Les 17 villes à suivre à la loupe

Par Kelly PUJAR, le 14 mars 2008 à 18h49 , mis à jour le 16 mars 2008 à 14h57

L'importance de l'abstention et le choix des électeurs du MoDem confirmeront ou non le basculement des villes vers la gauche.

François Bayrou, Martines Lignières-Cassou, Yves UrietaFrançois Bayrou, Martines Lignières-Cassou, Yves Urieta © TF1-LCI

Marseille
L'enjeu capital pour la droite
La confrontation entre l'UMP Jean-Claude Gaudin et le socialiste Jean-Noël Guérini reste indécise. Les deux poids lourds de la politique marseillaise ont multiplié appels à la mobilisation et visites dans les quartiers. Le maire sortant a reçu le soutien de Nicolas Sarkozy qui annonce dans une lettre plusieurs mesures pour aider le développement économique et culturel. Jean-Noël Guérini a pour sa part fusionné ses listes avec celles du MoDem dans un accord d'entre-deux-tours qui provoque des remous au sein du parti centriste. Au coude-à-coude, chacun des deux candidats en appelle aux 42,26% abstentionnistes du premier tour. L'une des inconnues sera l'attitude des électeurs du Front national. Marseille a boudé le parti d'extrême droite au premier tour en ne lui accordant que 8,76% de ses voix.
 
Toulouse
La ville vraiment rose  ?
Le duel gauche-droite sera serré entre le maire centriste apparenté UMP sortant Jean-Luc Moudenc, qui a fusionné avec le MoDem, et le candidat PS Pierre Cohen. Ce dernier dispose d'une bonne réserve de voix à sa gauche pour l'emporter au second tour. Deux sondages donnent Pierre Cohen gagnant à 51 et 53%, contre 49 et 47% à son adversaire, et un troisième les place à égalité. "La victoire est à notre portée. Il faut mettre toutes nos forces dans la  bataille (...) Nous avons rendez-vous avec l'Histoire!", a déclaré le député  socialiste de Haute-Garonne, confiant, lors de son dernier meeting mercredi dans la Ville rose. Le maire centriste ne s'avoue pas battu pour autant. Jeudi, lors de son dernier meeting, il a demandé à ses partisans de "déposer un bulletin de vote dans l'urne", contrairement au "chèque en blanc" de son adversaire dont "la seule promesse, c'est l'impôt". Si la gauche l'emporte, certains responsables locaux suggèrent déjà que Toulouse accueille à l'automne le prochain congrès du Parti socialiste.

Pau
Le quitte ou double de Bayrou
Le président du MoDem serait battu au second tour, selon un sondage Ifop pour Le Monde. Au second tour, François Bayrou recueillerait 35% des voix, contre 41% pour la  liste d'union de la gauche de Martine Lignières-Cassou et 24% pour la liste d'ouverture du maire sortant ex-PS soutenu par l'UMP Yves Urieta. L'enjeu pour François Bayrou est de convaincre les électeurs du maire sortant pour l'emporter. "Ce n'est pas une élection triangulaire, c'est un duel",  résume le candidat centriste pour qui Yves Urieta est désormais hors jeu. Jeudi soir, le chef de file du MoDem animait son dernier meeting de campagne. Il multiplie le porte-à-porte, loin des objectifs des caméras et des appareils photographiques. Pour abattre ses dernières cartes.
 
Paris
Objectif pour Panafieu : limiter la casse
L'appel au vote dimanche est l'unique dénominateur commun des derniers meetings de campagne des finalistes Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu. La chef de file de l'UMP a lancé jeudi soir un appel aux électeurs MoDem.  Le groupe UMP devrait fondre si la droite ne parvient pas à reprendre le XIIe et perd des arrondissements comme le Ier, le très symbolique Ve administré depuis 25 ans par Jean Tiberi ou encore le XVe, le plus peuplé de Paris. Le MoDem, avec 9,06% des voix le 9 mars, n'a pu se maintenir que dans trois arrondissements (Ve, VIIe et XIVe). Il risque de disparaitre du conseil. L'UMP songe déjà à l'après-Panafieu, la candidate ayant annoncé qu'en cas de défaite, elle ne dirigerait plus le groupe UMP. "C'est la  fin du système chiraquien qui se joue", confiait un conseiller UMP, alors que les noms de Rachida Dati et de Jean-François Lamour sont cités pour prendre sa  succession.

Nice
Estrosi quitte Paris pour Nice ?
Est-ce la fin de l'ère Peyrat ? Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Christian  Estrosi (UMP) emportait la mairie de Nice avec 44% des suffrages  devant le socialiste Patrick Allemand et le maire sortant Jacques Peyrat, selon un sondage publié vendredi dans Nice-matin. Selon cette enquête, Patrick Allemand (PS) obtenait 31% des suffrages devançant ainsi Jacques Peyrat (DVD), qui recueille 25% des intentions de vote. Christian Estrosi est le seul ministre qui a d'ores et déjà annoncé qu'il démissionnerait s'il était élu dimanche.
 
