Les Verts renaissent, le PCF résiste, le FN s'enfonce

le 10 mars 2008 à 09h46 , mis à jour le 10 mars 2008 à 11h16

Dans l'ombre du duel PS-UMP, les Verts, le Parti communiste et le Front national tentent d'exister localement. Avec plus ou moins de bonheur.

TF1 / LCI Marie George Buffet lors de sa déclaration officielle le 22 avrilMarie George Buffet lors de sa déclaration officielle le 22 avril © LCI

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Au lendemain du premier tour des élections municipales, satisfaction chez les Verts et les communistes, profil bas au Front national. Les deux premières formations ont bénéficié de la poussée de la gauche lorsqu'elles ont choisi de s'allier au Parti socialiste. Mais elles ont également enregistré quelques succès lorsqu'elles ont fait le choix de la liste autonome.

Après des résultats décevants à la présidentielle (1,57% des voix pour Dominique Voynet) et aux législatives (3,25% au premier tour et quatre députés au second), le scrutin de dimanche marque "une petite renaissance", pour Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts.

"Encouragement"

A Paris, les Verts ont réalisé un score de 6,78% qui leur permet de négocier leur alliance à la liste de gauche emmenée par Bertrand Delanoë pour le second tour (lire : A Paris, un nuit blanche mais pas d'accord PS-Verts). Dans le cadre de ces négociations, Jacques Boutault, le seul maire Vert de la capitale (IIe arrondissement), devrait d'ailleurs retrouver son siège, malgré sa 2e place (29,93%, derrière le PS à 33,1%).

Pour Cécile Duflot, qui cite le score des Verts à Nevers (9%), à Valence (19%), à Lille (11,5%), "cette élection municipale est un encouragement". A Grenoble, les Verts obtiennent 15,57%, à Quimper, 16,80%, à Morlaix, 25%. Des résultats qui contrastent avec Strasbourg (6%), Limoges (environ 5%) ou encore Mulhouse (4,59%). "Dans beaucoup de villes, si les Verts ont été d'un appoint décisif sur les bilans des maires sortants, ils sont également un appoint décisif pour les majorités sortantes", poursuit-elle.

Autres résultats emblématiques : Noël Mamère est réélu à Bègles (Gironde) avec 56,62% des voix, soit 11 points de plus qu'en 2001. Il reste cependant le seul maire Verts d'une ville de plus de 20.000 habitants. A Montreuil (Seine-Saint-Denis), Dominique Voynet (32,47%) talonne le maire sortant Jean-Pierre Brard (app-PCF, 39,42%).

Résistance communiste

Une situation qui caractérise bien la position du parti communiste lors des municipales. Le PCF résiste, voire renforce ses positions, comme l'illustre la reconquête de Dieppe (Seine-Maritime) que le PCF avait perdu en 2001. Le PCF a préservé dès dimanche nombre de ses communes : Stains, Martigues, Arles, Saint-Martin-d'Hères, Ivry, Echirolles, Sevran, Fontenay-sous-Bois, Malakoff, Champigny-sur-Marne, Nanterre, Bagneux, Bobigny, Vénissieux, Vaulx-en-Velin malgré la concurrence socialiste.

Une concurrence qui s'est exercée dans les communes de la ceinture parisienne, où le PS avait imposé une primaire. Le parti de Marie-George Buffet a remporté Tremblay dès le premier tour et se trouve en ballotage très favorable à La Courneuve (46%, contre 36% pour le PS), à Bagnolet (43% contre 23%), à Saint-Denis (42% contre 22%), à Vitry (41%, contre 23%).

L'un des principaux enjeux du scrutin pour le Parti communiste est de conserver la présidence du département de Seine-Saint-Denis, communiste depuis sa création en 1967 et symbole de la banlieue rouge, qu'entend ravir le socialiste Claude Bartolone. Le duel y est serré.

D'où la satisfaction de Marie-George Buffet : "Les Français ont majoritairement apporté leurs suffrages aux candidats de gauche et aux élus et candidats communistes qui font de notre parti la troisième force politique de notre pays" en terme d'élus. Appelant à une alliance avec le PS au deuxième tour, la secrétaire nationale du PCF a toutefois mis en garde contre des alliances "contre nature" avec le MoDem.

"Pas de miracle" pour le FN

Le Front national, en revanche, poursuit sa chute électorale. A Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen (28,53%) reste loin derrière le maire sortant DVG Gérard Dalongeville (43,09%). Hénin-Beaumont "n'est pas un succès mais c'est quand même très remarquable", a commenté Jean-Marie Le Pen, qui a rappelé que les élections municipales n'étaient pas le "terrain de prédilection du Front national".

Les dirigeants frontistes voient tout de même dans ces résultats les signes d'un "redressement" : il y a "un certain nombre de résultats où le FN double son score par rapport aux législatives" de juin, où le parti avait plongé à 4,29% des voix, a expliqué Marine Le Pen. A Cluses (23,6% des voix) et Noyon (16,98%), le FN arrive en troisième position. Un maintien au second tour est également possible à Perpignan (12,29%) et Mulhouse (10,31%). Mais ces résultats restent sans comparaison avec les municipales de 2001, et encore moins avec celles de 1995.

"Il n'y a pas eu de miracle pour le FN", a souligné le politologue spécialiste de l'extrême-droite Jean-Yves Camus, au vu des premiers résultats. Selon lui, "On a l'impression qu'on en revient à la période d'avant les municipales de 1983", lorsque l'extrême-droite était un courant politique marginal. Exception notable : Orange, où l'ex-FN Jacques Bompard, passé au MPF fin 2005, conserve sa mairie avec un score confortable de 60,97%. 

D'après agence

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le 10 mars 2008 à 09:46
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