Quand Fillon parle de "climat de quasi guerre civile"

le 05 mars 2008 à 21h10 , mis à jour le 05 mars 2008 à 21h25

A quatre jours du premier tour des municipales, François Fillon a durci le ton mercredi contre la gauche à Nantes.

François Fillon à Villiers-le-Bel, mardi matin/TF1François Fillon à Villiers-le-Bel, mardi matin © TF1

Il a leur a demandé de se battre et a montré l'exemple. Fort de ses sondages, François Fillon est venu mercredi soutenir les candidats UMP à Nantes et à Rennes, en pleine terre de mission pour la droite. Le Premier ministre a tapé dur sur la gauche, l'accusant même d'entretenir "un climat de quasi-guerre civile" à quatre jours du premier tour des élections municipales. L'Ouest, qui fut longtemps un fief démocrate-chrétien, est désormais un espace à reconquérir pour le centre-droit et la droite, l'exemple même des endroits où le Premier ministre s'est rendu dans cette campagne du 1er tour. A Rennes, tenue par le PS depuis 1977, il a défendu "l'alternance". "Le changement et le mouvement", "l'ouverture et la diversité", c'est vous, a-t-il lancé au candidat Karim Boudjema, un professeur de médecine de 50 ans.
 
Dans cette ville "bobo", et dont un habitant sur quatre est un étudiant, François Fillon a aussi affirmé que "ce sont les candidats de la majorité présidentielle qui portent le pacte pour l'environnement", et pas la gauche "qui a fait quelques pistes cyclables". "Aucune ville de France n'est condamnée à être toujours de gauche ou toujours de droite", a-t-il ensuite insisté devant les journalistes. Le Premier ministre s'est ensuite envolé pour Nantes, la ville où, six ans durant, il s'est rendu plusieurs fois par semaine en tant que président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire de 1998 à 2002, puis comme 1er vice-président de 2002 à 2004. "Je viens à Nantes parce que j'y suis chez moi", a-t-il lancé, ravi, devant quelque 800 personnes venues à la Cité des Congrès l'écouter défendre l'enseignante Sophie Jozan, la candidate UMP. "Il n'y aucune fatalité qui pèse sur Nantes et les villes du Grand Ouest, qui devraient rester à gauche pour l'éternité", a-t-il là encore exhorté : "L'éternité, en politique, cela n'existe pas !"
 
Mais contraindre le maire sortant Jean-Marc Ayrault à un second tour serait déjà une victoire pour l'UMP, avait reconnu peu avant à la tribune Jean-Luc Harousseau, battu contre toute attente en 2004 pour la présidence de la région. Selon un sondage Ipsos-20 Minutes du 27 février, M. Ayrault, le chef de file des députés PS à l'Assemblée, l'emporterait dès le 1er tour dimanche, avec 54% des voix contre 30% à Mme Jozan. Dans l'Ouest, François Fillon a aussi, comme il le fait inlassablement depuis deux semaines, tenté de recadrer le message gouvernemental de la rupture, qui, à en croire les sondages, s'est brouillé dans l'esprit des Français au fil d'initiatives présidentielles qu'ils jugent désordonnées. A Rennes, il a profité d'une table ronde sur l'insertion professionnelle des jeunes pour décliner à nouveau ses objectifs à cinq ans: "Etre parmi les trois premiers de la croissance en Europe et ramener le chômage à moins de 5%".Pour cela, il suffirait de "travailler plus, investir plus et dépenser moins", a-t-il répété devant un public tout acquis de quelque 200 patrons de PME et militants.
 

le 05 mars 2008 à 21:10
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15 Commentaires

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  • Furax, le 06/03/2008 à 11h49

    Je confirme,nous sympathisants du gouvernement nous faisons l'objet d'insultes sur les marchés de la part de militants PS et PC!!!

  • Regis, le 06/03/2008 à 11h42

    La guerre civile, pas encore, mais a mon avis, ca viendra vite.... et qu'il ne compte pas sur mon vote dorenavant, je retourne voter pour un parti qui entend privilegier les francais dans leur propre pays!