Périgueux

"Capitale politique" d'un jour   
Poids lourds de droite et de gauche se sont pressés jeudi à Périgueux, donnant un caractère très national à la fin de la campagne municipale. Le maire UMP sortant Xavier Darcos est en ballottage serré. Michel Moyrand est arrivé en tête du premier tour avec 56 voix d'avance. En 2001, le scrutin opposait déjà Xavier Darcos à Michel Moyrand, dans une ville dirigée par la droite depuis 1971. Une partie du scrutin dépend du report des voix obtenues au premier tour par un dissident du MoDem, Jean-Louis Demaret, dont la liste a recueilli 6% des suffrages. Après avoir annoncé qu'il ne donnerait aucune consigne de vote puis rencontré lundi le candidat socialiste en vue d'une alliance, Jean-Louis Demaret est apparu au meeting de Xavier Darcos pour annoncer son ralliement.
 
Colombes
Bataille très incertaine Rama Yade 
La benjamine du gouvernement, Rama Yade, numéro 3 sur une liste UMP est au coude-à-coude avec un sérieux challenger à gauche, le socialiste Philippe Sarre. La ville de 80.000 habitants au nord de Paris, longtemps bastion communiste avant la victoire en 2001 de Nicole Goueta, est un symbole important pour la  droite, comme pour la gauche. Patrick Devedjian lui-même est venu négocier entre les deux tours une fusion avec le MoDem. Le candidat de la gauche est le seul à devancer un maire sortant UMP dans les Hauts-de-Seine, département très à droite et fief politique de Nicolas Sarkozy. Mais l'avance est très courte, 300 voix seulement. La fusion UMP-MoDem a soulagé la droite.
 
Neuilly
Psychodrame dans l'ex-fief du président de la  République
Deux candidats de droite sont en lice Jean-Christophe Fromantin, DVD soutenu par l'UMP et Arnaud Teullé, dissident du parti majoritaire. Le climat de la campagne s'est nettement tendu. Arnaud Teullé a été reçu jeudi par Nicolas Sarkozy qui a selon lui exprimé le souhait "que l'UMP reste neutre désormais dans cette  élection". Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP et patron du parti dans les Hauts-de-Seine, a décidé d'accorder l'investiture UMP à Christophe Fromantin après un psychodrame préélectoral qui avait vu un "putsch" contre le candidat parachuté du parti, le porte-parole à l'Elysée de Nicolas Sarkozy. Arnaud Teullé avait alors décidé de se présenter en dissident.
 
Reims
Face au PS, Vautrin doit réunifier les droites
L'ex-candidat UMP, Renaud Dutreil, qui s'est retiré après être arrivé troisième au premier tour, a appelé jeudi à voter pour l'ex-dissidente Catherine Vautrin, désormais investie  par l'UMP. Objectif : faire barrage à la socialiste Adeline Hazan, arrivée en tête. L'UMP avait auparavant annoncé qu'elle investissait l'ancienne ministre déléguée à la Cohésion sociale et invitait son candidat officiel à se désister en sa faveur. Catherine Vautrin l'a devancé (25,19% contre 23%) lors de la primaire entre les deux ex-ministres, mais est arrivée loin derrière Adeline Hazan (42,06%).
 
Strasbourg
Dur combat pour Keller
Très affectée par son résultat du premier tour, la maire UMP sortant de Strasbourg peine à définir une stratégie pour contrer son adversaire socialiste Roland Ries, fort de dix points d'avance et d'une réserve de voix qui lui fait défaut. On l'a vue ou entendue plusieurs fois sangloter depuis dimanche, devant des journalistes. Mercredi soir, pour son meeting de l'entre-deux-tours, Fabienne Keller avait repris de l'assurance mais s'interrogeait toujours sur son échec du premier tour. Si l'équipe sortante est reconduite, "je serai pleinement maire de Strasbourg", affirme Fabienne Keller. Robert Grossmann, son colistier, qui bénéficiait de l'ensemble des délégations du maire, restera adjoint à la culture et président de la Communauté urbaine.
 
Saint-Etienne
La droite en difficulté ?
Saint-Etienne est l'une des villes de 100.000 à 200.000 habitants que la droite, s'attend à perdre. Elle en détient quinze aujourd'hui contre dix à la gauche. C'est un MoDem, Gilles Artigues, qui met en danger le maire UMP sortant Michel Thiollière. Le candidat centriste fait le grand écart avec les cantonales, où il n'hésite pas à se battre sous la  bannière de la majorité présidentielle. En embuscade se trouve le candidat socialiste Maurice Vincent. 
 
