Le RSA, symbole des tensions entre Fillon et Bertrand

Par K.P (avec agence), le 31 mars 2008 à 12h29 , mis à jour le 31 mars 2008 à 15h21

Le Premier ministre et le ministre du Travail ont assuré, dimanche soir, que le Revenu de solidarité active, n'était pas abandonné. Martin Hirsch, initiateur du projet pour la lutte contre la pauvreté, avait publiquement exprimé son inquiétude sur l'engagement financier de l'Etat.

Xavier Bertrand et François Fillon Xavier Bertrand et François Fillon © TF1/LCI

A la veille d'un séminaire gouvernemental sur l'économie et le social tenu lundi, le gouvernement révèle quelques dissonances sur la politique économique. La concurrence exacerbée à l'UMP entre François Fillon et Xavier Bertrand, nouveau numéro 2 du parti de la majorité, est apparue au grand jour. En effet, entouré de membres du gouvernement, le ministre du Travail n'a pas manqué de griller la politesse au chef du gouvernement sur la question épineuse du Revenu de solidarité active (RSA). Un manquement à la hiérarchie qu'a nié Xavier Bertrand, invité du Grand Jury dominical sur LCI. "Vous me demandez si je veux aller à Matignon ? Je vous dis demain  pour le séminaire gouvernemental", a-t-il ironisé.
 
François Fillon a assuré que le gouvernement "fera" le Revenu de solidarité active, mais sans préciser à quel horizon. "Bien sûr on va le faire, simplement on le fera dans le cadre de l'engagement qu'on a pris dès 2007 sur les finances publiques, c'est-à-dire pas d'augmentation de la dépense publique. (...) Donc il faut trouver des économies ailleurs pour pouvoir réaliser des réformes sociales", a dit le chef du gouvernement. Quelques minutes plus tôt, Xavier Bertrand qui a qualifié le RSA "d'excellente idée" qui  "marche", tout en restant lui aussi évasif sur une date. "Bien évidemment qu'il y aura une généralisation", a déclaré le ministre du Travail en présence du Haut Commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, initiateur du projet et ministre d'ouverture. "Là où ça existe, je sais une chose, c'est  que ça marche" a-t-il ajouté, en évoquant son propre département l'Aisne. Interrogé sur le coût du projet, il a estimé qu'il fallait "savoir faire un pari sur l'avenir".
 
La majorité joue la prudence
 
Le coût et l'efficacité du RSA font débat au sein de la majorité alors que la hausse des déficits publics et la baisse des prévisions de croissance font craindre un plan de rigueur. Mardi, Martin Hirsch a exprimé ses craintes sur l'engagement financier de l'Etat, dans un entretien à Ouest-France, pressant l'Etat de "décider s'il mettra ou non le paquet pour aller jusqu'au bout en 2009". Se disant "confiant" et "inquiet", il a accentué la pression jeudi sur RMC,  déclarant avoir "peur pour tous ceux qui risquent de passer par pertes et profits" dans un contexte de difficultés économiques.
 
Dimanche soir, le ministre du Budget Eric Woerth a émis un son de cloche un peu différent, en souhaitant sur BFM que "l'impact budgétaire" du Revenu de solidarité active soit mesuré. La généralisation du Revenu de  solidarité active est en principe prévue début 2009. "Il y a une expérimentation en cours dans 27 départements, il faut tirer les  enseignements de l'expérimentation" a ajouté le ministre (...) le débat est  ouvert", a souligné Eric Woerth. "Ce n'est pas un gros mot, budget", a-t-il ajouté. "Il y a des Français qui souffrent parce que ce pays est en déficit", a-t-il ajouté.
 
Selon le livre vert publié par Martin Hirsch récemment, qui sert de base à une consultation devant aboutir le 15 mai, le coût du RSA généralisé est estimé entre 2 et 3 milliards d'euros. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a estimé dimanche que Martin Hirsch devrait quitter le  gouvernement si son projet de Revenu de solidarité active était reporté, synonyme selon lui d'abandon. Interrogé sur cette éventualité, le ministre du budget a botté en touche: "c'est au président et au Premier ministre d'arbitrer".

Fillon : des "mesures d'économies" au budget 2009

Le Premier ministre a annoncé  lundi "l'intégration de mesures d'économies liées à la réforme de l'Etat" au budget 2009. Le chef du gouvernement a précisé que ces mesures seraient présentées "à la  fin de cette semaine", c'est-à-dire lors du Conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP) prévu vendredi à l'Elysée.

Par K.P (avec agence) le 31 mars 2008 à 12:29
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4 Commentaires

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  • Jill, le 01/04/2008 à 09h55

    Les riches ont eu leur paquet fiscal...les pauvres attendront! "Serrage de boulons" pour reprendre l'expression de Mme Lagarde.

  • Jean, le 31/03/2008 à 17h33

    Entre "l'assistance" et le soutien des défavorisés souvent par la vie - infirmité - logement - maladie - et chômage, car les "boites" licencient toujours et les +50 ont les pires épreuves pour retrouver........il y a une marge, que le gouvernement ne comble pas, et de loin....attendons nous à des révoltes dans l'avenir et un électorat déçu !

  • Texier, le 31/03/2008 à 15h43

    Que le gouvernement - et les elus -commencent par se serrer la ceinture (s.... et la dati notamment) au lieu de pleurnicher sur d'eventuelles economies... faites encore a nos depends

  • Daniel Vincent, le 31/03/2008 à 15h31

    Bagarres - ça fait désordre dans ce gouvernement !

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