Kosciusko-Morizet : des excuses et au coin !

Par D.H., M.D., S.M. (avec agence), le 09 avril 2008 à 14h51 , mis à jour le 09 avril 2008 à 18h49

Après avoir accusé Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo de "lâcheté", la secrétaire d'Etat à l'Ecologie s'est excusée. Sa présence n'a pas été jugée souhaitable au déplacement de François Fillon au Japon.

Jean-Louis Borloo Nathalie Kosciusko-Morizet Ecologie Environnement GrenelleLe ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, et la scerétaire d'Etat au Développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet, en Camargue en août 2007 © Abacapress/Pascal Parrot

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Ce qu'il s'est passé
 

Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté ses excuses mercredi après-midi à Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle, et à Jean-François Copé, chef de file des députés UMP, après ses déclarations dans Le Monde. "Les propos qu'on me prête aujourd'hui dans le journal Le Monde ont été déformés", explique-t-elle. "Je comprends d'ailleurs très bien qu'ils aient pu les heurter. Par ailleurs, je suis à la disposition du groupe parlementaire UMP pour m'expliquer et lui témoigner ma solidarité", ajoute la ministre. "Je redis toute mon estime et mon affection à Jean-Louis Borloo avec lequel je suis heureuse de travailler."

Il faut dire que le Premier minisitre était intervenu. Juste avant la publication de ce communiqué d'excuses, François Fillon avait exigé, lors d'une réunion du groupe UMP à l'Assemblée, que la secrétaire d'Etat à l'Ecologie fasse des "excuses publiques", avertissant que sinon "on en tirera toutes les conséquences". Il avait même présenté ses excuses "au nom du gouvernement pour Nathalie Kosciusko-Morizet".

Privée d'Assemblée et de voyage 

Le groupe UMP avait décidé de se réunir en urgence après la polémique autour du projet de loi OGM et les déclarations de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. "Les propos de Nathalie m'ont profondément attristé, d'abord à titre personnel et pour l'ensemble de mes amis députés", a déclaré mercredi Jean-François Copé. Ses propos "nous ont tous profondément peinés et blessés". Ce sujet "difficile" des OGM "méritait mieux que le choix par la secrétaire d'Etat de l'injure", a-t-il martelé. "François Fillon lui a demandé de s'excuser, j'aurais trouvé bien qu'elle le
pense d'elle-même en fait",
a commenté le député de Seine-et-Marne. "C'est au président de la République et à lui seul d'apprécier" si elle doit quitter le gouvernement, a-t-il poursuivi.

Malgré son mea culpa, "NKM" semble avoir été doublement punie. François Fillon lui a ordonné, lors d'un appel téléphonique, de ne pas être présente ce mercredi au banc du gouvernement, pour la séance des questions d'actualité au gouvernement à l'Assemblée nationale. Il le lui a demandé "dans un souci d'apaisement avec la majorité", a-t-on précisé à Matignon. Par ailleurs, la secrétaire d'Etat n'accompagnera pas le Premier ministre en visite à partir de vendredi au Japon : "vu le niveau de la polémique, il n'est pas souhaitable qu'elle participe au voyage", a déclaré une source proche du gouvernement.

L'amendement de la discorde

Dans l'édition de jeudi du Monde, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie ne mâche pas ses mots : "Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe [UMP à l'Assemblée nationale], et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum".

Avant de présenter ses excuses réclamées par le chef du gouvernement, la secrétaire d'Etat était déjà revenue sur ses propos en début d'après-midi. Jugeant l'article du Monde "excessif dans sa formulation", elle a assuré qu'elle n'avait pas l'intention de démissionner. "Je suis dans une position difficile mais (...) je ne me sens pas en porte-à-faux avec ce texte" sur les OGM qui doit être voté mercredi à l'Assemblé nationale, a-t-elle déclaré sur France Inter. "Je regrette d'avoir lancé une polémique pareille. Je dis simplement que quand les uns et les autres essaient de montrer en permanence qu'il y aurait des divergences entre le ministre de tutelle et la secrétaire d'Etat, c'est bien qu'ils puissent dire ensemble que ce n'est pas le cas", a-t-elle ajouté.

Tout est parti lors de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi sur les OGM : Jean-François Copé a reproché à "NKM" d'avoir laissé passer l'amendement 252, défendu par le député PCF André Chassaigne et qui limite la culture des OGM. Un amendement adopté dans la nuit de mercredi et pour lequel la secrétaire d'Etat s'en était remis à la "sagesse" de l'Assemblée. Commentaire de Jean-François Copé : "Lorsqu'un gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu'en réalité il l'approuve".

Face à la colère des députés UMP, François Fillon a déclaré : "L'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté". Et le Premier ministre s'est engagé à le faire sauter en deuxième lecture au Sénat. Avec l'approbation de Jean-Louis Borloo et Valérie Pécresse, ministre de la Recherche. Ce que Nathalie Kosciusko-Morizet n'a pas digéré.

Par D.H., M.D., S.M. (avec agence) le 09 avril 2008 à 14:51
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21 Commentaires

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  • Mimi, le 09/04/2008 à 16h07

    Bravo nathalie !pour une fois qu'un ministre n'a pas la langue de bois elle doit s'excuser c'est à croire qu'il n'y a que les femmes qui sont comme çà après rama yade nathalie kosciusko moi je dis bravo et à bas l'hypocrisie des hommes au pouvoir

  • Lenahiff, le 09/04/2008 à 16h06

    Décidément ! Après Rama voilà Nathalie ! Et toujours dans le même journal. Il y a des vérités qui semble-t-il ne sont pas bonnes à dire. Je suis extrèmement déçu de l'attitude de Nicolas et François. Ils nous avaient promis plus de transparence et de sincérité. Ah, pouvoir qd tu nous tiens!

  • Lefebvre D.V, le 09/04/2008 à 15h58

    Ma parole, on se croirait à l'école primaire : bien sage - un bon point !

  • Jean Christophe, le 09/04/2008 à 15h55

    C'est à mourir de rire tous ces ministres qui parlent dans la presse et qui viennent pleurer le lendemain que leurs propos ont été déformés. Les dictaphones utilisés par les journalistes sous Sarkozy ne sont plus ce qu'ils étaient sous Chirac.

  • Dragon29, le 09/04/2008 à 15h53

    Décidément ce gouvernement nous offre un joli spectacle déclarations de R Y démentie par K colère de moriset suivie d'excuses publiques du jamais vu ils doivent bien rire en europe .

  • Patator, le 09/04/2008 à 15h48

    Ils ont l'air bien utile sur la photo...

  • Alain, le 09/04/2008 à 15h46

    C'est Monsanto qui va être content !

  • Dominique, le 09/04/2008 à 15h43

    J'étais loin d'imaginer qu'une polytechnicienne puisse commettre une erreur pareille. Comme quoi, tout fout le camp!

  • Bret, le 09/04/2008 à 15h42

    Quand ils en auront terminé de présenter leurs excuses, tous ces ministres qui ne valent rien (Rama... Fadela, et autre Nathalie...) ils se mettront peut-être au travail!!! Mais, peut-être, n'ont-ils pas leur place au Gouvernement... Que monsieur Sarkosy fasse un peu le ménage...La place est bonne, ils ne partiront pas d'eux-mêmes.

  • Pietro, le 09/04/2008 à 15h39

    Si certains responsables politiques mettaient autant d'énergie à bosser qu'à se tirer dans les pattes, qu'est ce que ça marcherait bien...

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