  • Denis, le 06/03/2008 à 11h10

    C'est par crainte de perdre que Fillon commence à "attaquer", c'est petit de sa part... très petit

  • Danielle, le 06/03/2008 à 11h08

    Bien sûr, à entendre les socialistes, si tous les maires sont socialistes, tous les problèmes des Français seront résolus MIRACULEUSEMENT ! Quelle idiotie ! Et dire qu'il y a une bonne proportion de Français pour le croire ! Mais, à ma connaissance, les maires n'ont aucun pouvoir, ni sur les prix, ni sur les salaires et les retraites. Quant au Président de la République et au gouvernement, les socialistes prétendent que le bilan est mauvais. or, ils en parlent comme si l'on était déjà en 2012, alors même que cela fait moins d'un an que Nicolas Sarkosy a été élu. Et quel serait le bilan de Ségolène Royal si elle avait été élue Présidente de la République ? Elle n'aurait pas plus de pouvoir que n'importe qui d'autre pour empêcher l'augmentation du prix du pétrole et des prix en général, ni obliger les entreprises à augmenter les salaires. Quant à l'augmentation des retraites. je doute fort qu'elle serait plus importante avec elle qu'avec d'autres. Par contre, il y aurait certainement eu déjà augmentation de la CSG. D'ailleurs, François HOLLANDE préconisait, avant les élections présidentielles de créér une nouvelle CSG, soi-disant pour les retraites (en quoi cela ferait-il augmenter les salaires et le pouvoir d'achat ?) et les impôts en général. Le pouvoir d'achat ne serait pas plus élevé avec elle qu'avec Nicolas Sarkosy. Mais, bien sûr, comme toujours, les socialistes brandissent leur épouvantail à moineaux favori, celui de la rigueur.

  • André, le 06/03/2008 à 10h46

    A lire certains commentaires, je vois que décidément à gauche rien ne change. Elle seule s'arroge le droit de critiquer ( d'ailleurs elle ne sait faire que cela et rien d'autre )Mais quand une personne ose porter un jugement sur ses sombres activités, cela devient de l'hystérie, elle crie à la honte, à la provocation, au scandale. Il faut bien reconnaitre qu'à Nantes , Ayrault a tout verouillé, tout noyauté; les cartiers , la presse... Il y a longtemps que l'on sait ici que la liberté d'expression est interdite. Si vous le pouvez, je vous remercie de me publier.

  • Le Fourbe, le 06/03/2008 à 10h41

    M. Fillon a entièrement raison, ces propos peuvent peut etre choqué mais il n'y a quoi voir comment réagissent tous les partis de Gauche actuellement pour comprendre. Ils font comme lors des présidentielles une campagne basé sur le tous sauf sarko mais en étant encore plus virulent!!!

  • Arnaud, le 06/03/2008 à 10h39

    Mission impossible pour Sophie Jozan et Fillon. NANTES est une grande ville modèle en France qui rayonne maintenant nationalement et à juste titre. Le député-maire, président du groupe PS à l'assemblée national ne fera qu'une bouchée de l'ump.

  • Laura, le 06/03/2008 à 10h18

    La politique de communication de Sarko et Fillon pendant ces 5 ans est basée sur deux phrases : "les réformes n'ont pas donné d'effets parce qu'il faut du temps" et "la gauche n'a aucune proposition à faire". Vivement 2012 et le changement !

  • Alain, le 06/03/2008 à 09h34

    Guerre civile ? A Neuilly peut être...

  • CARRIERE, le 06/03/2008 à 08h52

    Rien de nouveau sous le ciel de France. Quand le parti au pouvoir ne peut masquer son impuissance devant les événements, il est obligé de durcir le ton pour remobiliser ses troupes. Mr FILLON n'échappe pas à la règle. La défaite envisagée semble tourner à la raclée. Exit FILLON ?

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