Nicolas Sarkozy le 24 avril 2008 © TF1/LCIIra ? Ira pas ? La venue de Nicolas Sarkozy mardi en fin d'après-midi salle Gaveau à Paris, lieu emblématique de sa marche vers le pouvoir, restait lundi soir incertaine. C'est là que l'UMP a choisit de fêter le premier anniversaire de sa victoire à l'élection présidentielle. Ce rassemblement sera plus un "rendez-vous démocratique" avec les nouveaux militants et "de travail" qu'une "fête", car l'UMP est décidée à faire des "propositions novatrices", notamment "en matière de justice sociale", selon la direction. Plusieurs membres du gouvernement, notamment Valérie Pécresse (Enseignement supérieur), Roger Karoutchi (Relations avec le Parlement) Eric Woerth (Budget) ou Rama Yade (Droits de l'Homme), viendront pour expliquer les réformes engagées et à venir. Et à 18h30, François Fillon s'adressera aux militants UMP.
Expliquer les réformes plutôt que sortir le champagne : le mot d'ordre est général dans la majorité. Interrogé lundi pour savoir s'il se rendrait à la réunion de l'UMP, Jean-François Copé a expliquait qu' "il irait sûrement faire un tour même si la priorité est plus au travail qu'à la commémoration". Ni flons-flons, ni cotilllons. Un an jour pour jour après avoir été choisi par plus de 53% des Français, Nicolas Sarkozy tient lui aussi à montrer, par son emploi du temps, qu'il est plus que jamais dans l'action. Il passera donc l'essentiel de sa journée de mardi sur le terrain, dans le département du Gard, pour y parler social et emploi des "seniors", accompagné de son ministre du Travail, Xavier Bertrand, et de son secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez. Le soir-même, il sacrifiera toutefois au rite de la célébration en invitant autour de lui l'ensemble de ses ministres et leurs conjoints pour un dîner à caractère "strictement privé", selon l'Elysée. "Il s'agit simplement de marquer le coup", indique un conseiller du président.
Climat tendu entre Sarkozy et les députés UMP
Mais la venue ou non à la réunion UMP salle Gaveau illustre l'embarras de l'Elysée face à un climat morose et des sondages en berne. Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, certains s'interrogent sur l'opportunité pour le président de "tous les Français" de s'afficher parmi ses partisans, avec un danger de se replier sur un clan. Mais d'autres n'y voient pas d'inconvénient. "Il y a des arguments qui plaident pour sa venue, notamment ses liens avec sa majorité. Mais aussi des arguments qui plaident pour le contraire, c'est-à-dire sa vocation générale de président de la République, au-dessus des partis", résume le député UMP Hervé Mariton. Ces hésitations interviennent dans un climat tendu entre le président et sa majorité. Plébiscité pour se lancer à l'assaut de l'Elysée, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui critiqué ouvertement au sein de son parti.
Après l'"ouverture" et le rapport Attali sur la croissance, c'est la réforme des institutions qui agace ses troupes. "Il est clair que ce texte ne peut être adopté en l'état", a prévenu la semaine dernière le patron des députés UMP, Jean-François Copé. Pour désamorcer cette contestation, le président a prévu de recevoir tous les députés de sa formation mercredi à l'Elysée. Plus généralement, Nicolas Sarkozy entame l'an II de son mandat en pleine crise de confiance avec les Français.
En dépit de sa récente intervention télévisée, sa cote de confiance s'est enfoncée à 36%, selon un sondage LH2 nouvelObsCSA-Le Parisien paru lundi. En outre, la situation économique semble durablement plombée aux yeux de la plupart des experts. Mais malgré ces prévisions inquiétantes, le chef de l'Etat veut rester serein. Assurant qu'il n'est pas préoccupé par son impopularité et qu'il ne veut pas être jugé avant la fin de son mandat, en 2012.
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