Amiens
Robien dépendant des abstentionnistes
Pourtant favori, l'ex-ministre affronte un ballottage défavorable face au socialiste Gilles Demailly. Soutenu par l'UMP, Gilles de Robien fait appel aux abstentionnistes pour conserver la ville arrachée aux communistes en 1989. Avec 55% de participation seulement, Amiens est la ville de France de plus de 100 000 habitants où l'abstention a été la plus forte au premier tour. Son adversaire a refusé de s'allier avec l'extrême gauche. Le MoDem n'a donné aucune consigne de vote.
 
Corbeil
Dassault menacé par une gauche unie
Serge Dassault (UMP), 82  ans, est menacé dans la ville qu'il dirige depuis 1995. Le deuxième tour l'oppose à une liste unique à gauche, qui rassemble le chef de file de l'opposition municipale Bruno Piriou (PCF) et Carlos Da Silva (PS). Avec 40,84% des voix, il devançait de moins de 10 points son premier poursuivant. En troisième position le PS Carlos Da Silva, suppléant du député Manuel Valls, a obtenu 21,24% des suffrages, score décevant au regard de ses espérances. Sur le papier, l'avionneur et patron de presse ne dispose d'aucune réserve  de voix, face à une gauche qui a recueilli au total plus de 52% des suffrages au  premier tour.  
 
Blois
Fin de règne pour la droite ?
L'ex-fief de Jack Lang, perdu de 37 voix en 2001, pourrait rebasculer à gauche. Le sortant Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) a été  distancé de plus de 12 points par Marc Gricourt (PS). Jean-Pierre Mortelette du MoDem (16,15%) n'a pas donné de consigne de vote du  MoDem.
 
Caen
La gauche croit en ses chances
Le président PS de la région Basse-Normandie Philippe Duron croit en ses chances de remporter la mairie, après avoir devancé de huit points Brigitte Le Brethon, maire UMP d'une ville traditionnellement ancrée à droite. Pour faire basculer la ville, Philippe Duron compte sur une mobilisation des  électeurs, après un premier tour qui a connu un taux d'abstention de 38%. Mais le député socialiste compte aussi sur un report des voix des deux autres listes à gauche et des trois listes du centre. La liste de Luc Duncombe (NC), deuxième adjoint de la ville et président de l'agglomération, a fusionné in extremis mardi avec la liste emmenée par la droite, après  avoir obtenu 6,75% des suffrages. Le danger d'une triangulaire écarté, l'édile, compte sur les électeurs du centre pour enchaîner un second mandat. Mais elle sait que le score sera serré.
 
Angers
Dans cette ville de gauche depuis 30 ans, la droite veut créer la surprise
Les maires socialistes de Nantes, Le Mans, La  Roche-sur-Yon et Laval, élus ou réélus dimanche, sont venus jeudi soutenir le maire PS sortant, Jean-Claude Antonini, dont la  liste est arrivée derrière celle de la droite au premier tour. La liste UMP de Christophe Béchu, le président du  conseil général du Maine-et-Loire s'est alliée dès le premier tour au MoDem, Le maire sortant d'Angers semble pouvoir compter sur un report favorable des voix des autres listes. Mais le soutien du socialiste Jean Monnier, prédécesseur  de Jean-Claude Antonini, à la liste de Christophe Béchu pourrait perturber la logique habituelle des reports de voix. Jean Monnier avait lui même pris la ville à la droite en 1977.
 
Aix en Provence

La liste UMP au finish ?  
La maire UMP sortante d'Aix-en-Provence dans les Bouches-du-Rhône, Maryse Joissains, l'emportait de deux points au deuxième tour sur son adversaire socialiste Alexandre Medvedowsky, selon un sondage TNS-Sofres-Logica, publié vendredi dernier dans le  quotidien régional La Provence. Dans la triangulaire prévue, Maryse Joissains obtenait 42% des intentions de  vote, devant Alexandre Medvedowsky à 40%. La liste MoDem de François-Xavier de Peretti recueille 18%.  
 

Par Kelly PUJAR le 14 mars 2008 à 18:49
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2 Commentaires

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  • Alain, le 16/03/2008 à 17h43

    Dire qu'il y trois semaines les élactions Municipales étaient considérées comme des enjeux locaux! Que de manipulations aussi bien côtés Gouvernants que Gouvernés.

  • Alex, le 16/03/2008 à 17h18

    Et calais alors????.....Vous auriez pu la mettre comme la 18 ème ville à suivre!Natacha Bouchart va peut être, en tout cas je l'espère mettre fin a des décennies de communisme qui ont freiner le devellopement de notre ville...

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