Le logisticien de l'Arche de Zoé Dominique Aubry, à sa sortie de prison le 31 mars 2008 après la grâce accordée par le président tchadien © TF1/LCIIl est "hors de question" que l'Etat français paie l'amende de six millions d'euros infligée aux membres de l'Arche de Zoé par le Tchad, a déclaré mardi François Fillon. Sur France Inter, le Premier ministre s'est réjoui mardi de la grâce accordée par le président tchadien aux six Français, libérés lundi soir. Il a réaffirmé que Paris n'avait "bien sûr rien payé" pour obtenir cette clémence.
"Je pense que Nicolas Sarkozy a fait la pression qui s'imposait sur Idriss Déby pour qu'il prenne cette décision (...) humanitaire. En même temps, j'espère que cette affaire servira de leçon à tous ceux qui seraient tentés de se lancer dans le même type d'entreprise", a-t-il fait valoir.
"Des erreurs que la France n'a pas commises"
L'amende infligée par la justice tchadienne, "c'est un problème qui sera entre les membres de l'Arche de Zoé et la justice tchadienne", a estimé François Fillon. "Il est hors de question que les contribuables français paient six millions d'euros pour des erreurs que la France n'a pas commises", a-t-il ajouté.
Après cinq mois de prison au Tchad puis en France, six travailleurs humanitaires français de L'Arche de Zoé ont été libérés lundi soir en vertu d'une grâce accordée par le président tchadien Idriss Déby. Les membres de l'ONG avaient été condamnés à huit ans de prison pour tentative d'enlèvement de 103 enfants africains.
"Faire entendre leur vérité"
Le décret tchadien a été transmis en fin de journée aux autorités françaises et la levée d'écrou des six membres de l'ONG est intervenue dans la soirée, a déclaré la Chancellerie. Le président de l'ONG, Eric Breteau, et sa compagne Emilie Lelouch, ont quitté la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne, à l'insu des nombreux journalistes présents sur place, qui n'ont pu les filmer ou les photographier.
Le président Nicolas Sarkozy a souligné que la décision tchadienne était "dans la ligne des entretiens" qu'ils avait eus avec le président Déby, selon un communiqué de l'Elysée. Le mois dernier, Idriss Déby, dont le régime était menacé par l'assaut à N'Djamena d'une guerilla armée, avait lié le règlement du dossier au paiement des 6,3 millions d'euros de réparations décidées pour les victimes par la cour criminelle de N'Djamena.
Le gouvernement français avait refusé de payer cette somme, l'Etat français n'étant pas juridiquement concerné. Me Gilbert Collard, avocat d'Eric Breteau et d'Emilie Lelouch, a déclaré que ses clients allaient maintenant mettre à profit leur liberté pour "faire entendre leur vérité."
(D'après agence)
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