tribune, s'inquiète de "l'abstention record d'hier (qui) montre que le fossé entre les deux grands partis de gouvernement et l'opinion reste profond". "Ce vote est aussi un appel à clarification, en matière de politique économique et sociale notamment", estime-t-il. Dans Ouest-France, Michel Urvoy fait le même constat : "Un Français sur  trois ne s'est pas déplacé. Les municipales (...) n'ont pas réenchanté les  foules ni déjoué le piège de l'abstention choisie". "La sanction est suffisamment claire pour qu'elle ait des conséquences immédiates", conclut-il. 

"Que va faire notre Président ?", s'interroge Francis  Brochet dans Le Progrès. "Il avait dit qu'il tiendrait compte des résultats : le voilà au pied du mur", juge Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi, et ce d'autant plus que "la  sanction concerne moins la politique du gouvernement que le style du président"  (Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain). Mais "pour le Parti socialiste, la difficulté reste entière de transformer un jour en succès national la répétition de ses bonnes fortunes régionale, départementale et municipale", avertit Marc Chevanche dans Nice-Matin.
 
"Les socialistes ne semblent toujours pas pressés de s'accorder sur un  programme commun, ni de se présenter en équipe cohérente", déplore Jules  Clauwaert dans Nord-Eclair. Le Midi libre, sous la plume de Roger Antech, résume le sentiment général: "Le PS a retrouvé cette belle santé électorale qui chancelle pourtant à chaque présidentielle et qui s'abîme si souvent dans les querelles internes".

Par L.I. (d'après agence) le 17 mars 2008 à 07:00
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10 Commentaires

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  • Philippe, le 17/03/2008 à 12h33

    L'abstention était prévisible puisque quoi qu'on vote, les élus n'en font qu'à leur tête. (exemple récent avec l'Europe). Si on vote pour eux ils vont se la péter et se croire autorisé à faire telle ou telle action sous prétexte qu'ils sont élus. Et puis beaucoup de maires sont mal élus : moins de 52%. Ca veut dire qu'ils n'ont pas de charisme, que ce sont des mous. Nicolas Dupont Aignan est le maire le mieux élu de France (hormis les municipalités à liste uique évidemment) : 80% dès le premier tour. Ca c'est un plébicite. Comme quoi la droite souverainiste gère très bien le local (de Villiers : 80% aux cantonales également) et ose se montrer en désaccord avec Sarko en évitant l'extrémisme.

  • Mumus, le 17/03/2008 à 12h14

    La stratégie de démolition de l'image de Nicolas Sarkozy par la gauche et ses allés médiatiques a finit par payé; mais l'addition rique d'être salée pour ceux qui croient encore que les maires de gauche vont faire baisser les prix de l'essence, des produits alimentaires, des matières premières, de l'euro face au dollar, et qu'en même temps ils vont augmenter les salaires, les retraites et les aides sociales en tout genre. Il faut s'attendre au contraire à ce que les salariés et les entreprises de ces communes soient taxés un maximum pour la grande distribution des cadeaux électoraux promis au bon peuple de gauche. François Hollande à demandé aux maires de ne pas augmenter les impôts, qu'a celà ne tienne, on augmentera les emprunts et les futurs élus paieront l'addition, vieille recette socialiste électoraliste; quel gachis!

  • Jean Jacques, le 17/03/2008 à 11h56

    Ce dont personne ne parle (et que personne ne voit), c'est les Sénatoriales qui se profilent en fin d'année. Avec les cantonales qui ont donné le résultat que l'on sait, les grands élécteurs risquent fort de faire passer le Sénat à gauche (dont la droite détient actuellement une courte majorité Ce sera une première dans la république, et si ce n'est pas cette année, ce sera pour 2011 avec le changement de mode de scrutin à cette date (renouvellement de la moitié et non du 1/3 comme aujourd'hui). Quand on voit les résultats sarkozystes après seulement 10 mois de pouvoir (47 au lieu de 53 % pour tte la droite) , je me marre déja de ce que ça sera en fin de mandat, qui plus est avec un Sénat passé lui aussi dans l'opposition. Merci de me publier.

  • Cédric, le 17/03/2008 à 11h40

    Il faudrait que le ps et l'ump comprennent que l'on en a marre de leurs magouilles et de leurs suffisances... On a pas voté pour l'un ou l'autre mais par deception pour son adversaire. Leurs programmes sont tous aussi creux depuis des décennies...

  • Marie, le 17/03/2008 à 11h24

    Ils nous ont encore prouvé hier soir que les personnes politiques de gauche sont toujours aussi arrogants, violents dans leurs propos et meme pour certains dangereux pour la france,qu'ils fassent revenir stauskann, le seul de ce parti pitoyabe qui a du charisme, des idées, et qui s'est se contenir

  • Corinne, le 17/03/2008 à 09h46

    Le Général De Gaulle disait : "LES FRANCAIS SONT DES BOEUFS !" et hier, cela s'est confirmé ! PAUVRE FRANCE ! Parce que cela ne plait pas à la PRESSE FRANCAISE, il va falloir que Nicolas Sarko laisse au vestiaire son côté Bing Bing pour en tirer les leçons qui s'imposent. Cependant, mis à part son habituel lynchage envers l'UMP et ses luttes intestines au sein de son parti, que propose réellement le PS ? RIEN ! RIEN de RIEN ! Pour le PS, il ne s'agit que de lutte de pouvoir ! Alors, poursuivons les réformes sans quoi, l'immobilisme va nous tuer! ça serait gentil de me publier ! Merci !

  • Accordlin, le 17/03/2008 à 09h27

    Défaite de la droite. Oui. Vote-sanction : Non. Ce sont des choix locaux. Sur le plan national : 1% d'écart de voix entre la droite et la gauche (48,68% contre 47,59%), pour une abstention de 58%, record depuis 50 ans. C'est une légère tendance, bien loin des cotes de popularités claironnées par les instituts de sondage. Pourquoi pavoiser ?

  • Roussel, le 17/03/2008 à 08h49

    Finalement,on voit bien que le français reste très sensible à la pub ,même inepte. Une lessive qui proclame laver plus blanc que blanc ou une crème qui se targue d'effacer les rides (même si le bon sens leur sussure que c'est de la blague),et il ne peut pas s'empêcher d'essayer quand même ! On ne sait jamais! De vrais gosses ! De toute façon,la droite sera toujours là pour remplacer les pots cassés à la prochaine élection !

  • Bruno, le 17/03/2008 à 07h57

    Mais non voyons c'est evident c'est la droite qui a gagné !

  • Josée, le 17/03/2008 à 07h49

    Les électeurs ne voient pas plus loin que le bout de leurs petites préocupations personnelles alors que l'augmentation des prix sévit dans toute l'Europe, il accuse le gouvernement et vote pour un parti inexistant sans chef, sans projets,avec un seul but entraver les réformes et l'action du chef de l'état : minable !!!

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