Xavier Bertrand © TF1/LCIPremier tour d'horizon jeudi sur la création d'un nouveau champ de la protection sociale consacré à la dépendance. Xavier Bertrand et Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité, reçoivent cinq confédérations syndicales et le patronat pour recueillir leurs propositions sur la mise en place de ce "cinquième risque". Il est destiné à couvrir le coût de la perte d'autonomie des personnes âgées et handicapées. Le risque dépendance s'ajoutera à ceux déjà couverts, comme la maladie, les accidents du travail ou le chômage.
"Il n'y a pas de calendrier, mais le ministre nous a dit qu'il voulait aller vite", a déclaré Pascale Coton, représentant la CFTC, à sa sortie du premier entretien de la journée. "[...] c'est un projet du gouvernement, là, on n'est pas en négociation", a-t-elle précisé. "Le travail est ardu, et a des conséquences sur beaucoup d'autres sujets, conditions de travail, retraites...", a ajouté Pascale Coton, précisant que la CFTC ne s'est pas encore prononcé sur le sujet délicat du financement du 5ème risque, dans l'attente de son conseil fédéral des 23 au 25 avril.
Qui va payer ?
La dépendance (grand âge ou handicap) mobilise autour de 19 milliards d'euros par an, représentant les prestations de santé (assurance-maladie), et les prestations de "compensation de la perte d'autonomie", ce "panier de biens et services" qui permet de rester chez soi de façon la plus autonome possible. Ce sont ces prestations que le "5e risque" devra couvrir. Les débats porteront donc sur le contenu du "panier" et sur son financement. La question clé sera sans doute de définir la part de la solidarité nationale et celle des mutuelles et des assurances. La CFTC s'accorde sur le fait qu'il faut "un socle universel important financé par la solidarité nationale".
Au nom de "l'équité", Daniel Prada de la CGT estime que "la perte d'autonomie est d'abord un problème de santé" et juge donc que "la logique" est que son financement soit principalement "assuré par la Sécurité sociale", même s'il peut y avoir d'autres financements de l'Etat, des départements ou des assurances complémentaires non privées. Le 5e risque dépendance est "clairement dans le champ de la Sécu", estime aussi Jean-Marc Bilquez de FO.
Une personne âgée sur quatre menacée
Gérard de La Martinière, président de la Fédération Française des sociétés d'assurance (FFSA), plaide pour un "partenariat public-privé" laissant une large place au marché. Côté patronat, le Medef "exclut toute cotisation supplémentaire sur le travail" pour financer un "5e risque dépendance", a affirmé jeudi son représentant, Jean-René Buisson. Il a évoqué comme piste "une CSG pour les retraités qui ont un impôt sur le revenu, au même niveau que les actifs". "Cela ne nous paraîtrait pas choquant", a-t-il dit.
Un projet de loi devra être présenté au Parlement dans les mois qui viennent pour entrer en vigueur en 2009. La perte d'autonomie concerne environ un million de personnes handicapées et presque autant de personnes âgées, mais menace à terme une personne âgée sur quatre. D'ici 2015, on comptera 2 millions de personnes de plus de 85 ans contre 1,3 million aujourd'hui.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





