François Bayrou lors de ses voeux à la presse (9 janvier 2008) © TF1/LCIFrançois Bayrou a laissé les 37 têtes de liste MoDem qualifiés pour le second tour choisir librement leur stratégie d'alliance. Mais un choix ne passe. Dans un entretien sur RTL, le chef de file des centristes dénonce un accord MoDem-PCF à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône. "J'ai appris par la radio qu'il y avait une alliance, la seule que je n'accepte pas, c'est à Aubagne, parce que l'alliance avec un maire communiste sortant, (même) si c'est quelqu'un sans doute de sympathique, (...) n'est pas dans le cadre de la vision qui est la nôtre", a dit François Bayrou. "Nous considérons qu'il faut avoir un minimum de repères communs, ou un patrimoine de repères communs et (...) le Parti communiste n'entre pas dans ce répertoire de repères communs", a-t-il ajouté. Le candidat à la mairie de Pau a donc expliqué qu'il ne donnerait "pas d'investiture à Aubagne".
Les listes du maire sortant d'Aubagne Daniel Fontaine et du candidat MoDem Jean-Marie Orihuel ont décidé de fusionner. Le centriste est placé en cinquième position sur la nouvelle liste, avec l'assurance d'être adjoint au maire en cas de réélection du communiste, qui a obtenu plus de 47% des voix au premier tour.
Bayrou : "Un courant démocratique républicain français [...] du PS jusqu'à l'UMP"
Le président du parti centriste défend par ailleurs les alliances passées avec l'UMP comme avec le PS dans toute la France, parfois par fusion, même celles avec des listes où figurent des élus communistes. "Je considère qu'on peut et qu'on doit travailler avec des maires qui appartiennent à cet arc républicain français", a-t-il dit. Cependant, François Bayrou récuse toute dépendance au parti majoritaire. Il a assuré que l'UMP voulait "un accord global sur toutes les villes" avec son parti, ce qui "aurait fait du MoDem l'allié exclusif de l'UMP". "Je n'ai pas refusé la main tendue.[...] Ceci n'aurait pas été dans la cohérence qui est la nôtre parce que cela aurait voulu dire que nous revenons dans le camp contre le camp" et "pour moi notamment dans la vie locale, ce camp contre camp est une anomalie, une malédiction", a-t-il poursuivi. François Fillon a déclaré mardi à Longjumeau dans l'Essonne que François Bayrou, qui n'a pas "voulu prendre" la main tendue par l'UMP, "en répondra lui-même devant ses électeurs".
Seul soutien avéré de François Bayrou à droite : Alain Juppé. Le maire UMP de Bordeaux réélu dimanche, a souhaité "le succès" du président du MoDem François Bayrou aux municipales à Pau, se disant "convaincu" qu'ils pourraient tous deux faire du "très bon travail" pour la région Aquitaine. "Je souhaite le succès de François Bayrou à Pau et si j'étais électeur à Pau je voterais pour lui, d'abord parce que j'apprécie beaucoup ses qualités humaines, même si nous avons eu parfois des divergences et si sa stratégie actuelle me paraît parfois un peu confuse", a indiqué l'ancien Premier ministre.
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