Ministres dans la cour de l'Elysée © TF1Le président de la République s'est exprimé sur la politique économique durant le premier conseil des ministres tenu en présence des 38 membres du gouvernement remanié mardi, dont les six nouveaux secrétaires d'Etat. Nicolas Sarkozy a dit refuser de "se résigner à ne pas tenir tous les engagements pris" malgré une conjoncture économique défavorable. "Au plan national, ces élections ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile", a-t-il estimé, selon le texte de son intervention diffusé par l'Elysée. Il faut au contraire tout faire pour mettre en œuvre la masse critique des réformes", a souligné Nicolas Sarkozy, concédant que "les résultats ne peuvent être immédiats".
"Il n'y aura ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur", a poursuivi le chef de l'Etat dans une réponse aux critiques de l'opposition de gauche. Nicolas Sarkozy a défendu dans le même esprit le "paquet fiscal" adopté à l'été 2007, cible des critiques de la gauche, en affirmant que ces mesures n'avaient pas "diminué les marges de manœuvre" du gouvernement. "En réalité, dans la conjoncture actuelle, on se rend compte qu'il les a accrues", a-t-il dit. "Notre objectif reste l'équilibre des comptes à l'horizon 2012", a-t-il rappelé. Nicolas Sarkozy a fixé quatre priorités à l'équipe Fillon : travail, compétitivité, modernisation de l'Etat et maîtrise des finances publiques. Le rendez-vous des retraites "sera l'affaire du deuxième trimestre" [...] "Je n'oublie pas bien sûr la réforme de notre Constitution", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Les Français sévères avec la politique économique
Le pouvoir a encore fort à faire pour convaincre les Français. 63% d'entre eux jugent "mauvaise" la politique économique du gouvernement, selon le baromètre mensuel de l'institut BVA pour Les Echos. Des mécontents plus nombreux de 5 points par rapport à février 2008 contre 34% qui l'apprécient. "Avec 2 points de moins en bonnes opinions et surtout 5 points de plus en mauvaises, le niveau de répartition des opinions est le strict inverse de ce qu'il était lors de l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée en mai 2007 (62% de bonnes opinions et 30% de mauvaises)", relève BVA. "Si cette tendance n'était pas stoppée au cours des semaines à venir, il est probable que le gouvernement parvienne à égaler (en mai) puis dépasser (en juin) les pires performances enregistrées sur cet indicateur par Dominique de Villepin en juin 2006 (à l'époque on comptait 74% de mauvaises opinions contre 23% de bonnes)", ajoute l'institut.
Par ailleurs, 75% des personnes interrogées pronostiquent un "faible niveau de croissance" et 68% une "hausse des impôts" pour 2008. 61% des Français étaient persuadés avant les élections municipales qu'un plan de rigueur allait être mis en œuvre après le vote. Seuls 37% anticipent un krach immobilier et 33% une forte hausse de la Bourse et des valeurs du CAC 40.
Concernant l'interprétation du vote des municipales, 40% des Français souhaiteraient que Nicolas Sarkozy accentue le rythme des réformes, notamment en matière de retraites, de déficits et de dépense publique. 51% jugent qu'il devrait adapter sa politique en matière sociale et de défense des services publics.
Sondage BVA réalisé par téléphone les 14 et 15 mars auprès d'un échantillon de 1.008 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.
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