Députés à l'Assemblée nationale © TF1/LCIAprès avoir attaqué pendant des mois le gouvernement sur sa politique économique et sociale, le PS pointe désormais "la politique d'alignement atlantiste" menée par Nicolas Sarkozy. Et il le fait à travers la première motion de censure du quinquennat. Elle a été déposée jeudi à l'Assemblée nationale par les députés PS et PRG, rejoints par leurs collègues PCF et Verts. Elle va être débattue ce mardi dans l'hémicycle au titre de l'article 49-2 de la Constitution. Le débat de mardi après-midi doit durer 1h50. Côté PS, la motion sera défendue à la tribune par François Hollande, auquel répondra le Premier ministre François Fillon. Chaque groupe politique s'exprimera ensuite. Au terme de cet exercice, la motion n'a toutefois aucune chance d'être adoptée, les députés UMP détenant la majorité absolue au Palais-Bourbon.
Les 226 signataires du texte entendent "éclairer les Français sur la dangereuse rupture que sont en train d'opérer le président et son gouvernement avec le consensus national qui prévalait sur les principes d'indépendance militaire et stratégique de notre pays". Otan, Irak, discours devant le Congrès américain... autant de prises de position qui "ont posé les jalons d'un alignement atlantiste global", affirment-ils. L'opposition dénonce aussi le renforcement de "l'effort de guerre de la France en Afghanistan". Et les signataires insistent : "Nous nous y opposons" parce que "nous refusons un enlisement dans une guerre sans but et sans fin. Nous refusons d'exposer inutilement la vie des soldats français tant que les leçons de l'échec de la coalition n'auront pas été tirées".
Kouchner fustige les "passéistes"
S'appuyant sur l'opposition majoritaire de l'opinion à cette décision, selon deux récents sondages, la gauche assure que "l'intérêt de la France n'est pas d'ajouter la guerre à la guerre" mais "d'aider à un règlement global" en Afghanistan. Et juge que cette décision "a peu à voir" avec l'Afghanistan et "beaucoup avec l'obsession atlantiste du président".
A gauche, la tactique à adopter a été longuement débattue : François Hollande plaidait plutôt pour une condamnation de l'ensemble de la politique du gouvernement tandis que Laurent Fabius et d'autres - dont le point de vue a prévalu - jugeaient "plus efficace" une attaque plus ciblée pour, au passage, tenter "d'enfoncer un coin" au sein de la droite sur la diplomatie sarkozyste. Du côté de la majorité, globalement, on approuve le renforcement du contingent français en Afghanistan. Mais la volonté exprimée par Nicolas Sarkozy au sommet de l'Otan d'envisager la réintégration du commandement militaire intégré de l'Alliance atlantique à l'horizon 2009 fait grincer des dents, notamment chez les gaullistes et les souverainistes, d'autant que la plupart des pays occidentaux appuient, à l'instar du Canada, là où ça fait mal en saluant un "virage historique" de la France.
"L'opposition est très forte" au sein des députés UMP face à une telle "dérive", assure Jacques Myard (UMP), qui ne franchira toutefois pas le Rubicon en votant la motion de censure. Furieux, un autre souverainiste, le député Nicolas Dupont-Aignan, réclame un référendum sur la question. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin s'oppose lui aussi au retour "plein et entier" de la France dans l'Otan. Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, fustige les adversaires du rapprochement France-Otan qu'il traite de "passéistes" qui "n'ont pas compris que le monde a changé".
D'après agence
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