Le président le 4 avril 2008 © DR 
Dans les coulisses, quelques heures avant l'interview
Avec les Français, c'est le désamour après l'état de grâce. Aussi, après une série de couacs gouvernementaux et alors que l'humeur de la majorité UMP est de plus en plus maussade, le chef de l'Etat doit s'expliquer ce jeudi soir sur les réformes déjà réalisées, du service minimum dans les transports à l'immigration, en passant par la carte judiciaire et les régimes spéciaux. Nicolas Sarkozy "a fait énormément de choses en même temps" depuis mai 2007, "et c'est peut-être cela qui a dérouté nos concitoyens", a admis son conseiller Dominique Paillé.
"En présentant toutes les réformes en même temps et en faisant croire que tout était possible tout de suite, on a commis une erreur", a estimé pour sa part le député villepiniste François Goulard. "Il fallait engager un certain nombre de réformes, mais il fallait en même temps dire qu'elles demanderaient du temps", selon lui. Sur la même ligne, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a lié jeudi l'impopularité actuelle du président à la vigueur, selon lui, de la politique de réformes.
"Il faut qu'il dise où il veut aller"
L'opposition attend de pied ferme l'exercice télévisuel du chef de l'Etat. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, lui réclame "clarté, justice, équité et sens de la solidarité". Selon lui, "si Nicolas Sarkozy veut se faire entendre, il faut qu'il dise où il veut aller. S'il veut se faire comprendre, il faut qu'il revienne sur les dispositions fiscales qui ont été votées pour les plus privilégiés".
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a souhaité pour sa part que Nicolas Sarkozy "parle aux fonctionnaires, qui sont inquiets" lors de son interview télévisé jeudi soir. Les organisations syndicales de la Fonction publique doivent en principe se décider ce jeudi pour une journée d'action au mois de mai, contre notamment la révision générale des politiques publique, qui prévoit le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite en 2009, pour réduire les dépenses publiques.
"On n'a pas de tabous sur le nombre de fonctionnaires", a rappelé le syndicaliste, tout en soulignant qu'il fallait savoir "ce qu'on attend de l'Etat, de la fonction publique, pour rendre un service aux citoyens". Pour François Chérèque, "ce qui est important, c'est le service qu'on rend à la population. Sur ce sujet, il doit y avoir un débat public, notamment au Parlement, parce que c'est le service de la nation". Les syndicats de fonctionnaires s'opposent également au projet de loi sur la mobilité dans la fonction publique, qui doit être examiné le 29 avril par le Sénat avant un passage en juin devant l'Assemblée nationale.
D'après agence
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