La motion de censure socialiste rejetée

le 08 avril 2008 à 16h16 , mis à jour le 08 avril 2008 à 17h58

Si ce rejet n'est en soi pas une surprise, la motion a offert à la gauche une tribune pour dénoncer à l'Assemblée la "rupture atlantiste" du gouvernement.

TF1/LCI L'hémicycle de l'Assemblée nationaleL'hémicycle de l'Assemblée nationale © TF1/LCI

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Hollande contre Fillon à l'Assemblée : morceaux choisis
 

La motion de censure des députés PS et des autres élus de gauche contre le gouvernement Fillon, ciblée sur "la rupture atlantiste" de Nicolas Sarkozy, a été, sans surprise, rejetée mardi à l'Assemblée nationale. La motion n'a recueilli que 227 voix, loin de la majorité actuellement requise de 288 voix. Seuls les députés favorables à la motion ont exprimé un vote. La gauche a néanmoins fait le plein des voix. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a lui aussi voté la motion pour "que les Français sachent qu'il y a encore des gaullistes à droite", en condamnant l'alignement de la politique étrangère française sur les Etats-Unis et l'envoi "de soldats à la boucherie" en Afghanistan. En revanche, François Bayrou, après avoir hésité, ne s'est pas associé à cette motion, estimant qu'Afghanistan et Otan "méritent des réponses différentes".

Si ce rejet n'est en rien une surprise, la gauche a obtenu par ce biais la tribune qu'elle recherchait pour attaquer sous un nouvel angle la politique du gouvernement. En montant en milieu d'après-midi à la tribune pour défendre la motion devant les députés, François Hollande a estimé que "nous allons perdre en indépendance ce que nous ne gagnerons pas en sécurité" avec la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, évoquant à travers cette motion "le refus d'un changement de nature de notre engagement en Afghanistan" et "le refus de l'intégration de la France dans l'Otan". Le premier secrétaire du PS a déploré la décision de Nicolas Sarkozy, prise "sous la pression américaine", "d'envoyer un renfort militaire (en Afghanistan) dont on ne sait d'ailleurs ni l'ampleur", "ni la localisation", "pas davantage la mission", "pas plus que la durée", "et je ne parle pas du coût".

"Le double risque de l'enlisement et de l'engrenage"

"C'est donc le double risque de l'enlisement et de l'engrenage qu'il faut prévenir aujourd'hui", a ajouté le chef du PS, interrompu à plusieurs reprises par des applaudissements de la gauche. "L'envoi de renforts en Afghanistan dans ce contexte est une décision politique plus que militaire. Elle s'inscrit dans un processus : celui du retour de la France dans l'organisation militaire de l'Otan", a poursuivi François Hollande. Qualifiant cette dernière décision de "fâcheuse et inopportune", il a estimé que "si notre pays renonçait ainsi à son autonomie de jugement au sein de l'alliance, c'est l'ensemble de l'Europe qui se trouvera en situation d'alignement sur les Etats-Unis".

"Qui peut croire un instant que nous mettions le sort de nos forces en Afghanistan en balance avec l'avenir de l'Otan, qui peut croire que les décisions du président s'attachent aux desiderata des Etats-Unis ou de n'importe quelle autre puissance ?", a rétorqué François Fillon, monté un peu plus tard à la tribune. La France est "alliée mais pas vassale" de Washington, "solidaire mais pas subordonnée", a-t-il encore lancé en réponse au patron du PS, dénonçant "l'anti-américanisme primaire" à l'origine selon lui de la motion de censure.

Otan et Europe de la défense

Le Premier ministre a plaidé l'évolution des enjeux géostratégiques pour expliquer le projet de retour de la France dans le commandement intégrée de l'Alliance atlantique. "S'il est une des leçons que nous devons retenir du général de Gaulle", a estimé François Fillon, "c'est que la politique de la France comme sa stratégie ne doivent pas être figées sur les situations d'hier et les concepts du passé". Dans l'Otan, a-t-il encore assuré, la France peut "faire entendre une voix singulière", et "une Otan rénovée est compatible avec une Europe de la défense renforcée". François Fillon a par ailleurs affirmé ne voir "rien qui indique un plan parallèle, un plan sérieux pour l'Afghanistan" dans la motion de la gauche.

