© AFP - LOUISA GOULIAMAKISur RTL, Lionel Jospin a contesté l'argumentation du Premier ministre lors du débat parlementaire sur l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan. L'ancien Premier ministre a expliqué que c'était Jacques Chirac et non lui-même qui n'avait pas voulu de vote lors de l'envoi initial de troupes en Afghanistan, après les attentats du 11 septembre 2001. "En octobre et novembre 2001, c'est à ma demande instante auprès du président de la République qu'un débat a eu lieu à l'Assemblée nationale", a-t-il déclaré. Lionel Jospin a rappelé que l'exécutif vivait alors sous le régime de la cohabitation.
"Le président de la République n'a pas voulu un vote et vous vous doutez bien qu'au moment où nous engagions des hommes sur le terrain, je n'allais pas, moi, provoquer un conflit d'interprétation de la Constitution entre le président de la République et moi", a-t-il ajouté. "Si j'avais été président de la République ou si j'avais été un Premier ministre libre de sa décision (...) j'aurais demandé un vote au Parlement", a-t-il affirmé.
François Fillon s'est rangé mardi derrière Lionel Jospin pour justifier le refus de l'exécutif d'engager un vote. "Aujourd'hui, une partie de l'opposition souhaite un vote. Je lui réponds en reprenant les propres termes de Lionel Jospin du 9 octobre 2001 [...]", a déclaré le Premier ministre. "'Vous savez - disait-il dans cet hémicycle - que nous ne pouvons pas faire appel à l'article 35, qui prévoit la déclaration de guerre, car ce n'est pas de cela qu'il s'agit; vous savez qu'on peut toujours utiliser l'article 49-1, mais celui-ci suppose un vote de confiance. (...) Ce n'est pas un article prévu pour l'engagement de la France dans ce genre d'opérations'", a-t-il rapporté. "Je ne puis être plus clair que mon prédécesseur qui avait raison de considérer que la procédure du vote de confiance n'est pas adaptée à l'engagement de nos forces dans une opération de maintien de la paix", a expliqué François Fillon.
Jospin opposé à l'envoi de troupes
Lionel Jospin a donc trouvé "amusant" mais "incorrect" que François Fillon le cite en exemple dans son discours de mardi "comme s'il avait besoin que je sois son témoin de moralité". Sur le fond, l'ancien chef de la "gauche plurielle" est opposé au renforcement du dispositif militaire français en Afghanistan, dont Nicolas Sarkozy doit préciser les contours lors du sommet de l'Otan à Bucarest, qui débute mercredi. Il regrette une attitude "suiviste à l'égard des Etats-Unis".
Ce serait prendre le risque d'un "enlisement dans un conflit qui signe l'échec de la stratégie américaine" dans la région, a-t-il expliqué. Il faut au contraire "renforcer le gouvernement élu" d'Hamid Karzaï, organiser le "transfert des forces et des capacités d'agir à l'armée afghane", mettre au point un "calendrier de retrait progressif de nos troupes" et surtout traiter le problème dans sa globalité: "trouver des interlocuteurs" régionaux, donc discuter avec l'Iran et faire évoluer la situation avec l'Irak.
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