Annita Hausser © TF1-LCI« Ce soir est un soir de défaite pour nous . » Là où le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian ne voulait voir qu'un rééquilibrage, Jean François Copé , le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, ne s'est pas embarrassé de formules pour qualifier les résultats du deuxième tour. Et pourtant , dimanche dernier le même Patrick Devedjian s'était fait tancer pour avoir parlé de «petite défaite» . Quant à François Hollande , il pouvait exulter : « le PS a rempli son objectif, reconquérir plus de trente villes de plus de vingt mille habitants» pour laver la sanction infligée à la gauche aux précédentes municipales ... Alors , dans ce qui ressemble à un marasme pour la droite , Marseille sauve l'honneur puisque Jean-Claude Gaudin reste aux commandes de la deuxième ville de France ...
Quelles seront les conséquences de ce qu'il faut bien qualifier de claque pour la droite ?
Un changement de politique , comme le revendique unanimement mais sans illusion la gauche ? Une accélération des réformes comme le souhaite une partie de la majorité ?
François Fillon qui, d'après nos informations avait rencontré Nicolas Sarkozy en début de soirée, a ,tout en refusant de tirer des leçons nationales de ce scrutin , très vite annoncé deux projets de loi sur l'emploi pour dynamiser l'économie et pour gagner la bataille du pouvoir d'achat... Le premier Ministre qui s'en était pris à la gauche en l'accusant de bloquer les crédits des régions aux maires de droite , a rectifié le tir en adressant ses féliciations à tous les élus ...
Des félicitations qui avaient presque valeur d'excuses ... mais aussi d'interrogation . Car il est décidément bien difficile de gouverner un pays dont le pouvoir exécutif est à droite et les pouvoirs locaux ( régionaux, départementaux et municipaux ) majoritairement à gauche ?
Et ce ne sont pas les petits ajustements gouvernementaux promis ni la réorganisation du staff élyséen, voire le "changement" de Nicolas Sarkozy qui a revêtu son costume présidentiel , qui sont susceptibles de résoudre cette équation et calmer le trouble et le mécontentement des Français .
Car les motifs de satisfaction sont maigres pour l'exécutif : peu de villes gagnées ( Agen, Calais, Mont de Marsan font presque figure de trophées), l'ouverture mise à mal avec des résultats médiocres ( candidats battus et le ministre Jean Marie Bockel réélu de justesse à Mulhouse ). Voilà qui promet quelques débats sur la stratégie de la majorité.
Au soir de ce deuxième tour des municipales, la Gauche triomphe à juste titre . Le PS regagne une partie des villes perdues en 2001 .Le Parti communiste a repris des couleurs. Pour autant le PS se retrouve face à ses problèmes internes. Ségolène Royal , depuis son Conseil Régional de Poitou-Charentes , s'est posée en leader . Mais Martine Aubry, triomphalement réélue à Lille n'entend pas lui laisser le champ libre. Sur le même mode que Jack Lang qui a retrouvé les accents de gauche , elle réclame un travail plus collectif dans son parti , en proie aux luttes internes pour sa direction et plus généralement pour son leadership présidentiel. La succession de François Hollande est ouverte, et le parti socialiste est toujours en quête de stratégie d'alliance , à gauche exclusivement , comme le revendique Laurent Fabius ou avec le centre comme le préconise Ségolène Royal ?
Anita Hausser
P.S. C'est par un simple communiqué que l'on devrait apprendre les modifications gouvernementales ; à l'exception de Christian Estrosi, il ne devrait y avoir aucun départ, mais quelques chaises musicales et des arrivées , dont celle d'Yves Jégo , actuel porte parole de l'UMP, voire la nomination d'Anne Marie Idrac, ex-PDG de la SNCF à un haut-commissariat du Grand Paris.
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