Nicolas Sarkozy s'exprimant sur les JO après le passage de la flamme à Paris (8 avril 2008) © TF1/LCIRecadrage, reprise en main, on appelle ça comme on veut. Après une série de couacs qui ont mis à mal la cohésion gouvernementale, Nicolas Sarkozy a fermement recadré mercredi ses ministres en les rappelant à leur devoir de "solidarité" et confié leur communication à un spécialiste, Thierry Saussez, un de ses proches qui devient patron du Service d'information du
gouvernement (SIG). "La prochaine fois, c'est la porte", a lancé le chef de l'Etat, dont les propos ont été rapportés à l'AFP par plusieurs ministres."Le président était très calme. Mais on sentait qu'il en avait discuté avec le Premier ministre" François Fillon et que pour eux, c'en était "fini d'être gentils", a expliqué l'un des participants. "Il n'y aura pas de nouvel exemple" de couac "sans sanction" et "celui ou celle qui manque à la solidarité gouvernementale devra sortir", a ajouté le président, selon la même source."
"C'est la dernière fois que j'accepte cela. François et moi estimons que ça suffit ! Je ne supporte plus que certains se fassent leur cote au détriment de l'équipe. On accepte les arbitrages et si on n'est pas content, on quitte le gouvernement", a également affirmé le président, cité par un autre ministre. Selon ces deux ministres, Nicolas Sarkozy a notamment visé Nathalie Kosciusko-Morizet, "même si elle n'était pas la seule".
Souriant mais "très offensif"
Mercredi vers 18h, c'est aux membres du bureau politique de l'UMP que Nicolas Sarkozy a également choisi de s'adresser. Selon des informations de LCI, le ton était plus aimable qu'en conseil des ministres. Plus souriant, le chef de l'Etat a même lancé quelques amabilités à Patrick Devedjian ou Jean-Pierre Raffarin. Le discours de vingt minutes prononcé par le président sur un ton toutefois "très offensif" devant les quelque 80 membres du bureau politique était "un appel à la mobilisation", a déclaré l'un des porte-parole du parti Dominique Paillé à la sortie de cette réunion organisée un mois jour pour jour après la défaite des municipales.
Le président, cité par le secrétaire d'Etat à l'emploi Laurent Wauquiez, a voulu remotiver ses troupes: "tous les gouvernements perdent des élections de mid-term (mi-mandat)". "Il a surtout fixé son cap", a déclaré à l'AFP l'un des participants contacté par téléphone. "Je suis encore là pour quatre ans", a-t-il averti en souriant mais fermement, ont confié à l'AFP plusieurs participants. François Fillon était présent à cette réunion présentée comme "informelle et amicale". Aux journalistes qui s'interrogeaient sur cette initiative présidentielle, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a répondu avant la réunion : "ce n'est pas parce qu'il est président de la République qu'il s'interdit de rencontrer les responsables politiques de la formation qui l'a, accessoirement, choisi pour le représenter comme candidat à la présidence".
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