Nicolas Sarkozy le 24 avril 2008 © TF1/LCIPourquoi des mauvais sondages ?
Nicolas Sarkozy a assuré jeudi soir au début de son interview telévisée qu'il "s'était préparé aux déceptions, problèmes et difficultés" qu'il rencontre aujourd'hui. "Depuis 20-25 ans, la France était endormie. Le monde change, le monde a changé et la France quels que soient les efforts méritoires des gouvernements de gauche comme de droite, ne s'est pas adaptée au même rythme que les autres", a-t-il ajouté. "On a un contexte international difficile, raison de plus pour accélérer les réformes", a poursuivi M. Sarkozy. Interrogé sur les sondages qui lui sont défavorables, le chef de l'Etat a répondu: "sans doute je n'ai pas assez expliqué, sans doute moi-même j'ai fait des erreurs". Comme on lui faisait observer que les Français sont "déconcertés", il a estimé: s'ils le sont, "j'en ai une part de responsabilité".
Le pouvoir d'achat ?
"Depuis que je suis élu président de la République de la République, le prix du pétrole a doublé, (...), il y a eu la crise des subprimes (...) et il y a eu l'euro a des niveaux invraisemblables, avec plutôt le dollar à un niveau très bas." "La France a à faire face à un quadruple choc et ce que j'en tire comme conclusion (...) c'est que ce choc-là nous fait une nécessité des réformes, des changements et des adaptations". "Le problème de la France c'est qu'on ne travaille pas assez et par conséquent on n'a pas assez de croissance et pas assez de pouvoir d'achat". "Dans les grandes surfaces, les prix ont davantage augmenté en France que dans la quasi-totalité des autres pays d'Europe, c'est pas normal".
Le paquet fiscal ?
Nicolas Sarkozy a estimé que la loi dite du "paquet fiscal" avait donné lieu à "une erreur de communication totale". "D'abord c'est un très mauvais nom qu'on a pris. Nous avons fait une erreur de communication totale (...)", a expliqué M. Sarkozy, interrogé sur la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (TEPA), dite du paquet fiscal. "Quand j'ai fait voter ce texte au mois de juillet, tout le monde a dit 'Mais pourquoi fait-il ça, l'économie est si florissante qu'il n'y a vraiment pas besoin de relancer'", a-t-il rappelé. Mais "le 7 août, (après) la crise des subprimes, tous les pays d'Europe et du monde ont fait ce que nous avons fait, sauf qu'ils l'ont fait avec 6 mois de retard", a-t-il ajouté. "Désormais on ne paie plus un seul centime d'impôt sur les successions jusqu'à 150.000 euros par enfant (...) ce n'est pas le grand capital", a dit le président Sarkozy.
Des sanctions pour certains chômeurs
Nicolas Sarkozy a affirmé qu'un salarié au chômage sera à l'avenir "obligé d'accepter un emploi représentant 95% de son salaire au bout de trois mois de chômage"."On est en train de faire un système qui serait le suivant : fusionner l'ANPE avec l'Unedic pour que les demandeurs d'emploi n'aient qu'un seul interlocuteur. Au bout de trois mois, on serait obligé d'accepter un emploi qui représente 95% de son salaire, au bout de six mois, on serait obligé d'accepter un emploi à moins d'une heure de transport en commun de l'endroit", a déclaré le président.
Le RSA maintenu
Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ne renonçait pas au Revenu de solidarité active (RSA) et affirmé qu'il voulait le généraliser "l'année prochaine" en le finançant par un redéploiement de la prime pour l'emploi. Le président de la République a ajouté que le RSA se ferait "en en maîtrisant les coûts" et pour "1 ou 1,5 milliard d'euros". Le Haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch avait estimé à 2 à 3 milliards le coût de cette mesure qui doit remplacer le RMI, soit deux fois plus qu'annoncé par Nicolas Sarkozy. On pourra "quand on n'a plus rien, cumuler le revenu du travail et le revenu de l'assistanat", a déclaré le chef de l'Etat. Il a indiqué "avoir à peu près un accord avec Martin Hirsch" sur la durée de ce cumul.
Que faire pour l'éducation ?
Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il "mainten(ait) les réformes qui permettront les réductions" d'effectifs. "Je maintiens les réformes qui permettront les réductions de postes", a-t-il déclaré sans toutefois commenter les chiffres avancés. "Vous me dites que les enseignants sont malheureux, vous avez raison. La politique qui a consisté à l'embauche systématique sans bien rémunérer ne les a pas rendus heureux", a ajouté le président.
JO 2008 de Pékin
"J'ai été choqué par ce qui s'est passé au Tibet et je l'ai dit au président chinois". Mais "je ne veux pas que l'on mette la Chine au ban des nations"
Adhésion de la Turquie à l'UE
"Je ne veux pas d'automaticité de référendum, mais si la question se pose, alors que moi-même je suis président de la République, je ferai un référendum sur la question de la Turquie"
Afghanistan
"Si on laisse tomber l'Afghanistan, le Pakistan tombera comme un château de cartes".
Ingrid Betancourt
"Je me suis engagé à faire libérercette femme qui vit un martyre. Nous y arriverons et je ne céderai pas".
Quel rapport avec Fillon ?
François Fillon est "un bon Premier ministre et on travaille main dans la main", a assuré Nicolas Sarkozy. "Le Premier ministre François Fillon et moi, nous nous connaissons très bien et depuis longtemps, on a fait campagne ensemble, il sait quel est mon projet puisqu'il a participé à sa rédaction: c'est un bon Premier ministre et on travaille main dans la main", a déclaré le chef de l'Etat interviewé à la télévision. "Je n'ai pas fait cette émission pour annoncer que j'allais en changer. D'ailleurs, si François Fillon rencontrait un échec, personne ne douterait que ce serait aussi le mien", a-t-il remarqué, insistant qu'il ne se "reconnaît nullement dans les innombrables articles qui parlent de (leurs) relations"
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