Au 2e tour, on amplifie le mouvement

Par Anita Hausser , le 17 mars 2008 à 00h51 , mis à jour le 17 mars 2008 à 01h02

Chef du service politique de LCI, Anita Hausser revient pour LCI.fr sur les enseignements du scrutin et les conséquences sur l'action du gouvernement.

TF1/LCI Annita HausserAnnita Hausser © TF1-LCI

« Ce soir est un soir de défaite  pour nous . » Là où le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian ne voulait voir qu'un rééquilibrage,  Jean François Copé , le président du groupe  UMP à l'Assemblée Nationale, ne s'est pas embarrassé de formules pour qualifier les résultats du deuxième tour. Et pourtant , dimanche dernier  le même Patrick Devedjian  s'était fait tancer pour avoir parlé de «petite défaite» . Quant à François Hollande , il  pouvait exulter  : «  le PS a rempli son objectif, reconquérir  plus de trente villes  de plus de vingt mille habitants» pour laver la sanction infligée à la gauche aux précédentes municipales ... Alors , dans  ce qui ressemble à un  marasme pour la droite , Marseille sauve  l'honneur  puisque  Jean-Claude Gaudin reste aux commandes de  la  deuxième ville de France ...
 
Quelles seront les conséquences de  ce  qu'il faut bien qualifier  de claque pour la  droite ?  
 Un changement de politique , comme le revendique  unanimement mais sans illusion  la gauche ? Une accélération des réformes comme le souhaite une partie de la majorité ?
 
 François Fillon qui, d'après nos informations avait rencontré Nicolas Sarkozy en début de soirée, a ,tout en  refusant de tirer des leçons nationales de ce scrutin  , très vite annoncé  deux projets de loi sur l'emploi   pour dynamiser l'économie et  pour gagner la bataille du   pouvoir d'achat... Le premier Ministre qui s'en était pris à la gauche  en l'accusant de  bloquer  les crédits des régions  aux maires de droite , a rectifié le tir en adressant ses féliciations à tous les élus  ...
 
Des félicitations qui avaient presque valeur d'excuses ... mais aussi  d'interrogation . Car il est décidément bien difficile de gouverner un pays   dont le pouvoir exécutif   est à droite et les pouvoirs locaux ( régionaux, départementaux et municipaux )  majoritairement à gauche ? 
 
Et ce ne sont pas les  petits  ajustements gouvernementaux promis ni la réorganisation du staff   élyséen, voire  le "changement"  de Nicolas Sarkozy qui a revêtu  son costume présidentiel , qui  sont  susceptibles de  résoudre cette équation et  calmer le trouble  et le mécontentement des Français .
  
Car les motifs de satisfaction sont  maigres pour l'exécutif : peu de villes gagnées ( Agen, Calais, Mont de Marsan  font presque figure de trophées), l'ouverture mise à mal avec des résultats  médiocres ( candidats battus et le ministre Jean Marie Bockel réélu de justesse à Mulhouse ).  Voilà qui  promet  quelques  débats   sur la stratégie de la  majorité.
  
Au soir de ce deuxième tour des municipales, la Gauche   triomphe à juste titre . Le PS  regagne une partie des villes perdues en 2001 .Le Parti communiste a repris des couleurs. Pour autant le PS  se retrouve face à ses  problèmes internes. Ségolène Royal , depuis  son  Conseil Régional   de Poitou-Charentes , s'est posée en leader . Mais Martine Aubry, triomphalement réélue à Lille n'entend pas lui laisser le champ libre. Sur le même mode que Jack Lang qui a retrouvé les accents de gauche , elle réclame  un travail plus collectif  dans son parti  , en proie aux luttes  internes pour  sa direction et plus généralement pour son leadership  présidentiel.  La  succession de François Hollande est ouverte, et le parti socialiste  est toujours en quête de stratégie  d'alliance , à gauche exclusivement , comme le revendique Laurent Fabius ou  avec   le centre  comme le préconise Ségolène Royal ?
 
Anita Hausser
 
P.S.  C'est par un simple communiqué  que l'on devrait apprendre les modifications  gouvernementales ;  à l'exception de Christian Estrosi, il ne devrait y avoir aucun départ, mais quelques  chaises musicales et des arrivées , dont celle d'Yves Jégo , actuel porte parole de l'UMP, voire la nomination d'Anne Marie Idrac, ex-PDG de la SNCF à un haut-commissariat du Grand Paris.

Par Anita Hausser le 17 mars 2008 à 00:51
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1 Commentaires

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  • Myriam, le 17/03/2008 à 02h04

    Anne Marie Idrac, avec son incompétence notoire et sa psycho-rigidité à la tête d'un haut commissariat d'un projet en pointe ??? Non mais on croit rêver ! Ah il y a en a qui n'ont pas besoin de se faire du souci pour leurs lendemains ! UNE HONTE.

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