Le chef du gouvernement a enfin multiplié les rappels historiques, soulignant le rôle du Premier ministre socialiste Lionel Jospin dans l'engagement des troupes françaises en Afghanistan fin 2001, et rappelant les positions selon lui atlantistes de François Mitterrand en 1983. Il a également ironisé sur la gauche socialiste qui, en 1966, avait critiqué la "politique nationaliste" du général de Gaulle claquant alors la porte de l'Otan. 

D'après agence

le 08 avril 2008 à 16:16
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10 Commentaires

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  • Pascal, le 09/04/2008 à 12h02

    Pour ceux qui en doutaient, nous avons un Premier Ministre tout autant que nous n'avons pas d'opposition constructive. Notre presence en Afganistan ainsi que notre eventuelle entree dans l'OTAN sont des sujets importants qui obligent Hollande a un autre niveau de debat. Malheureusement, Hollande a ses limites qui sont aussi celles d'un socialisme d'un autre temps. Bien sur le General de Gaulle avait rejete l'OTAN (contre l'avis des socialistes d'ailleurs), mais le General avait pris la bonne decision dans le contexte de l'epoque. Les temps ont changes, les interets de la France aussi. J'accorde un certains talents aux socialistes, celui de toujours ramer loin derriere leur temps...

  • Moutet, le 08/04/2008 à 21h37

    Comment une gauche encore dans l'opposition systématique, espère t'elle gouverner un pays, dont elle oublie, ce que leurs illustres ainés ont batis? Ce ne sont pas les dirigents actuel qui parviendront à redorer les blasons des gauches plurièles . Ils ons trop de trous de mémoire

  • Melchior, le 08/04/2008 à 19h49

    Tiens donc voilà les caciques socialistes devenir souverainistes et gaullistes .

  • MARIGOT, le 08/04/2008 à 19h18

    François HOLLANDE à énonçé quelques vérités (risque d'enlisement entre autres),mais fidèles à leurs habitudes les socialistes actuels n'apportent rien d'autres que leur critique systématique au gouvernement et plus généralemant ce qu'on appelle la "droite".Si le gouvernement était pour la chaleur,ils appelleraient à voter pour le froid...C'est la contestation systématique improductive et ridicule qui dessert notre pays.Je me souviens que tous les députés-donc ceux de droite aussi-avaient approuvés l'envoi de troupes en Afganistan lors du mandat de Mr JOSPIN.Dommage que l'on ne soit pas plus constructif! Notre pays ne mérite pas çà.

  • Leostic, le 08/04/2008 à 19h16

    Comme d'habitude et plus que d'habitude encore, les socialistes se sont ridiculisés montrant vraiment qu'ils n'ont plus rien à dire dans notre pays ; si on les écoutait, ce serait revenir une quarantaine d'années en arrière !!! ils sont pitoyables !!! comment peut-on encore croire à des "guignols" pareils quand leur seul but est de critiquer le gouvernement peu importe qu'ils nuisent au développement de notre pays !! c'est un parti qui fait honte ; bravo à la majorité et à notre président et merci à eux tous

  • Prisca83, le 08/04/2008 à 19h14

    Cela ne m'étonne pas ils sont tous pourris ces ump. Ce sont des menteurs et pire. Les Socialistes sont des personnes très bien.

  • Alain, le 08/04/2008 à 19h10

    Je note qu'une Majorité du Pouvoir Législatif est OK pour une aide militaire française en Afghanistan; donc je prends acte et je reste en observateur attentif quant à l'évolution de la Démocratie de ce Pays reconnu par l'ONU.Merci.

  • MICHEL, le 08/04/2008 à 18h53

    J'ai écouté certains discours de droite , comme de gauche, les députés sont restés correctes vis à vis des enjeux , peut etre à l'exception de Noel MAMERE, mais quoi attendre de lui, concernant l'OTAN je rappellerais aux anciens amis de F HOLLANDE, qu'ils étaient longtemps plus proches du Pacte de Varsovie que de l'OTAN

  • Algunet, le 08/04/2008 à 18h45

    Pas de bol : la flamme olympique a complètement cramée la motion de... de quoi, de qui d'ailleurs ?... Allez hop ! on repasse aux choses sérieuses et au boulot les politiques !a

  • Peluche, le 08/04/2008 à 18h40

    Un grand bravo à la politique "dite atlantiste " la France doit reprendre une position dans l(Otan et faire entendre sa voix, le généralo,lui meme aurait changé d'avis.

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